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tonnes. l.GOOMk. Ouvriers

Bassin de la Ruhr. — En 1895, la situation était encore fort médiocre;

1896 apporta une amélioration sensible :1a production s'accrut, les profits s'élevèrent à la suite d'une hausse modérée des prix. A partir de ce moment, la hausse de la production et des prix devait être ininterrompue jusqu'en 1900. En 1897, le cartel de la houille n'imposait aux producteurs aucune limitation de production; la demande était si pressante qu'en mai, mois généralement peu actif, les commerçants se plaignaient des retards apportés dans les livraisons du combustible. L'aciérie Hœsch contractait même dès cette époque pour deux ans à un prix dépassant de 5 Mk les prix alors cotés. Aussi les ouvriers n'hésitaient pas à réclamer des élévations de salaires. A la mine Hibernia, le salaire moyen par jour passait de 3,50 Mk en 1895 à 4,30 en 1899.

Bassin de Haute-Silésie. — La Haute-Silésie ne connut ni la même prospérité que celle de la Ruhr, ni même de véritable prospérité qu'à partir de 1898; à cette date, la houille anglaise, le rival le plus redoutable de la houille silésienne, trouve un consommateur sur place. Devenu maître du marché allemand septentrional, le combustible silésien participe à l'essor de l'industrie minière (3o5).

(304) Statistisches Jahrbuch fur das deutsche Reich, 1902, p. 25.

(305) En 1908, la grève des mineurs du Pays de Galles entraîne une dimi-

La grève des mines de Saxe, de Bohême et d'Autriche, la rigueur de l'hiver ajoutent encore à ces premiers facteurs de prospérité. La Haute- Silésie est alors débordée de commandes; elle ne peut toujours y satisfaire, et, en Bavière, en Saxe, dans l'Allemagne du Centre, des fabriques ferment faute de combustible; on limite les livraisons à effectuer aux usines et même aux chemins de fer. Sans doute, on étendait la production dans la mesure du possible (3o6), mais le besoin progressait plus rapidement encore. D'autre part, on se heurtait dans cette extension au manque de maind'œuvre, à la nécessité d'employer une main-d'œuvre inexpérimentée, utilisant trop souvent les élévations de salaires à chômer tout le dimanche et souvent le lundi (3o").

Les mines de minerai de fer se rencontraient en Lorraine et dans le Siegerland, mais surtout en Lorraine annexée. Depuis que le procédé de déphosphoration Thomas a permis d'obtenir avec les minerais de Lorraine de l'acier pur et résistant, l'extraction du minerai lorrain a fait de rapides progrès. De 8.135.000 t. en 1895, la production lorraine de minerai de fer passait à 13.914.000 t., en 1900; en 1895 elle ne représentait que 65 % de la production totale de l'Allemagne; en 1900, 73,3 % (3o8). Les salaires journaliers passaient de 3,70 Mk. en 1895 à 5,20 en 1900 (W).

Même phénomène dans la métallurgie.

Lorraine. — L'essor de l'industrie métallurgique et particulièrement des hauts fourneaux et des aciéries fut, en Lor-

nution d'extraction de 170.000 tonnes de houille en Angleterre. En outre, la guerre hispano-américaine, en augmentant la demande de fret, provoque une augmentation de la demande de houille, — en 1899, la guerre du Transvaal agit dans le même sens — et la Russie, émue du déboisement Je ses forêts, substitue de plus en plus le combustible minéral au combustible végétal et devient acheteur de plus en plus important de houilles allemandes. L'essor intérieur national enfin atteint son apogée.

(30G) Cf. Kuh. Die Hiittenindustrie Oberschlesiens. Publication du Verein fiir Sozialpolitik t. CVI, p. 145.

(307) M. Kuh évalue à 10 % la diminution de production due à cechômage volontaire. Cf. Kuh, op. cit.. p. 145.

(308) 11 est à noter que les capitaux français disputent victorieusement au capital allemand cette zone industrielle.

(309) Bosselmann. op. cit., p. 35.

raine, à certains égards, comparable à celui des mines de minerai de fer. Une industrie toute neuve se constituait sous la forme de grandes usines fortement capitalistes et assez souvent d'usines intégrées (3l°). Ces sociétés étaient ellesmêmes organisées en cartels et la Lorraine possédait un cartel de la fonte et un cartel de l'acier.

Malgré la nécessité de transporter le coke de Westphalier malgré la croissance énorme de la production allemande et l'augmentation de la concurrence, la part de la production lorraine-luxembourgeoise dans la production totale de l'Allemagne, s'élevait de 27,8 % en 1895, à 29,2 % en 1900 (3").

En présence de cet accroissement de la production, la demande de main-d'œuvre s'éleva rapidement; avec elle, le nombre des ouvriers dans les hauts fourneaux passa de 3.878 en 1895, à 7.795 en 1900, dans les aciéries de 1.044 à 4 050. Mais la main-d'œuvre nouvelle (allemande, italienne ou hongroise) (3ij) est peu productive. D'où une augmentation du nombre des accidents (3l3), une incohérence regrettable dans le corps des ouvriers, incapables de s'organiser en syndicat. Les Italiens notamment, se distinguaient par leur instinct nomade. On n'estimait pas à plus de 20 % du total des ouvriers employés le nombre des ouvriers établis à demeure en Lorraine.

Provinces Rhénane s- Westphaliennes. — Dès 1894, la crise de 1890 était définitivement liquidée. En 1895, les commandes commencèrent à affluer pour croître de 1896 à

Se heurtant dans son extension à un obstacle : l'éloignement des mines de houille et des mines de minerai de fer, les frais de transports élevés soit de la houille, soit du minerai, elle réagit contre cette infériorité au moyen de perfec-

(310) Cf. Jutzi, Die deutsche Montanindustrie auf dem Wege zum Trust. Jena. Fischer,- 1905, p. 3 et 4. Bosselmann, op. cit., p 23. Kuh, op. cit., p. 202, 203. Voir notre article de la Revue économique internationale, août 1909.

(311) Bosselmann, op. cit., p. 35.

(312) Bosselmann, op. cit., p. 6-11 et 32-36.

(313) Cf. Bosselmann, op. cit., p. 14.

tionnements techniques et économiques. Elle a recours à l'intégration et au cartel.

C'est ainsi qu'à partir de 1896 la métallurgie allemande se met en devoir d'acheter des mines; mineô de houille, mines de minerai: la Société Phœnix et la Dortmunder Union achètent, en 1896, les mines Westende et Adolf. Le mouvement se propage; il va même si rap: dément que de 10,66 % en 1893 la part de la production des mines appartenant à des forges (Hùttenzechen) passe à 17,81 % en 1900 pour le bassin de la Ruhr (3l4). Les aciéries construisent ou s'annexent des hauts fourneaux à l'effet de produire elles-mêmes leur fonte, les laminoirs intègrent des aciéries; dès 1895, l'aciérie Hœsch produit elle-même sa fonte. Vers la même époque, le Gerwerkschaft (3l5) Deutsche Kaiser juxtapose à ses fosses de houille et à son aciérie Martin des hauts fourneaux et une aciérie Thomas; la seule aciérie incomplète (rémige) du bassin de la Ruhr avait même chuté dès 1894, victime des conditions onéreuses exigées d'elle par les hauts fourneaux. Les laminoirs fusionnaient avec les aciéries; la Westfœlische Union, l'un des plus grands laminoirs de fil laminé, de tôle et de fer en barre de l'Allemagne fusionnait avec Phœnix, l'une des grandes aciéries (3l6). Les usines de produits fabriqués enfin achetaient ou construisaient des laminoirs et des aciéries (3it).

Grâce à l'intégration, l'industrie allemande réduit ses coûts de production; au moyen du cartel et de la réglementation de la production et des prix elle régularise le débouché (3l8). Le cartel s'est montré modéré dans ses élévations de prix, au moins au début

A la fin de l'essor les « haussiers » finirent, à l'assemblée générale du cartel, par l'emporter sur les « baissiers »>. Pa-

(314) Heymann, Die gemischten Werke im Grosseisengeicerbe, Stuttgart und Berlin, 1904, p. 110 et 117.

(315) Le Gcwerkschaft est une forme particulière de Société dont on trouvera la définition dans le Dict. de Conrad. Mot : Gewerhschaft.

(31G) Heymann, op. cit., p. 154.

(317) Heymann, op. cit., p. 154 et 155.

(318) Cf. Von Wiese, Die rheinisch-uestfœlische Eisenindustrie in der gegenwœrtigen Krisis. Revue de Schmoller, 1902, t. XXVI, p. 302-300.

raissant même regretter leur modération antérieure, ils allèrent jusqu'à imaginer, en 1899, une politique des prix, connue sous le nom de politique de fusion, qui devait être fatale à leurs clients et bientôt après à eux-mêmes (Voir injra).

Dans le bassin de Dortmund, le salaire journalier progressait de 1,06 Mk., soit 33 %, le salaire annuel de 371, soit .38 % (3'9).

Les dividendes des actionnaires haussaient dans une proportion plus forte que les salaires. Le Bochumer Verein, au lieu de 5 % en 1894-95, donnait 16 2/3 % en 1898-99 et 1899- 1900; le Hcerder Bergwks-und Hûttenverein 3 % et 14 %; la Société Phcenix, 10 et 15; la Gute-Hoffnungshûtte, 4 et 20, etc., soit une augmentation variant de 50 à 300 %.

Tel était l'essor dans l'industrie métallurgique rhénanewestphalienne.

Haute-Silésie. — En Haute-Silésie l'essor fut moins net. Le minerai de fer y arrive de Grcensberg et de Gerlivara, en Suède. Son débouché, dans une très large mesure extérieur, ne lui permet de profiter que très imparfaitement de la politique douanière de l'Empire. Toutefois, à partir de 1895, elle bénéficie de la création d'une industrie nationale en Russie. L'exportation allemande, à la suite de la fin de la guerre de tarifs avec la Russie, passe de 194 millions Mk. en 1894 à 372 en 1897 et encore 359 en 1900, et sur ce chiffre la Haute-Silésie recueille une part importante.

PRODUCTION EN TONNES A i .000 KILOS (J2°)

Fonte. Acier et fer.

Comme dans le bassin de la Ruhr, nous retrouvons l'entreprise intégrée et le cartel.

(319) Vogelstein, Die rheiniseh-westfϔische Montan-und Eisenindustric. Publications du Verein fur Sozialpolitik, t. CVI, p. 89. . (320) Cf. Kuh, op cit., p. 216 et 219.

L'entreprise intégrée ne présente pas cependant le même caractère d'entreprise géante que dans le bassin de la Ruhr; par contre, elle y est plus généralisée. D'autre part, tandis que dans le bassin de la Ruhr c'est le haut fourneau ou l'aciérie qui a constitué le point central de la concentration, ici c'est souvent le laminoir (3ai). Pendant la période d'essor 1895-1900, Y auto-consommation de la fonte par les aciéries passait de 377.908 t. en 1895, représentant 71,06 % de la consommation totale, à 563.294 t. en 1899, et représentait 75,40 % de la consommation.

Le cartel silésien nous offre donc une particularité intéressante : il est composé d'usines intégrées.

De là, d'après M. Kuh, la modération très grande dans la hausse du cartel silésien (323).

Le nombre des ouvriers employés dans l'industrie métallurgique, le montant total des salaires distribués, la moyenne par ouvrier, effectuaient l'évolution suivante (3a3) :

Salaire

Nombre.

Montant annuel Mk.

par ouvrier Mk.

Les dividendes haussaient également (32^)

Ponnemarck butte.

Kœnijrs - und LaurahiKte.

Ob.Eisenindustrie A. G.

Dans l'industrie des machines (32b), l'essor surtout intérieur (âa<s) — (la consommation intérieure absorbait 75 % de la production) — fut très vif.

(321) Kuh, op. cit., p. 193.

(322) Kuh, op. cit., p. 193.

(323) Kuh, op. cit., p. 224-228.

(324) Kuh, op. cit., p. 216-217.

(325) Steller, Maschinenindustric. Publications du Verein fur SoziaU politik, t, CVII, p. 10 s.

(326) L'industrie des machines a son siège dans différentes parties de

Vers 1895-96, la production était incapable de satisfaire fci consommation. Selon toutes les probabilités la production s'accrut dans l'ensemble de 25-30 % de 1896 à 4900 (3?:); il s'agit là dune moyenne.

Dans l'industrie de la machine à vapeur (3q8), concentrée presque exclusivement en Saxe et en Westphalie, la production moyenne de 4895 à 1900 s'accroît de 50 %; le nombre des ouvriers employés, de 1.805 en 1895, passe à 2.875 en 1900, et la valeur totale des machines produites de 6.630.000 Mk à 15.600.000 (commandes nationales : 11.551.000 Mk en 1900 contre 3.397.000 Mk. en 1895).

Même situation dans l'industrie des chaudières (3a9) fia marine allemande lui passe de nombreuses commandes); — dans l'industrie des, machines nécessaires à l'exploitation des mines (Rhin, Westphalie, Saxe (33°); — dans l'industrie des machines-outils (33ï)-

Les fabriques de moteurs à gaz (33a) bénéficient plus particulièrement des découvertes récentes permettant d'utiliser le gaz des hauts fourneaux comme force motrice.

Les fabriques de locomotives (333) et de ivagons (334) sont aussi très prospères. En 1895, on ne comptait en Allemagne que 20 fabriques de wagons; en 1900, 38 nouvelles fabriques avaient vu successivement le jour. La Banque joua un rôle très important dans cet esssor de l'industrie des machines. Malgré le silence voulu des rapports des banques (335), on savait cependant que le Diskonto-Gesellschaft avait d'importants intérêts dans Ascherslebener Machinenbau A. G. créée en 1898, la Deutsche Bank dans la Mecklenburgische

l'Allemagne, particulièrement en Westphalie, dans le bassin de la Sarre, en Saxe et en Haute-Silésie, Steller, op. cit., p. 6.

(327) Steller, op. cit., p. 10.

(328) Steller, op. cit., p. 22 s.

(320) Steller, op. cit., p. 32 s.

<330) Steller, on. cit., p. 43.

(331) Steller, op. cit., p. 44 s.

(332) Steller, op. cit., p. 39 s.

(333) Eodem, p. 33 s.

(334) Eodem, p. 60 s.

(335) Cf. Jeidels, Bas Verhaeîtniss der deutschen. Grossbanken zur Industrie, Leipzig, Duneker et Humblot, p. 3 et 11-13.

Wagonfabrik A. G. de Guestrow; la Dresdner Bank fondait en 4896 la Kontinental-Eisenbahnbau-und Betriebsgesellschaft, etc., etc.

L'intégration et le cartel sont ici moins développés que dans la forge, l'aciérie, le laminoir. Si l'on peut citer quelques fabriques de machines amalgamées à des hauts fourneaux, à des aciéries, à des laminoirs telles que Kœnigsund Laurahiïtte, le Bochumer Yerein ou la Dortmunder Union, elles sont en réalité l'exception.

La diversité des produits, de leur qualité, de leur poids, de leur mode de production (la très grande usine y côtoie le modeste artisan), l'importance souvent décisive pour une fabrique tle machines de la direction ont opposé un obstacle souvent infranchissable à l'extension du cartel à cette catégorie de production.

Parfois cependant un cartel a réussi à se former, mais cette union de producteurs se traduit par une simple entente pour la fixation des prix, qui, faute de sanction efficace, reste complètement inobservée. C'est ainsi qu'il existait une entente pour les wagons, la Norddeutsche-Wagenbau-Vereinigung, et une autre pour les locomotives. Mais c'étaient là des exceptions, et les machines à vapeur, les moteurs à gaz, les machines nécessaires à l'exploitation des mines, étaient produits et vendus sous un régime de libre concurrence.

La main-d'œuvre est ici particulièrement bien rémunérée, car on exige des ouvriers des connaissances techniques. De 1895 à 1900, l'élévation du salaire journalier atteignit 20- 30 %, celle du salaire annuel fut de 50 %, par suite de l'allongement de la journée de travail et de la diminution du nombre de jours chômés (336).

Monteurs 4,1)0 4,40 4,70 4,80 5

Forgerons 4,70 5 5 5 4,90

(336) Steller, op. cit., p. 20 et 21. '

Pour les dividendes, une augmentation de 50 à 100 % était la règle (337).

Ce développement rapide et brillant de l'industrie allemande n'allait pas sans une concentration de la population de l'Empire autour de la mine, autour de l'usine et de la fabrique. Les villes, grandes et petites, et même les villages, s'agrandissaient.

Des sociétés de -constructions se constituèrent un peu par toute l'Allemagne; elles furent énergiquement secondées par une forme particulière de crédit hypothécaire.

L'organisation du crédit foncier diffère en Allemagne de ce qu'elle est en France. Au lieu d'un seul grand établissement doté d'un semi-monopole, il existe en Allemagne une foule de crédits fonciers (Hypothekenbanken). Au moyen d'émissions d'actions et d'obligations (pfandbrief), ces banques se procurent le capital qu'elles prêtent ensuite aux particuliers, aux entrepreneurs ou aux sociétés de constructions. Le profit pour ces sociétés résulte de la différence entre le taux d'intérêt payé aux porteurs de ces obligations et celui exigé des emprunteurs. En 1895, le taux d'intrêt est très bas. Les conditions nécessaires à l'essor du bâtituent sont remplies. Malheureusement une spéculation i:;alsaine et souvent malhonnête se développe. Des terrains, hier sans valeur, prenaient des plus-values énormes. On finit par acheter des terrains, par construire des maisons, dans l'intention pure et simple de les revendre. Il suffisait de posséder, pour pouvoi" entrer en lice, le capital égal à la dfférence entre le prix d'achat de l'immeuble et la somme qu'une banque hypothécaire consentait à prêter sur cet immeuble sur première hypothèque (33s). Bien mieux, si une première opération réussissait, le gain venait grossir les moyens du spéculateur et l'on recommençait l'opération

(337) Cf. tableaux nombreux et détaillés pour les différentes brandies de l'industrie des machines, Steller, op. cit., p. 26-2S.

(338) Aussi, les inscriptions hypothécaires se multiplient rapidement durant, cette période. Cf. Kùhnert, Die Hypothekenbeicegung in Prenssen xcœhrend der nechnungsjahre 189S bis 1900. Zeitschrift des Kœniglichen Statistischen Bureaus, 1903, p. 324-402.

sur une plus large échelle. Le capital des banques hypothécaires prussiennes passait de 15 mill. Mk. en 1895 à 21 mill. Mk en 1899 et leurs obligations de 244 mill. Mk à 356 mill. Mk. | -i;"i). En présence de tels abus, une loi du 13 juillet 1899 vint réglementer le crédit hypothécaire en Allemagne : les sociétés de crédit foncier doivent, pour se créer, obtenir ] "autorisation du Bundesrat. Elles sont soumises au contrôle de l'Etat. Elles ne peuvent avancer que des 3/5 aux 2/3 de la valeur des immeubles hypothéqués.

Parallèlement à l'industrie du bâtiment, les industries complémentaires : industrie du ciment, industrie de la brique, prenaient un développement rapide. L'industrie du ciment surtout, organisée en six cartels (3':°).

L'industrie textile ressentait le contre-coup de l'essor général. Mais ici, l'extension de la production nécessite trop peu -de capital pour que la production n'ait bien vite fait de s'adapter à la consommation.

C'est ainsi que de 1895 à 1901 le nombre des broches employées dans l'industrie cotonnière passe de 6.260.424 à 8.434.610 et celui des métiers de 170.533 à 211.818 (34i), mais, sauf en 1899, année franchement favorable, l'accroissement du débouché avait été compensé par un accroissement corrélatif de la production. De même dans l'industrie lainière (34?). D'un autre côté l'industrie textile subissait le contre-coup de l'élévation de la demande de travail dans \ différentes industries; et elle se voyait dépossédée de sa main-d'œuvre. Pour la fixer, elle est obligée d'augmenter les salaires.

(330) Kritzler, Die Sanierung notleidender Hypothekenbanken Die deutsche Treuhand-Gesellschaft. Publication du Verein fiir Sozialpolitik t. CXI, ,p. 55 et 57.

(340) Cf. CalNver, Handel und Wandel, 1900, p. 121.

(341) Sybel, Die Baumwollindustrie, Publications du Verein fiir Sozialpolitik, t. CV, p. 143.

(342) Kuntze, Die Wollindustrie. Publications du Verein fiir Sozialpolitik, t. C\ , p. 175 s.

SALAIRE MOYEN PAR AN DANS L'INDUSTRIE TEXTILE RHÉNANE-WESTPHALIENNE EN MK. (3")

Filatures Filatures Tissages

de coton. de laine. de laine.

Aussi les dividendes augmentaient peu, parfois même pas du tout, et restaient ce qu'ils étaient auparavant, c'est-àdire 0. La Tuchfabrik Aachen (draps) donnait 5 % en 1895, 4 en 1896, 5 en 1898, 5 en 1899; la Bautzener Tuchfabrik und Kunstmûhle 4, 6, 6 1/2, 7, 7 1/2; la Neue Tuchmanufaktur (Bischwiller) 7, 6, 6, 7, 6, etc., etc. (3^).

Quant à l agriculture en 1895-1900 les récoltes sont bonnes mais l'essor industriel a une double répercussion sur elle. L'essor industriel entraîne l'augmentation de la consommation des denrées agricoles; pain, viande, bière, etc. Leurs prix haussent. Mais la main-d'œuvre agricole progressivement drainée par l'industrie doit être remplacée par des machines. D'après l'enquête de M. Steller auprès des fabricants allemands de machines agricoles, dans certaines usines le nombre des ouvriers avait augmenté de 100 %. La production avait triplé ou quadruplé (3^5).

Les recettes des chemins de fer progressaient, les recettes brutes jusqu'en 1900, les recettes nettes jusqu'en 1899.

(343) Cahver und Jastrow, Gewerkschaften, Einzelne Gewerbe, Publications du Verein fur Soziapolitik, t. CIX, p. 186.

(344) Kuntze, op. cit., Anhang, I, p. 259-271, pour les laines. — Sybel, op. cit., p. 149, pour les cotonnades.

{345) Steller, op. cit., p. 63.

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