CHEMINS DE FER ALLEMANDS
(Millions \lk .) Recettes Personnes. Marchandises. Dépenses. Recettes nettes.
Les transports maritimes accusaient de brillants résultats, surtout les transports européens, et particulièrement les lignes anglo-allemandes, apportant à l'industrie allmande la houille et le fer anglais. Les frets entre ces pays haussaient de 3/9 sh. en 1897 à 7/9 en 1900 pour la houille (3/>7). Les échanges allemands avec les Etats-Unis, un moment atteints par le Dingley tarif, de 1897, étaient, eux aussi, satisfaisants.
Aussi les compagnies de navigation allemandes augmentaient leur capital, leur outillage, perfectionnaient en le renouvelant leur matériel. Le tonnage moyen de chaque navire progressait, la vapeur l'emportait sur la voile. Les cinq grandes Compagnies de navigation allemandes (Hamburg- Amerika, Norddeutscher Lloyd, Hansa, Kosmos, Hamburg- Sudafrikanische G.), s'assuraient une situation prépondérante.
Tonnage Tonnage 0/0 Capital
des 5 grandes de la navigation des5giandes (1 000 Mk)
"compagnies à vapenrallemande compagnies des 5 grandes
Br. R. T. Br. II. T. dutoDnagetutal. compagnies.
Leurs dividendes s'accroissaient, ceux de la Hamburg- Amérika étaient de 8 % en 1896, 8 % en 1898, et 10 % en 1900; ceux du Nord-Lloyd de 4,7 à 8 1/2 aux mêmes dates.
L'effectif des marins allemands voyageant sur navire à
(346). Die deutsche Eisenbahnen in den Jahren 1895-1901. Publications du Verein fur Sozialpolitih, t. CVIII, p. 181 s.
(347) Schachner, Seeverkehr und Reederei. Publications du Verein fur Sozialpolitik, t. CVIII, p. 55.
voile passait de 14.487 en 1896 à 13.268 en 1900, tandis que celui des marins naviguant sur navire à vapeur augmentait de 25.139 à 31.027 (m).
COMMERCE EXTÉRIEUR SPÉCIAL DE L'ALLEMAGNE (Mill. Mk.)
Importation. Exportation.
Le besoin de monnaie métallique, représenté surtout par le paiement des salaires, les besoins du commerce de détail, le paiements des dividendes et des intérêts, augmente. Pendant l'essor 1895-1900, l'or du Transvaal arrivait en Allemagne par l'intermédiaire de Londres. Le marché allemand recevait encore de l'or, mais moins, des Etats-Unis.
Le stock or allemand augmente de 37 millions Mk. en 1895, 47 en 1896, 53 en 1897, 126 en 1898, 154 en 1899, 148 en 1900.
De 1895 à 1900 la Reichsbank voit son portefeuille gonfler. En décembre 1899, elle porte son escompte à 7 %; son portefeuille, ses avances s'accroissent néanmoins. Sa circulation billets s'étend pour répondre à cette demande plus active de crédit (3*9).
Les banques allemandes, à la fois banques d'affaires et banques de dépôt, jouaient dans cet essor général un rôle de premier plan. La Deutsche Bank, à dater de 1895, crée cinq filiales, une à Francfort-sur-le-Mein, une à Munich, une à Brème, une à Hambourg et une à Londres; la Dresdner Bank qui avait déjà en 1894 des succursales à Berlin, Dresde et Hambourg, installait en 1895 des filiales à Londres et à Brème. La Bank fur Handel und Industrie suivait leur exemple (35°).
(348) Schachner, Seeverkehr, Op. cit., p. 75.
(349) Helfferich, Der Deutsche Gelmarkt, 1895 bis, 1902. Publications du Verein fur Sozialpolitik, t. CX, p. 48; tab. stat. du bilan des banques.
(350) Lœb, op. cit., p. 85 et 86.
A la Bourse l'afflux du capital vers l'industrie déprimait les fonds d'Etat. L'Empire et la Prusse ayant attendu 1897 pour opérer la conversion de leur rente, virent leur entreprise, sinon échouer, au moins médiocrement réussir. Par contre, les valeurs industrielles montent. Gelsenkirchen, d'un cours minimum de 154,30 en 1895 passait à un cours maximum de 199,05 en 1900, Harpener de 103,25 à 244,40; la Dortmunder Union de 97,50 en 1896 à 111,02 en 1900; Kœnigs-u. Laurahutte de 120 en 1895 à 284 en 1900, l'Allegemeine E. G. de 206 à 261,80, la Hamburg-Amerika de 81,50 à 132,40 la Deutsche Bank de 170,25 à 213,75. Ainsi malgré le Bœrsengesetz du 21 juin 1896, la hausse et la spéculation qu'elle engendre s'affirmaient dans notre période.
L'influence de la période de hausse et particulièrement du développement industriel et de l'élévation des salaires sur certains phénomènes sociologiques : mariages — assistance — émigration — criminalité, mérite enfin d'être retracée.
L'Allemand émigré de moins en moins; l'ouvrier agricole se transforme en travailleur industriel.
L'émigration, comme dans la période précédant la crise de 1890, diminue pendant l'essor de 1895 à 1900; le nombre des émigrants passe de 37.498 en 1895 à 24,631 en 1897, 22,221 en 1898 et 22,309 en 1900 pi).
Tandis que la population de l'Allemagne s'accroissait de 52,279,901 habitants en 1895 à 56,367,178 en 1900, soit une augmentation moyenne de 1,5 % par an, celle des communes de plus de 2,000 habitants, c'est-à-dire la population villageoise ou urbaine, passait de 26,859,511 à 30,633,075; soit une augmentation moyenne annuelle de 2,63 %. La population agricole, au contraire, s'accroissait seulement de 0,25 %, s'élevant de 25,400,390 à 25,734,106 (35*).
Malgré cet accroissement de la population, les recours à la main-d'œuvre étrangère devinrent indispensables; dès 1897
(351) Heinecke, Auswanderung. Publications du Verein fur Sozialpolitik, t. CIX, p. 227.
(352) Heinecke, Ab-und Zuziige. Publications du Verein fur Sozialpolitik, t CIX, p. 197-225.
dans le bassin rhénan- westphalien (Recklinghausen, Ost- Dortmund, Nord-Bochum, Herne, Gelsenkirchen, Wattenscheid, Essen, Oberhausen) on constate un afflux d'ouvriers de Bohême et de Galicie. En 1897, on évaluait le nombre de ces nouveaux ouvriers à 20.000; le mouvement se prolongeait en 1898-1899, et, en 1900, le manque de main-d'œuvre était tel qu'on créait des agents spéciaux en Hongrie, en Styrie et même en Basse-Silésie, destinés à accélérer l'immigration. Aussi, à cette époque, dans l'un des districts miniers nouvellement exploités du bassin de la Ruhr, le district d' Oberhausen, sur 16,682 mineurs employés, on comptait 6,731 étrangers, principalement Polonais, Italiens, Hollandais, Hongrois ou Autrichiens de langue autre que l'allemand (353).
L'Allemagne devenait un pays d'immigration après avoir été un pays d'émigration.
Le nombre de mariages était, lui aussi, heureusement influencé par l'élévation des salaires.
NOMBRE DE MARIAGES (i5t) 1895 1896 1897 1898 1899 193 J
Berlin 17.238 18.642 19.330 19.580 19.946 20.756