BÉNÉFICES NETS MENSUELS DU TRUST DE L'ACIER
Janvier 2.868 6.810 11.856 12.838 5.052 7.262
Février 4.540 6.629 10.958 12.145 5.709 7.669
Mars 6.036 9.585 13.819 14.137 7.466 7.989
Avril 6.863 9.037 12.581 14.600 6.761 »
Mai 6.256 10.602 14.041 16.056 6.021 »
Juin 6.370 10.665 13.501 14.846 7.482 »>
Juillet 6.344 9.035 12.242 13.804 8.599 »
Août 6.202 10.986 13.158 15.279 9.152 »
Septembre. 6.226 11.218 12.713 14.720 9.354 »
Octobre 7.250 12.400 14.984 17.042 9.415 »
Novembre.. 7.117 11.827 13.482 10.467 8.756 »
Décembre.. 7.099 10.988 13.282 5.034 8.053 »
L'industrie du fer, d'ailleurs, n'était pas la seule à être prospère, et elle n'était pas redevable de toute sa prospérité aux chemins de fer. L'essor de Vindustrie électrique et, par suite, de la mine de cuivre, celui du bâtiment, celui des textiles étaient aussi pour quelque chose dans cet essor de l'industrie du fer.
La fonte, et, de nos jours, davantage l'acier, entrent pour une large part dans la fabrication des dynamos (477). Mais
(477) Construction des machines et appareils électriques. Public, de l'Office du Travail Belge, 1908, p. 48-51.
LE PUÉNOMÈNE 201
ce qui est vrai des dynamos l'est encore beaucoup plus des voitures de tramways électriques et a fortiori des rails. Sans doute, un métal nouveau, le cuivre, prend ici une place considérable, mais le fer n'en conserve pas moins la sienne, très importante dans la période 1904-1907. L'industrie électrique américaine n'a pas connu une moindre prospérité que l'industrie métallurgique. Le railway électrique jouait vis-à-vis de l'industrie électrique, à côté du téléphone, de l'éclairage, un rôle un peu analogue au railway d'intérêt général vis-à-vis de l'industrie du fer et de l'acier. Ici encore, l'existence de grandes sociétés viendra faciliter nos observations.
Il est curieux, en effet, de constater que les périodiques américains se sont peu intéressés à l'évolution de la récente crise dans le domaine de la production. Aussi bien sommesnous réduit à user d'une méthode d'observation fragmentaire. Nous allons nous adresser aux bilans des sociétés par actions, que les Américains qualifient de leadings societies, c'est-à-dire aux bilans de ces sociétés qui synthétisent en quelque sorte la situation de telle ou telle branche de production.
La période qui s'étend de 1901 à 1907 a été une période de développement du tramway électrique.
1° On transforme d'anciens tramways à chevaux en tramways électriques;
2° On crée des lignes nouvelles urbaines et suburbaines;
3° On construit parfois des chemins de fer d'intérêt local électriques, et même on électrifie des lignes de chemins de fer, entre Etats.
La longueur des tramways construits annuellement ne cessait de s'accroître. Tandis qu'en 1904, le réseau atteignait une longueur de 29.820 milles, en 1905, il était de 32.517 milles, et en 1906, 36.212 milles. Les recettes brutes et les recettes nettes justifiaient, du reste, cette extension des réseaux électriques, et bien que nous ne disposions pas de statistique globale des recettes de railways électriques, analogue à celle dont nous disposons pour le chemin de fer, le Commercial and Financial Chronicle s'est livré à une réca-
pitulation des recettes brutes et des recettes nettes de 468 compagnies, qui nous donne une idée de grande prospérité de cette branche d'entreprise. Les recettes nettes marchaient à peu près de pair avec les recettes brutes, bien que leur accroissement fût un peu plus lent.
RECETTES DE 468 TRAMWAYS ÉLECTRIQUES (en $) (,7')
Brutes
L'électricité trouvait d'ailleurs d'autres applications. Faute de statistique globale, le mieux est, pour les téléphones et télégraphes, de s'adresser au rapport de l'American (Bell) Téléphone and Telegraph C° (479).
La statistique de ses revenus nets, de ses dépenses de construction, de la longueur des lignes exploitées, est un indice du développement de cette industrie aux Etats-Unis. Les bénéfices nets passent de 11.275.702 $ en 1904, à 16.269.388 $ en 1907. Ses constructions représentent en 1904, 33.436.700 $;. en 1905, 50.780.906 $; en 1906, 79.366.949 $; en 1907, il est vrai, elles ne représentent déjà plus que 52.921.400 $. Son capital actions, au 1er janvier 1908, était de 179. 595. 355 $ et son capital obligations atteignait 186.000.000 $. La longueur de ses fils (Toll Unes) passait de 1.121.228 milles au 1er janvier 1905, à 1.265.236 à la même date en 1906, 2.727.829 en 1907. Enfin le nombre de ses employés passait de 59.451 en 1905, à 74.418 en 1906, et 90.324 en 1907 (tfo);.
Si nous considérions les diverses sociétés englobées dans ce trust des téléphones, nous arriverions à un résultat identique. Les sociétés de téléphone Bell, de Philadelphie, de Chicago, de New-Jersey, accroissent leur capital parallè-
(478) Growt of ëlëctliç railway opérations. Commercial and Financial Chronicîe, 13 avril 1907, p. 840-843.
(479) Commercial and Financial Chronicîe, t. LXXXII, p. 699.
(480) Commercial and Financial Chronicîe, 21 mars 1908, p. 733-737.
lement à l'augmentation de leurs revenus nets. Elles développent le nombre de leurs stations (!>Sl).
Il était naturel que les Sociétés de construction électrique fussent prospères. Ici encore, l'observation est favorisée par l'existence d'une grande société, dont l'évolution peut être considérée comme un baromètre : la General Electric Company. Elle publie un rapport très détaillé et nous donne des renseignements non seulement sur le montant de son capital, mais sur ses livraisons et sur ses commandes, sur le nombre des ouvriers employés par elle. Tous ces chiffres nous permettent de suivre pas à pas, pour ainsi dire, l'essor américain.