GENERAL ELECTRIC (,M
Profit net. Recettes. Dépenses.
Au 31 mars 1907 8.427.843 61.608.832 53.106.594-
Au 31 mars 1908 6.586.653 72.484.988 65.536.305.
(513) Commercial and Financial Chronicle, 17 mars 1909, p. 829.
(514) Commercial and Financial Chronicle, 9 mai 1903, p. 1157.
La crise de l'industrie électrique trouvait aussi sa fidèle •expression dans le bilan du trust du cuivre, de l'Amalgamated Cooper. Les bénéfices nets de l'Amalgamated se sont effondrés de 14.154.400 S en 1907, à 6.680.537 $ en 1908, et 3.663.980 $ en 1909 (M),
La production du cuivre, cependant, a, dans l'ensemble, peu diminué. Elle est passée de 407.500 tonnes en 1906 à 399.600 en 1907, pour remonter en 1908 à 435.200 (5l6). Les stocks enflent et pèsent sûr le marché : les spéculateurs américains essaient de dissimuler leur importance en les faisant passer en Europe. Mais les cours du cuivre baissent en Europe.
Il en est de même des cours du coton et de la laine. Et l'industrie textile américaine voit sa production et ses profits diminuer : les profits nets de l' American Woolen, de 4.809.507 $ en 1906, à 3.426.606 $ en 1907 et 1.280.705 S en 1908. Le chiffre de ses affaires baissait de près de moitié, passant de 51.420.696 $ en 1906 à 29.986.978 S en 1908. Dans l'industrie de la soie, la crise se manifeste par la diminution des importations d'Europe (Lyon, St- Etienne (5l~). Les exportations françaises de tissus de soie aux Etats- Unis passaient de 84,2 (mill. Fr.) en 1907 à 57,1 en 1908. Il en était de même des exportations de tissus de coton, de vêtements et de lingerie.
Dans le bâtiment, la valeur des constructions nouvelles passait de 651.773.000 $ en 1907, à 581.821.000 $ en 1908.
(515) Commercial and Financial Chronicle, 20 juin 1909, p. 1526.
(516) Cependant, si nous considérons certaines sociétés, nous y constatons des limitations de la production, qui rappellent celles du trust de l'acier.
IRODUCTION DE l'aNACO.NDA
1906 94.963.833 Ibs.
(517) A ce dernier point de vue la crise américaine avait eu vite des conséquences plus lointaines. Tels grands hôtels de Paris, construits pour donner l'hospitalité à de riches américains absentéistes voyaient leurs locaux presque déserts. La valeur des pierres précieuses importées d'Europe aux Etats-Unis qui s'élevait à 43.575.000 S en 1906, s'abaissait à 31.713.000 $ un 1907. Les faits de ce genre abondent. Germain Martin, op. cit., p. 211.
Et si l'on considère les grandes villes industrielles, la chute est bien plus considérable, surtout si l'on rapproche les années 1908 et 1906. Tandis que pour 112 villes la baisse dans les constructions a été de 11,9 % en 1908, par rapport à 1907 et 16 % par rapport à 1906, la diminution pour Brooklyn était de 37,9 %. A New- York, il était impossible de se procurer de l'argent sur deuxième ou troisième hypothèque : les loyers baissaient de 20 % et certains propriétaires offraient 2 mois de loyer gratuit (5lfe).
Par solidarité, Y industrie du ciment procédait à une réduction énorme de sa production. Le Wall Street Journal l'évaluait à 35.000.000 de barils contre 48.000.000 en 1907.
La crise trouvait encore son expression dans la statistique des faillites. Les entreprises les plus éprouvées étaient les entreprises les moins concentrées, c'est-à-dire les banques; le nombre de banques en faillite s'accroissait de 14 % et leur passif de 110 % (5lo).
Le commerce extérieur, enfin, traduisait très nettement la dépression; l'exportation s'abaissait de 1.923.426.000 $ en 1907 à 1.752.833.000 $ en 1908 et l'importation de 1.423.169.000 $ à 1.116.449.000 $. Mais, fait plus significatif, la différence entre les exportations et les importations continuait à s'accroître au profit de l'exportation : de 500.258.000 S pour 1907, l'excédent des exportations passait à 636.382.000 $ en 1908. Les Etats-Unis cherchaient à 1 extérieur le marché qu'ils ne trouvaient plus à l'intérieur.
De même les recettes de chemins de fer, soient nettes, soient brutes, diminuaient en 1908, par rapport a 1907.
La circulation des richesses était moins intense; le portefeuille des banques nationales diminuait considérablement à New- York, passant de 16,7 millions $ en 1907 à 6,8 en 1908 pour le papier à vue et de 161,1 à 146,2 pour le papier à terme. Pour les autres villes que New- York, la chute était
(518) Ruildiny construction in 190S; Commercial and Financial Chroniclc 16 janvier 1909, p. 132.
(519) Commercial and Financial Chronicle, 23 janvier 1909, p. 190.
moins profonde. Le portefeuille à vue passait cependant de de 411,9 en 1907 à 389,1 en 1908 et le portefeuille à terme de 1.487,7 en 1907 à 1.436,2 en 1908. La statistique des Clearing Houses traduisait elle aussi ce ralentissement des échanges. Dès 1907, les sommes compensées s'abaissaient à 145 millions $ contre 159 en 1906, et elles tombaient à 132 en 1908.
La Bourse, elle aussi, ne trouvait plus dans la production et l'échange la base indispensable à tout mouvement de hausse, et c'est en vain qu'elle essayait d'anticiper par des poussées de spéculation sur le retour normal de la période de prospérité. Ces tentatives aboutissaient à des crises de Bourse du genre de celle de février 1909, où les actions du trust de l'acier baissèrent de 10 points en l'espace de quelques jours. La statistique globale publiée par le Financial Chronicle le confirme (voir ci-dessus p. 206).
Seuls les fonds d'Etat et les valeurs à revenu fixe contrastaient avec la baisse des valeurs industrielles à revenu variable.
Les dividendes des trusts : trust du cuivre, trust de l'acier, diminuaient dans des proportions très sensibles. Nous avons déjà eu l'occasion de préciser la baisse des profits; les dividendes devaient suivre. C'est ainsi que les dividendes de l'Amalgamated Copper passaient de 7,3/4 % pour 1907 à 4 % pour 1908 et 2 % en 1909. Le trust de l'acier ne distribuait aucun dividende sur ses actions ordinaires, et il pouvait craindre un instant de ne pouvoir faire face au paiement des intérêts de ses obligations. Quant aux ouvriers, ils étaient durement éprouvés par le chômage et par la réduction des salaires. En matière de chômage la statistique n'est pas aussi complète qu'en Angleterre ou en Allemagne, mais le Bulletin of Labour de l'Etat de New- York publie, d'après les renseignements qui lui sont fournis par les membres des syndicats, une statistique du pourcentage des chômeurs parmi les membres des syndicats. Si l'on songe que les ouvriers syndiqués sont, en général les meilleurs ouvriers, cette statistique permettra de se faire une idée de l'intensité du chômage.