S A- GRANDES SOCIÉTÉS DE CREDIT
de Septembre 1919 à Avril 1921.
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Jean Lorin, Revue d'Économie Politique, 1921, p. 487.
des statistiques permettant de suivre mois par mois cette dépression du marché du travail pour l'ensemble des ouvriers britanniques. Nous donnerons quelques chiffres. Pour les mineurs de houille (1.122.000 ouvriers), le salaire global par semaine accuse une diminution de 2.590.000 £ en 1921, et 518.000 £ en 1922. Le salaire réel, en tenant compte du chômage, restait en 1922 inférieur au salaire de 1913. De même, dans les filatures de coton (500.000 travailleurs) : en 1921 , on réduit les salaires de 4 sh. 6 d. par livre, en mars 1922 de 3 sh. 3 d.; en novembre de 10 d., soit une réduction totale de 8 sh. 6 d. par livre en 1921 et 1922. Le salaire nominal restait cependant le double du salaire d avant-guerre. Mais le chômage et le travail à temps réduit atteignaient le salaire nominal global. Les fonds des trade unions subissaient une réduction « alarmante » (r,:°).
Dans la marine marchande, le 25 janvier 1922, on réduisait de 2 £ par mois le salaire des marins, et dans la même proportion le traitement des officiers; la réduction était effectuée en deux étapes, 1er mars-ler mai. Fin février, 30.000 hommes d'équipage et officiers de la marine marchande étaient sans emploi.
Les Etats-Unis eurent, eux aussi, pendant toute l'année
1921, un grand nombre de chômeurs. Aussi les ouvriers obtiennent-ils le vote de l'Immigration Act, 1921, limitant le nombre des immigrants. De juin 1920 cà la fin de 1921, le nombre des ouvriers employés dans l'ensemble des industries a diminué de 33,8 %, la période la plus critique ayant été celle de décembre 1920 à juillet 1921. Les industries les plus touchées en 1921 furent la métallurgie, la briqueterie et tuilerie, les produits chimiques et le caoutchouc (5t° bls).
La France, moins atteinte, accuse le maximum de chômeurs secourus dans la semaine du 25 au 30 avril 1921, avec 84.000 chômeurs inscrits au fonds de chômage. En
1922, ce chiffre descend à quelques milliers seulement. Les salaires ont été réduits, notamment dans les mines de
(570) Annual Commercial and financial Times, 30 janvier 1923, p. 12 et 13.
(570 bis) Les salaires et la durée du travail dans l'industrie aux Etats- Unis. Bulletin du Bureau international du Travail, décembre 1922, p. 1013 et suiv.
houille, dans le textile, dans l'automobile, dans la métallurgie. Mais l'absence de chômage a fait obstacle à une réduction sensible des salaires. Les bureaux de placement ont rendu à l'agriculture 200.000 paysans déracinés par la guerre. Les régions libérées ont donné du travail aux ouvriers atteints par la crise.
Fin 1921, les effets de la crise s'atténuent déjà.
§ 15. — La reprise de 1922.
La reprise impatiemment attendue par les milieux industriels et commerciaux devait accuser ses premiers symptômes au printemps de 1922, principalement aux Etats-Unis. En France et en Grande-Bretagne, la reprise est moins nette- Elle existe pourtant. La Grande-Bretagne vit surtout de ses relations extérieures; le protectionnisme et les soubresauts du change contrarient les velléités de reprise du commerce extérieur. C'est en effet l'un des traits de la récente reprise : l'amélioration très nette sur les marchés intérieurs est encore imperceptible dans les relations internationales; les statistiques du commerce extérieur donnent plutôt l'impression de la stagnation; et la courbe est ici en palier, alors que pour la production et les prix des produits essentiels (fonte, houille, cuivre), elle se redresse notablement.
Reprise. — Pour la première fois, en mars 1922, la production de la fonte aux Etats-Unis est supérieure à celle du mois correspondant de l'année précédente. Et, depuis cette date, les progrès sont ininterrompus (à l'exception du mois d'août 1922, où la grève des mineurs de houille compromet la production). Nous nous bornerons à donner ici les chiffres essentiels destinés à montrer la conversion de la période de dépression en une période d'amélioration progressive.