‹ Des crises générales et périodiques de surproductionChapitre 69 sur 100 · PRODUCTION' DE LA FONTE · texte numérisé non relu

PRODUCTION' DE LA FONTE

France. Orande-Bretagne.

Janvier 1922 312.000 tonnes. 293.000 tonnes.

Août 1922 4i7. 000 tonnes. 418 000 tonnes.

Mais la hausse du fer n'est pas seule à caractériser la reprise. Les autres métaux (cuivre, zinc, plomb, étain), présentent eux aussi une élévation de leurs cours et une augmentation de leur production. Les mines de cuivre américaines, travaillant à peine en veilleuse pendant toute l'année 1921, reprennent vigoureusement la production en 1922. Elles se heurtent parfois aux difficultés de recrutement de la main-d'œuvre pour accroître leur production.

Là encore c'est au printemps de 1922 que l'amélioration commence à se faire sentir.

HAUSSE DES MÉTAUX A LONDRES (par tonne)

31 mai 1922 31 septembie 1922

Cuivre 69.16.0 71.45.0

Zinc 27.17.6 32. 0.0

Plomb 26. 0.0 26. 0.0

Étain 150. 0.0 161 0.0

Dans cet essor de la métallurgie, le bâtiment a joué un rôle important aux Etats-Unis. En février 1922, époque où normalement cette industrie repart après l'hiver, dans 161 villes des Etats-Unis, les permis de bâtir accordés représentent 132.909.000 $ (contre 30.433.000 en février 1921). Dans les sept premiers mois de 1922, les immeubles construits ont une valeur de 2.041 (millions $), en augmentation de 60 % sur la période correspondante de 1921.

En Europe, le bâtiment a contribué à tirer de sa léthargie la métallurgie. Pendant l'été 1922, notamment, la demande de poutrelles pour la construction a constitué un aliment sérieux pour nos grandes forges françaises. Et les prix se sont raffermis. La loi exonérant d'impôt les bâtiments neufs, a contribué à cette reprise dans le bâtiment en Fiance. Le désir de se procurer un toit, une certaine méfiance à l'égard du papier-monnaie, expliquent aussi ce regain dans la construction. Mais, à la différence des Etats- Unis, les besoins restent énormes. Pendant huit ans, on a cessé de bâtir; et en huit ans, on aurait, en période normale, édifié 80.000 logements. Par contre, il est remarquable de constater que la reprise est beaucoup moins accusée dan? les industries textiles ou dans la chaussure. La prospérité ne s'est pas encore nettement répercutée de la métallurgie et du bâtiment sur les fabriques d'objets de consommation. Le commerce de détail aux Etats-Unis n'accuse même aucune reprise. Aux Etats-Unis, par exemple, les industries textiles sont en progrès, mais les prix de vente ne permettent pas aux industriels de reconstituer leurs stocks de matières premières. Le coton, la laine ont haussé sensiblement. La récolte de coton a été mauvaise. Et les fabricants hésitent à exiger de leurs acheteurs un prix correspondant à la hausse des matières premières. Ceux-ci se couvrent au jour le jour, et se préoccupent des besoins immédiats. Dans l'industrie des cotonnades, on se plaint de ne pouvoir obtenir des prix permettant le réapprovisionnement en coton. Aussi s'efforce-t-on de peser sur les salaires. En mai 1922, à Rochester et Chicago, on réduit de 15 % les salaires dans le vêtement; dans les filatures de coton de la Nouvelle- Angleterre, de 20 %.

Dans l'industrie de la chaussure, on se plaint aussi de ce que les prix de vente des produits fabriqués n'aient pas haussé dans la même proportion que les matières premières. En mai 1922, on réduit les salaires de 15 %.

Quant aux industries de, constructions maritimes, elles lestent toujours dans une situation précaire. Les frets sont bas. Le tonnage disponible immobilisé dans les ports est considérable. Au 15 octobre 1922, 694 navires de la flotte marchande française, d'un tonnage brut total de 1.433.000 tonneaux, restent dans les ports.

Et, de fait, la reprise que nous avons pu constater principalement dans la métallurgie et dans le bâtiment, n/exerce encore sur le commerce extérieur à peu près aucune influence. En France, les statistiques douanières, dont l'établissement a été assez malencontreusement bouleversé (57*), n'autorisent pas les comparaisons souhaitables. Mais en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, où il en va autrement, les chiffres donnent une impression très nette de stagnation. Au début de 1923, cependant, le tonnage immobilisé dans les ports décroît en Grande-Bretagne et en France. Sans doute, il est assez naturel que la reprise, à ses débuts, se manifeste sur les marchés nationaux. L'extension au marché extérieur lui succède. Mais il est des raisons spéciales ?. notre époque. Le change élevé de certains pays agit comme une barrière aux exportations; les changes erratiques, en faussant toutes les transactions commerciales, paralysent les échanges internationaux; l'insécurité des opérations commerciales, déjà considérable en temps normal, est multipliée à tel point que le découragement surgit de toutes parts. Seuls, des produits indispensables comme la houille (Grande-Bretagne), ou le blé (Etats-Unis), peuvent s'accommoder de ces soubresauts impossibles à prévoir. Mais il en va autrement de tout le reste. Et la stabilisation des changes serait éminemment favorable au développement des relations commerciales. Notons, au reste, que ce développement consoliderait la stabilisation du change.

(571) Fernand Faure, La Statistique de notre commerce extérieur. Revue Politique et Parlementaire, août 1922, p. 231.

Mais encore faut-il, pour cela, que les caprices des tarifsdouaniers cessent d'influencer périodiquement les courants commerciaux. Le nouveau tarif américain, hautement protectionniste, est peut-être plus dangereux encore par les pouvoirs qu'il confère au Président de modifier le tarif édicté. De même, en France, l'arbitraire gouvernemental devrait faire place à un régime dé traités de commerce.

L'instabilité des prix est la négation du commerce. Il est assez de causes naturelles d'instabilité (variations des récoltes, facteurs politiques, change) pour n'en pas ajouter d'artificielles par des modifications incessantes des tarifs douaniers.

Mais par là-même, on comprend qu'un pays comme la Grande-Bretagne soit très durement, atteint par la crise. Repliée sur elle-même, la Grande-Bretagne se fût plus facilement ressaisie, à l'exemple des Etats-Unis ou de la France. Mais, obligée de vivre de ses exportations, elle souffre tout particulièrement. Et si, récemment, sa situation s'améliore, le nombre de ses chômeurs reste cependant très élevé, malpré les sacrifices énormes consentis par les ouvriers sur leurs salaires. Et l'Angleterre aurait sans doute plus d'intérêt à obtenir des avantages de cet ordre (stabilité douanière, stabilité monétaire) qu'à reconquérir le marché allemand fortement ébranlé par la guerre. Sur ce point, la politique de M. Loyd George a sans doute été une politique à courtes vues.

Aussi bien est-ce dire que la reprise actuelle, indiscutable, en est encore à ses débuts. Et l'on comprend alors que les bilans des banques, le taux des salaires et les profits industiiels restent encore très déprimés, et que l'index général des prix soit partout à peu près stationnaire, avec un léger relèvement en fin d'année, qui s'affirme au printemps de*

Etats-Uûis.

France.

Grande-Bretagae.

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