‹ Des crises générales et périodiques de surproductionChapitre 86 sur 100 · POURCENTAGE MOYEN DES ECHECS DANS LES GREVES · texte numérisé non relu

POURCENTAGE MOYEN DES ECHECS DANS LES GREVES

Période de dépression 1890-1895

Période d'essor 1896- 1900

Période de dépression 1901-1904

Période d'essor 1905-1907

Période de dépression 1908-1910 Période d'essor 1911-1913

France Grande-Bretagne

Allemagne p. 100

(36) Rist : Les grèves et leur valeur symptomatique, et Relations entre

Les grèves de 1908, la grève générale des mines de houille en Grande-Bretagne en 1921, étaient donc une erreur économique; de là leur insuccès. Toutefois, en période de prospérité, les grèves sont plus nuisibles soit aux patrons, soit aux ouvriers. Les usines ont beaucoup de commandes à des prix rémunérateurs; les ouvriers ont tous du travail et touchent de hauts salaires. L'effort des syndicats dans ces périodes tendra à acclimater la pratique du contrat collectif et à substituer à la grève la discussion collective sans cessation du travail.

B. — Intervention de l'Etat.

L'Etat, de son côté, pourra remédier au chômage en entreprenant des travaux publics. Mais c'est là un moyen qui dépasse les remèdes aux crises de chômage des ouvriers, et nous l'avons déjà envisagé en traitant des remèdes aux crises dans la production.

Dans sa politique d'amélioration du sort des ouvriers aussi, l'Etat doit tenir compte de ces alternatives d'essor et de dépression. Les réductions du temps de travail devront entrer en vigueur pendant les périodes de dépression. En temps d'essor, en effet, le patron veut produire, l'ouvrier veut gagner; le taux des salaires est élevé, l'ouvrier fait des heures supplémentaires très bien rémunérées. C'est à ce moment que l'argument tiré de la liberté du travail aura le plus de force contre cette intervention de l'Etat. L'Etat ne doit pas s'exposer à cette objection. A cet égard, notre législation française du 20 mars 1900, entrée en vigueur durant une période de dépression (journée de 11 heures jusqu'au 31 mars 1902, de 10 heures et demie jusqu'au 31 mars 1904, et 10 heures à partir de cette date) a été très heureusement inspirée; et cette coïncidence voulue ou non par notre législateur a certainement été des plus favorables. Par contre,

les variations annuelles du chômage, des grèves et des prix. Revue d'économie politique, 1906 et 1912

Pour les statistiques relatives au nombre d'ouvriers syndiqués, au nombre des grèves dans les divers pays, voir l'Annuaire statistique de la France.

la loi de huit heures est intervenue à un moment peu favorable, en plein essor.

Quant à l'intervention de l'Etat sous ses autres formes : secours en cas de chômage, subventions aux syndicats, etc., etc., elle n'a guère aucune relation avec la théorie des crises. Il est cependant une grosse question, celle des retraites ouvrières, qui nous paraît avoir des liens assez étroits avec notre théorie. Car le patron et l'ouvrier étant appelés à faire des versements pour la constitution des retraites ouvrières, il est à craindre que ces versements ne soient plus opérés par les ouvriers en cas de chômage; il est à craindre aussi que les patrons renvoient leurs ouvriers en cas de crise, pour n'avoir plus à procéder à des versements de retraite.

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