TRAITEMENT DE LA CRISE
Outre les interventions chirurgicales, nombreux sont les traitements préconisés contre les crises viscéralgiques du tabès, avec des résultats fort variables. Telle rédication, qui a donné des succès à un médecin, n’a donné que des rmécomptes à d’autres.
Contre la crise elle-même, un seul traitement est vraiment et rapidement actif, c’est l'injection de morphine, surtout, associée à 1/4 de milligr. d’atropine par cc. Mais il importe de se méfier de l’accoutumance.
Le Picarbonate de soude et les alcalins à hautes doses, ont été préconisés par Sahli, et par quelques autres auteurs, qui ont vu ces médicaments hôter la fin des crises; mais ils sont restés inactifs dans nombre de cas. — Il est certain aue la saturation de l’hyperacidité stomacale atténue les symptômes gastriques douloureux; s’il y a hyperacidité, celle-ci joue un rôle aggravant et irritant sur les terminaisons nerveuses de la muqueuse; tels les cas d’ulcérations, d’ulcère vrai. Mais ce n’est pas la règle générale, comme nous l’avons vu. Souvent les alcalins échouent contre les douleurs ; ils augmentent même parfois les vomissements incoërcibles, en raison, probablement, de leur solution dans une quantité d’eau assez grande que le malade ingurgite. — Quelques auteurs, Cache, entr’autres, déconseillent les alcalins, en raison de l’hypopepsie très fréquente chez les
tabétiques. — Mais nous ajouterons, que les alcalins, étant inoffensifs pendant ces crises, il nous semble préférable
| de les administrer dès le début de celles-ci : bicarbonate de.
soude pur, ou associé à des sels terreux (magnésie, carbonate de chaux) ; ou Bismuth. — Le résultat de leur admi-
nistration sera souvent, d’ailleurs un élément de diagnostic
quant à la pathogénie de la crise.
Le lavage de l'estomac a parfois donné de bons résultats; il a réussi dans des crises avec vomissements, et a échoué dans d’autres crises, chez le même malade (notre obs. 1). Hayem a pu faire cesser une crise, et prévenir les vomissements, par la seule introduction de la sonde qui donna issue à des gaz.
Les pulvérisations d’éther, de chlorure de méthyle, les applications de compresses chaudes ou de sac de glace, avec glace per os (notre obs. II), ont atténué certaines crises, de même que les lavements bromurés. Ces moyens sont d'autant plus recommandables, qu’ils sont sans inconvénient aucun.
Le nitrite de soude, en injections d’une solution de 1 à 6 %, a donné de bons résultats sur les douleurs tabétiques (F. Raymond, Oberthur et Bousquet, Darchkewitch).
L’oxalate de cérium a été donné à des doses de 0,05 à 0,15 centigr. 3 à 4 fois par jour (Oskankof).
La cocaïne a été employée pour la première fois, croyonsnous, par Dujardin-Beaumetz, à très hautes doses, (jusqu’à 0,40 cgr. par 24 heures) avec succès (en solution à 0,50 cgr. dans 200 cc d’eau, par cuillerées, toutes les 2 heures). Il est nécessaire de retenir le malade au lit, afin de prévenir les vertiges. — Ces hautes doses ne sont guère à conseiller.
Par l’association de la cocaïne et de la belladone en
LErou ee
cachets, De Manoussy aurait obtenu la cessation des crises et des vomissements.
Les injections intra-rachidiennes d’un centigr, de cocaïne n'ont donné aucun résultat à Faisans, tandis que Marchand aurait vu, dans deux cas, l4 sedation complète de la crise gastralgique après l'injection de 2 ce de rachicocaïne Carrion à 0,50 %.
Nous devons attirer l’attention sur le traitement préconisé et mis en œuvre par notre Maître, le Professeur Carnot: injections paravertébrales de novocaïne-adrénaline, qui ont produit la sédation complète très rapide de la douleur et des vomissements, chez un tabétique, au cours d’une crise très violente. — Même résultat dans les crises suivantes. — Dans d’autres cas, les résultats furent tantôt bons, tantôt nuls. Dans les premiers cas, traités en collaboration avec Cambassèdès, M. P. Carnot fit à 3 centimètres de la ligne médiane, au niveau de l’émergence des D6, D7, D8, D9, et D10, de chaque côté, 10 injections de 5 ec avec une longue aiguille enfoncée à 4 et 5 centimètres de profondeur; puis lorsqu'on butait contre l’os, on le contournait et l’on dirigeait l'aiguille vers la ligne médiane, suivant la technique clasique, on injectait la solution de novocaïne à 1 % dans du sérum physiologique adrénaliné à 1 pour 1000 (le total des 10 injections contenait 0,50 centigr. de novocaïne). M. Carnot, en raison de quelques échecs de cette méthode, l’a modifiée, et dans la suite, il a fait les injections aux environs des nerfs splanchniques, d’après la méthode de Roussiel. Il en a obtenu des résultats remarquables chez deux tabétiques.
Kronig a fait des injections intra-musculaires de 10 ce de novocaïne à 0,50 % adrénalinée, dans le dos, entre la