HO
+ 2 Aï.
Cette décomposition fort intéressante, et qui n’avait jamais été remarquée, peut être assimilée à celle du chlore sur le gaz ammoniac. Ce moyen pourrait être utile non pas dans l’analyse quantitative, mais bien pour reconnaître un cyaniferrure. Il ne serait peutêtre pas non plus impossible qu’il se formât dans cette réaction des corps particuliers, mais j’insiste surtout sur cette élimination d’azote qui se fait même à froid.
Ici se bornent mes recherches sur les cyanures doubles dans lesquels le fer entre à un état si singulier. Je terminerai ce travail par les expériences que j’ai tentées sur les cupro-cyanures.
ETUDE DES CUPROCYANURES,
Cniirocyauure tic Potassium.
Nous avons vu le proto-cyanure de fer se combiner avec le cyanure de potassium et donner un cyanure double cristallisable. Le fer n’est pas le seul métal qui jouisse de cette propriété. On a signalé des platino-cyanures, des argento-cyanures, des cupro-cyanures et autres. Les chimistes se sont en général fort peu occupés de ces différentes classes de sels, il y a tout lieu de croire pourtant qu’elles présenteraient autant d’intérêt que la série des cyanures doubles de fer et de potassium.
Les cupro-cyanures offrent la plus grande analogie avec les ferrocyanures quant à leurs propriétés. Ainsi le cuivre est insensible aux réactifs ordinaires comme l’était le fer, et il faut détruire le composé pour en découvrir la présence.
La cupro-cyanure de potassium précipite encore les solutions métalliques de différentes manières, et, pour en citer quelques exemples, le cuivre l’est en vert, le fer en jaune rouille, etc., et dans ces composés nouveaux le potassium est remplacé par le métal.
Malgré cette grande analogie de propriétés, il ne faut pas en conclure que les cupro-cyanures aient une composition identique avec celle des ferrocyanures, et nous verrons tout à l’heure qu’elle en diffère.
Parmi les chimistes Jqui se sont occupés de ces cyanures doubles, il faut nommer L. Gucclin, après lui Itner et les Anglais Rodgers. Tous ils ont préparé le cupro-cyanure de potassium avec le cyanure de cette base et de l’hydrate de cuivre. J’ai rejeté cette méthode comme compliquant le produit de cyanate, apporté par le cyanure, ainsi que de différents sels se décomposant facilement en produits ammonia-
eaux. Tous ces corps rendent la préparation du cupro-cyanure d’autant plus difficile et sa composition plus variable.
Voici le moyen que je propose : On prend un sel de cuivre pur, et rien aujourd’hui n’est aussi facile, car le commerce nous offre du cuivre galvano-plastique qui est aussi pur qu’on peut le désirer. On convertit le métal en sulfate ou en chlorure, puis en hydrate d’oxide de cuivre au moyen d’un alcali caustique. Par le lavage on enlève tous le sel alcalin, de manière â n’avoir plus que l’oxide de cuivre hydraté. Cet oxide mis, avec un excès de potasse, reçoit un courant d’acide cyanhydrique jusqu’à ce qu’il soit dissout, et la liqueur est décolorée en totalité. Si l’on a soin de ne pas élever la température, on obtient un sel parfaitement blanc, d’une composition constante, et dont la cristallisation varie suivant le degré de concentration des liqueurs. On voit que la méthode que j’ai proposée ici n’est autre que celle que Kuhlmann employait à la préparation du cyanoferrure de potassium.
L’analyse du cupro-cyanure de potassium m’a donné les nombres :
Équivalent.
Théorie.
Expérience.
Az-, .
Cu 2 , .
i ces nombres on déduit
la formule
Cu 2 Cy, K Cy.
Je remarque ici que de la plupart des chimistes qui se sont occupés de la question, aucun n’est arrivé au même résultat que celu 1 que je consigne ici.
Quelques-uns ont été amenés à des conclusions différentes sur la
composition du cupro-cyanure de potassium, conclusions que je m’explique très bien en examinant leur mode de préparation.
D’autres se sont bornés à décrire des méthodes défectueuses pour obtenir ce sel, et à donner les propriétés du corps dont ils n’ont pas fait l’analyse.
Le sel que j’ai étudié est blanc, anhydre, soluble dans l’eau, mais en petite proportion ; si on la fait cristalliser dans le liquide il s’hydrate. Chauffé il se décompose à une température assez élevée, fond d’abord, puis répand une odeur prussique, prend une couleur brune et finit par se décomposer. Lorsqu’on jette quelques cristaux de ce sel dans l’eau il perd sa transparence, le liquide surnageant possède la propriété de précipiter la solution métallique comme nous l’avons dit. Le sel opaque finit par se dissoudre si on élève la température, et cristallise par le refroidissement. L’action des acides et des alcalis est la même que sur les cyanoferrures.de potassium.
J’ai voulu compléter l’étude des cuprocyanures par celle d’un des précipités qu’ils peuvent former, et j’ai analysé celui que le cuprocyanure d’ammonium forme avec un sel de cuivre.
Cu|>rocyanure de enivre ammoniacal.
Aussitôt que les deux liqueurs sont en présence le précipité apparaît. Jaune d’abord il passe insensiblement au vert; mais une chose remarquable c’est qu’il y a en même temps dégagement de cyanogène. Aucun des précipités que j’ai pu former ne m’ayant conduit à un pareil résultat, j’ai dû m’en étonner tout d’abord et faire l’analyse du sel, pour me rendre compte du mode de décomposition du cuprocyanure.
Le précipité a été recueilli sur le filtre et lavé à la manière ordinaire. puis desséché dans le vide. Par les alcalis fixes il dégageait de l’ammoniaque et se décomposait par les acides à la manière des cyanures doubles insolubles.
L’analyse que j’en ai faite m’a conduit aux nombres
Équivalent. Théorie. Expérience.
Cu",
Az' 1 ,
De ces nombres j’ai déduit la formule
2 (Cu 2 Cy), Cu Az H» Cy, IIO.
Il nous reste maintenant à expliquer par les équations chimiques la décomposition du cuprocyanure d’ammonium, le dégagement de cyanogène et la formation du composé dont nous venons d’indiquer la formule. Nous supposons au sel d’ammonium la même composition qu’au sel de potassium, ils doivent être identiques, s’ils en diffèrent ce ne peut être que par les équivalents d’eau qui n’interviennent pas dans la réaction, et nous n’avons pas cru devoir en faire l’analyse. En supposant donc l’identité de composition la réaction s’explique facilement :
2 (Cu 2 Cy, Az H* Cy) + Cu O S0‘, aq.
= 2 (Cu 2 Cy), Cu Az H* Cy, HO,
+ Az IP O, S(P,
+ Cy.
Telles sont les considérations que j’avais à présenter sur les cuprocyanurés. Je regrette que le temps et les circonstances ne m’aient pas'pcrmis de pousser plus loin des recherches qui auraient pu offrir de l’intérêt; je regrette surtout de ne pouvoir donner ici l’analyse et les propriétés d’un corps nouveau obtenu dans une des réactions que j’ai indiqué et qui, selon toutes les apparences, se rapproche de
la composition des alcalis végétaux azotés. Si un jour je parviens à le produire plus abondamment, je me réserve de le faire connaître.
Récapitulons les faits nouveaux de ce travail, qui en sont la partie essentielle, et présentons-les sous forme d’un résumé succinct.
i° J’ai fait connaître quelques êombinaisons de l’ammoniaque avec certains cyanoferrures, qui sont deux cyanures doubles de fer et de cuivre contenant une proportion différente d’ammoniaque; j’ai dit que certains autres métaux étaient susceptibles de former des sels analogues. Je me suis aussi arrêté au bleu de Prusse pour faire connaître une combinaison de ce corps avec le gaz alcalin. Yoici la composition de ces sels :
é I. Fe Gy, 2 Gu Cy, 2 Az H 3 , HO.