ST OR ETE
OS qui a supprimé la plus grande partie des annexes et qui ne trouve pas à se faire jour au dehors. Sous l'influence de la congestion menstruelle, au niveau des débris ovariens, ilse fait dans les follicules de de Graaf ou les microkystes préexistants, de vérilables apoplexies sanguines plus où moins abondantes qui, s’accumulant tous les mois, finissent par aboutir à des kystes de volume considérable, tels ceux rapportés par M. DARTIGUES, tel celui de M. J.-L. FAURE, qui avait les dimensions d’une tête d’adulte.
Et cette pathogénie est très plausible, car elle a pour elle des raisons d'ordre clinique et d’ordre anatomio-pathologique. |
L'observation clinique, nous a en effet montré, en rapport avec le développement de ces cysthémato-. mes post-opératoires, des symptômes congestifs absolument analogues à ceux qui accompagnent la menstruation normale ; semblables à ceux qui troublentpériodiquement beaucoup de femmes castrées. Or tous ces symptômes trahissent l’afflux sanguin, la montée, la crue sanguine qui cherche une issue et qui ne la trouvant pas au niveau d'organes absents, se répand en partie dans le stroma et le tissu cellulaire des reliquats organiques, et dans des cavités progressivement extensibles.
: En même temps que ces phénomènes de coñgestion se manifestent, il se produit parallèlement une augmentation de volume périodique dans les kystes. déjà formés. |
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La périodicité des signes fonctionnels et la périodicité des signes physiques, vont donc de pair: c’est là un précieux argument pour notre explica- tion pathogénique. ie
Cette pathogénie avait été pressentie par Bœckel
de Strasbourg, qui en avait donné une semblable à propos des kystes de l'ovaire, qu'il appelle « kystes ménorragiques » dont il avait observé un cas très curieux, mais dans lequel les ovaires n'avaient subi aucune opération antérieure. IN ous citons textuellement l'explication de BŒCkEL qui vient étayer la nôtre, ainsi que l’on peut s’en rendre compte :
«Il adüexister quelques lésions primitives inflammatoires de l'ovaire et de la trompe. Cette première lésion étant donnée, les follicules re pouvaient plus
s'ouvrir dans la trompe et leur contenu a dû se
déverser dans le sac de nouvelle formation. De là, ces augmentations brusques de volume constatées chez la malade à chaque époque menstruelle.
À ce moment le tissu de l’ovaire n’existe plus en apparence ; sa structure est méconnaissable ; la
glande est applaie, fondue dans les parois de la.
tumeur et cependant elle continue à fonctionner. La fonction de l'ovaire est tellement persistante, tellement vivace qu’elle survit en quelque sorte à l’organe lui-même où plutôt chaque parcelle de la glande, quoique dissociée des parties voisines con: tinue à secréter des ovules. Cette circonstance donne
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à ces kystes ovariques des caractères propres {rès
importants. Je propose de les distinguer sous le
nom de kystes ménorragiques. »
On voit dans l'observation de BŒCKEL, que bien qu’il n’y ait pas eu d’exérèse des ovaires par une opération antérieure, le processus pathologique a pour ainsi dire castré partiellement la malade,
et oblitéré les voies d’issue du molimen menstruel.
D'ailleurs, ne pouvons-nous pas considérer comme castrées spontanément les femmes qui ont des lésions bi-annexielles considérables, et qui, n’émettent de sang menstruel au dehors de la vulve que celui qui provient de la muqueuse utérine Congestionnée sympathiquement ? C’est du reste pour cela que nous trouvons si souvent chez elles des formations kystiques au cours des laparotomies.
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L'observation anatomo-pathologique, fournit à
l'appui de notre thèse pathogénique des arguments tirés de l'examen macroscopique, biopsique puisqu’il fut pratiqué sur le vivant au cours de l’opération, et des arguments tirés de l'examen microscopique.
L'examen macroscopique a fait constater que Île contenu de ces kystes était bien du sang, avait une couleur plus ou moins vive: parfois roussâtre, rouge Bourgogne ; ou bien était formé par des caillots noirâtres semblables à du raisiné, ou couleur
marron, semblable à la bouillie avec grumeaux qu’on
voit dans certains hématomètres.
L'examen pour ainsi dire biopsique au cours de l'opération pour cysthématomes a montré de plus, . que les parois kystiques, si elles étaient extrèmement minces, parfois pelliculaires, comme celui décrit par M. DARTIGUES, étaient en certains points adhérentes aux parties voisines, suffisamment “épaisses pour qu'on y puisse supposer le stromaovarien distendu.
Qu'on lise d'ailleurs les observations et l’on se Le convaincra que le processus anatomo-pathologique de formation de cysthématomes au niveau même d'un fragment d'ovaire est indéniable, puisque dans plusieurs observations, cet ovaire avait été en partie réséqué peu de temps auparavant dans une première opération conservatrice. Qu'on lise également celle de M. J.-FAURE et l’on verra qu’il a constaté indubit tablement un morceau d'ovaire greffé sur un pédicule utéro-ovarien en contact avec un énorme kyste hématique. De même notre troisième observation personnelle. :
. Nous pensons aussi qu’on peut tirer un argument de valeur dans ce fait, observé sur une malade, de trois cysthématomes à côté d'un petit hydrosalpinx. Dans les débris de la trompe s'était accumulé du liquide séreux très clair ; dans les débris ovariens | s'était accumulé du liquide hémorragique avec caillots. C’est qu’en effet,il y a plus de raison pour que l'apoplexie sanguine se passe au sein des débris de l'ovaire, siège principal de la menstruation,
Chez cette malade, des quatre tumeurs kystiques rencontrées et extraites, deux kystes semblent s'être développés au dépens de débris ovariens laissés par la précédente opération, qui avait dû nécessai-
rement être incomplète, entreprise seulement en
vue d'évacuer du pus. D'autre part, depuis la castration utérine faite cinq ans auparavant, à chaque époque correspondant aux anciennes règles suppri* mées, la malade présentait des phénomènes pério= diques douloureux durant six à huit jours, après quoi tout rentrait dans l’ordre. Do
Chez la malade de notre première observation
personnelle, cette femme sentait une gène, un gonflement se produisait dans son côté qui devenait tendu, à un tel point que toute pression, même - douce lui paraissait intolérable.
D'après cela on peut être autorisé à penser qu'à chaque fluxion menstruelle correspondait un épanchement sanguin dans des kystes d’abord fort petits, mais qui sont arrivés au considérable volume signalé ; il est donc de toute évidence que leur
contenu s’est accru par des apoplexies sanguines
successives.
Dans l'observation de M. J.-L. FAURE,nous voyons que chez la malade qui eut plus tard un énorme cysthématome, ce chirurgien avait dans une première laparotomie, opéré un kyste séreux intra-
ligamentaire durant l’évolution duquel la malade
avait eu une absence de règles de huit mois.
Il est à remarquer du reste, que bien des femmes atteintes de kystes ovariques banals, voyaient leurs k règles se supprimer un temps plus ou moins long : cela peut même être un signe diflérentiel assez | important quand on hésite entre un kyste de l'ovaire : et un fibrome de l'utérus. Il faut donc penser que dans les faits de cet ordre, il Ÿ a plus ;qu'une coïncidence et qu il se fait , pourrait-on dire, une balance ‘hémostatique : le sang des règles est arrêté, il y a une suspension menstruelle pendant que simultanément s’accumule de la sérosité dans un kyste “ovarique ou ligamentaire en formation. Du reste, combien de collections séreuses diverses sont hématiques au début ; combien de kystes séreux sont des kystes sanguins ayant déposé et s'étant : a pour ainsi dire clarifiés parle temps. Dans combien retrouverait-on de la globuline, de Ja fibrine si on le
recherchait systématiquement.
L'examen microscopique a été rarément fait. os l'observation de Bæckel le processus pathogénique est bien mis en évidence : « Du côté du kyste tourné vers l'utérus, on aperçoit un caillot de sang mou récent, faisant saillie dans l'intérieur du kyste à travers un follicule de de Graaf rompu; il a la grosseur d'une petite noisette et s’est formé sans
doute pendant la dernière menstruation qui a eu lieu cinq jours avant la mort ; il indique que le stroma de l'ovaire, qui n'est pas reconnaissablé à la vue, n’a pas cessé de fonctionner. D’ailleurs, en prenant de petites parcelles des parois du
kyste et en les portant sous le microscope, on y voyait de nombreux ovules à différents degrès ‘de développement. M. ViLLEMIN à bien voulu m’assister dans ces recherches et s’est assuré de la présence