TRAITEMENT
En parcourant les différentes observations que nous rapportons, on voit que divers modes de traitement ont été préconisés.
Ën 1891, M. le professeur Le DENTU conseille pour l'évacuation de ces productions kystiques tubaires,
l'évacuation par dilatation utérine, TERRILLON fit une fois la ponction trans-pariéto-abdominale d’un
gros kyste gauche, et une autre fois la ponction trans-vaginale postérieure d’un gros kyste droit. TERRILLON craignait la purulence de ces kystes et, en 1891, ia laparotomie était loin d’être arrivée à la perfection d'aujourd'hui. |
Dans un autre cas, RICHELOT fit une hystérectomie vaginale secondaire qui avacua de multiples kystes sanguins.
Dans tous les autres cas, on pratiqua par la laparotomie itérative, soit à l’hystérectomie abdominale totale, soit subtotale.
M. J.-L. FAURE, devant l’extirpation impossible des parois kystiques, dut se borner à une marsupialisation de la poche avec drainage à la MiIKULICZ.
Voici la marche thérapeutique à suivre, selon nous, en règle générale. On décidera d'intervenir
chirurgicalement le plus tôt possible quand le diagnostic du cysthématome menstruel aura été posé : la périodicité des symptômes fonctionnels, la présence d’une tumeur à augmentations brusques men- . suelles et la notion d'une opération antérieure sur les annexes suffiront à l'établir : il faudra opérer le plus tôt possible à cause des complications à craindre; suppuration, rupture, et surtout à cause des adhérences intestinales et épiploïques, tellement | multipliées, tellément denses, tellement serrées, qu'il en résulte un fouillis inextricable,rendant l'opération singulièrement et d'autant plus périlleuse qu’elle sera retardée. Dans un cas la nappe épiploique toute entière doublaït le péritoine pariétal avec lequel elle faisait absolument corps, et les anses intestinales coalescentes formaient un véritable bloc, qu’il fallut dissocier avec extrème prudence pour ‘arriver jusqu'aux kystes. Il arrivera souvent d’être obligé de fortifier par de petits surjets au catgut, J'intestin qui pourrait être dénudé en plusieurs endroits. :
Il faut s’efforcer d’extirper toute la poche kystique et tous les débris, si l’on veut éviter qu'une récidive se produise dans quelques reliquats, si l’on ne peut y arriver, la marsupialisation comme l'a pratiqué M. J.-L. FAURE est excellente, parce qu'elle extériorise le kyste en partie, permet un large drainage et offre le moins de danger.
Au moment de l'ouverture abdominale, il faut redoubler de précautions, parce que dans les lapa-
D D) ee
rotomies itératives, on risque de blesser l'intestin, souvent adhérent à la face profonde de la cicatrice. . Il n’est pas inutile, d’ailleurs, de reséquer dès le. début cette cicatrice pour avoir une meilleure et plus linéaire réunion pariétale. |
- La laparotomie est l'opération indiquée le plus souvent pour ces cysthématomes, surtout lorsqu'ils évoluent vers la grande cavité abdominale; mais, si l'on a affaire à un kyste volumineux dont l'évolution est surtout pelvienne, bombant dans un des euls-de-sac du vagin, et que l’on soupçonne audessus, l'existence d’un dôme adhérentiel très solide et difficile à dissocier, on pourra se conténter : avec un résultat tout à fait satisfaisant d’ailleurs, : d'une colpotomie latérale ou postérieure, qui n’offrira, pour ainsi dire pas de risques, et qui permettra un drainage en partie déclive, que l’on poursuivra jusqu’à rétraction et oblitération totale de la poche.
.. À la rigueur même, cette dernière intervention n'exigerait pas l’anesthésie générale.
Cette colpotomie, réservée à des cas particuliers, a été préconisée par M. DARTIGUES dans son travail sur «les cysthématomes menstruels post-opératoires » et c'est elle qu'a pratiqué, comme on le verra dans une de nos observations, M. le professeur SEGOND : |