INTRODUCTION
Nous ne voulons point ici infirmer, ni confirmer telle ou telle théorie, quant à la valeur de l’héliothérapie vis-à-vis de telle ou telle affection chirurgicale ou médicale, ni à la valeur plus ou moins grande de tels ou tels rayons : actiniques, lumineux ou calorifiques. Nous laisserons ce soin à d’autres plus qualifiés que nous.
Nous voulons simplement apporter notre faible contribution à cette importante et intéressante question de l’héliothérapie. en signalant les dangers, qui peuvent être la conséquence d’une absence ou d'une erreur de technique opératoire. Pour cela grâce à deux observations du docteur Lalesque (d'Arcachon) et à une troisième du professeur Carles (Bordeaux),nous aurons l’heureuse fortune de citer non plus de petits accidents d’un pronostic bénin, comme ceux signalés Jusqu'à ce jour, tel que : ervthème, mais d'un pronostic fâcheux, quant à l’évolution de la maladie.
Nous essaverons d’y apporter le remède; en démontrant la nécessité pour le bain de soleil d’une technique rigoureuse, qui
ne doit jamais être négligée.
Considérations générales
Dans Je récent et remarquable livre de M. le docteur F. Lalesque ! : « Arcachon ville de santé », on reléve un passage exposant mieux que nous ne saurions le faire, les idées générales et les faits de notre travail.
«En matière de technique héliotherapique on a proclamé des exagérations manifestes. Certains ont élevé ce « procédé à la hauteur d’une science complexe et difficile, apphcable seulement dans les milieux spéciaux ou dans des conditions si perfectionnées, qu'ils deviendraient l’apanage de quelques instituts construits ad hoc? », par exemple, certaines publications s’attachent à décrire : locaux, galeries, Hiterie comme à détailler des rites hors quoi la cure solaire ne serait qu'inanité ou danger. En fait, rien de tout cela n'est indispensable. De même que dans nos climats tempérés la cure d’air et de repos se poursuit sans ces aménagements dont se prévalent les sénaboria, de même la cure solairese peut pratiquer en tous lieux, d’abord parce que le soleil appartient à tous, qu’ensuite un peu partout, il distribue son action bienfaisante. Où qu'on fasse l’héliothérapie, quelque ingéniosité et une surveillance avertie suffisent à remplir toutes les indications techniques.
1. KF. Lalesque, Arcachon, ville de santé, Masson, édileur, Paris,
2, Mavet, Le trailement héliothérapique des luberculoses chirurgicales.
EE
C’est l’erreur de nombre de médecins, que de vouloir systématiser la cure quant à la durée, au nombre, et à la longueur des séances, quant à sa stricte application selon le mode dérivalif où cenlripèle.
Comme remarque justement d'Œlnitz ! «ces données pour précieuses qu'elles soient, ne peuvent s'appliquer à la générahité des cas... Accepter une pareille pratique serait faire abstraction complète de la variabilité morbide el réactionnelle des différents sujets soumis à la cure ».
Là, est la vérité; comme là aussi, se révèle la valeur du thérapeute dans cette appréciation des variabilités morbides el réactionnelles des divers sujets. La médecine malgré se récentes découvertes, loin d’être encore une science de précision mathématique, reste dans le domaine des conjectures. Vouloir la cadrer dans des formules algébriques équivaudrait à déclarer que fonctions organiques normales, ou troublées sont pareilles et invariables chez tous Jes humains ; manœuvrer avec de telles directives, c’est marcher à l’insuccès. Par son imprécision plus ou moins relative, la thérapeutique laisse au médecin une souplesse de manœuvres à laquelle bien souvent le malade doit, profit, et le médecin succès. S'il s'agit de cure solaire, ces considérations et ces données sont de toute première importance.
«Est-ce à dire qu’on puisse user des radiations lumineuses à sa guise, et sans méthode ? On ne saurait trop critiquer ceux qui (il s’en trouve encore) limitent leurs conseils et leur technique à ce simple vocable : « Mettez-vous au soleil, et vous guérirez », Conseil qui ne peut être basé que sur l'ignorance et le manque de confiance en la méthode. Pour s'être conformé à de pareilles indications j'ai vu de de véritables méfaits. »
Nous ne nous occuoerons ici que de méfaits résultant d’une héliolhérapie localisée. Si restreint que soit le sujet 1 prèlerair
encore à de longs développements. Qu'il nous suflise de nous
1. D'Œlnilz. Posologie de l'héliolhérapie marine, Rapport Coner. internal, Thalassothérapre, Cannes, 1914.
en tenir aux trois faits rapportés plus loin. Ils tirent leur intérêt, et de ce ce qu'ils sont inédits, et de ce qu'ils sont rares. Les effets locaux d'ordre pathologique que peut provoquer l’insolation localisée sont, le plus souvent, sans inconvénients et sans récidive, déclare Jaubert !.
On verra qu'il n’en fut pas ainsi ches les trois malades, dont les observations servent de base à notre travail.
1. Jaubert. La pratique héliothérapique, J.-B. Baillière et fils, Paris,