CHAPITRE III
ÉTIOLOGIE
De l'avis de tous les auteurs, les déchirures du bord interne de l'iris par contusion du globe oculaire, doi-. vent être considérées comme très rares. M. de Wecker, dans son immense pratique, paraît n’en avoir observé qu'un seul cas ; il dit, en effet, dans les quelques mots où il parle de cette affection : « Nous-même avons observé un malade, qui, à la suite d’un coup violent sur l'œil, avait une déchirure du sphincter de l'iris sans dilatation consécutive ». (Trailé des maladies des yeux, T. I, p. 246).
M. Yvert ajoute : « Nous n'avons pas été beaucoup plus h:ureux dans nos recherches, car sur un total d'environ dix à douze mille malades qui se sont présentés pendant les années 1875 et 1876 à la clinique du docteur Galezowski, nous n'avons pu en trouver que deux observations. » (Traité des blessures du globe de l'œil, p. 155).
Sur environ cinq cents opérations de traumatismes oculaires prises depuis le mois de janvier 1899, dans le
service de M. le professeur Gayet, nous n'avons pu relever
pa"
Ne
que quatre cas de ces déchirures; et, malgré nos recherches faites dans toute la littérature d’oculistique, nous n'avons pu en rassembler que trente-huit cas.
Mais toutes les ruptures du bord interne de l'iris ne sont peut-être pas diagnostiquéés. Certaines, en effet, peuvent être assez légères pour passer inaperçues ; n’intéressant qu'une partie du sphincter de l'iris, elles ne se manifesteront que par une déformation insignifiante de la pupille. L'interprètation de ce signe sera surtout difficile si l'examen est fait après instillation d'atropine et, particulièrement, comme nous le reverrons plus loin, si le malade est vu longtemps après son accident.
De l'étude des divers cas connus il semble résulter qu'un coup violent et brusque soit nécessaire pour produire cette lésion. Nous la voyons, en effet, survenir à la suite de coups de bâton, de coups de pierre, de coups de canne, de coups de poing, comme aussi à la suite d’une chûte sur un corps résistant et mousse tel que la poignée d'une serrure, le marche-pied d'un tramway, etc.
Nous l'avons vu survenir à la suite d'un coup de mêche de fouet. Mais, dans ce cas, n'est-ce pas plutôt le bout de la lanière ou même le nœud de la corde, que les charreliers font ordinairement au bout de leur fouet, qui a joué le rôle de corps contondant? Elles pourront encore être produites par des morceaux de bois ou des fragments métalliques lancés avec une certaine vitesse.
Ce sera donc, le plus souvent, chez des ouvriers que nous les observerons, et aussi à la suite de rixes. Est-il donc élonnant qu'elles se rencontrent à peu près constamment chez des hommes? Un seul cas appartient à une femme.
Elles ont été observées à des âges très différents, et leur plus grande fréquence constatée entre quinze et trentecinq ans ne doit dépendre, il nous semble, que du genre de travaux auxquels se livrent les individus de cet âge. Certains auteurs ont vu cependant dans l’état de constitution de l'iris à certains âges une sorte de prédisposition aux déchirures. Nous nous permettrons de discuter celle opinion au chapitre de la pathogénie., De l’ensemble des cas connus, nous pouvons dès maintenant conclure qu'elles peuvent se rencontrer à tous les âges de la
vie,