OBSERVATION XXIV
Due à l’obligeance du docteur Aurand.
M.J. M.., 37 ans, quai des Etroits (Lyon), se présente à ma consultation le 20 octobre 1896. Quatre jours auparavant, s'élançant pour prendre un tramway, et celui-ci s’'arrêtant brusquement, le ialade tombe la tête en avant, probablement sur le bord du marche-pied. Le traumatisme a porté sur le dos du nez à un centimètre au-dessous de la racine du nez, puis sur l’arcade sourcilière, la joue droite, et probablement aussi sur l’œil droit. L'accident est immédiatement suivi de la perte de la vision de l'œil droit avec énorme ecchymose palpébrale et épistaxis abondante.
Actuellement, on constate une ecchymose de la région orbitopalpébrale droite, s'étendant sur le nez et sur le versant opposé du nez. Excoriation sur le dos du nez avec douleur à la pression et mobilité légère des os du nez. La conjonctive n’est plus ecchymotique. La chambre antérieure, qui était, au dire de la femme du malade, complètement remplie de sang, n’en contient plus qu’un petit onglet à sa partie inférieure. Ce caillot sanguin se prolonge nettement jusque dans la chambre postérieure sous forme d'un filament rougeâtre passant comme un pont au dessus du bord pupillaire inférieur. La pupille droite est moyennement dilatée, par rapport à celle de l'œil sain; mais sa forme est elliptique, le grand axe de l’ellipse étant dirigé obliquement de bas en hautet de dehors en dedans. Les dimensions sont 6 millimètres dans le petit axe. La pupille estimmobile, ne réagissant ni à la lumière nià l’accommodation. In’'y a pas de modification de couleur de l'iris dans les régions non couvertes par le sang. Pas de synéchies postérieures, même à un examen très minutieux à la loupe et à l'éclairage oblique. Enfin le malade affirme n’avoir jamais instillé aucun collyre dans son œil.
28 octobre 1896. — Huit jours après, l’hyphœma a disparu ; mais la dilatation elliptique de la pupille persiste. La réaction pupillaire à la lumière a disparu, mais la réaction pupillaire à l’accommodation