OBSERVATION VIII (PERSONNELLE
F. A..., 52 ans, garçon de magasin,
Hérédité paternelle et materuelle : père nerveux, mort d'une affection pulmonaire, mère débile,
levé au sein par sa mère, a marché et parlé de bonne heure. Intellizgence normale, a eu son certificat d’études à 12 ans. En-
voyé aux bataillons d'Afrique, on ne sait pour quelle raison, il
y a contracté les fièvres palustres et des habitudes d’intempérance.
Le début de la maladie remonte à 1896. Travaillent à cette époque comme garçon de magasin à Paris, B... qui jusque-là avait toujours été gai, plein de bonne humeur, était devenu triste, insociable, ne paraissant se plaire que dans l'isolement.
En même temps il se mettait à boire beaucoup, absorbant de nombreuses absinthes par jour.
Get état mental s'aggrave durant le cours des années suivantes, eten 1904 il présente un état de dépression générale avec idées de persécution et hallucinations multiples en même temps qu'apparaissent chez lui les stigmates de l'alcoolisme chronique (crampes nocturnes dans les mollets, vomissements, pituites matutinales, cauchemars, céphalée). Sombre, ne sortant pas de chez lui, refusant de travailler et même de se lever, nourri par sa mère, le malade passe par des phases d’excitation extrêmement vives, provoquées, semble-t-il, par des hallucinations de l’ouie.
1l croit entendre des gens l’injurier, le traîter de paresseux.
Ses sentiments affectifs ont disparu. Il injurie sa mère, et dans le cours de ses périodes d’excitation, la frappe et la menace de mort. Ce qui fait que cette dernière, craignant pour sa vie, lefait interner à Vaucluse le 23 juillet 1904.
A son entrée à l'asile, B... présente du tremblement de la langue et des mains, de l’hyperhydrose, de la glycosurie alimen2 taire.
Très came, il reconnaît avoir eu des hallucinations de la vue, consistant en visions d'animaux horribles. Toujours très halluciné de l'ouïe il entend des gens qui lui crient des injures, mais
les subit passivement,
Sous l'influence, du régime lacté, ces symptômes s’amendent et il sort le 31 septembre 1904 en apparence guéri. 6
N'ayant pu trouver du travail, il se remet à boire et le voilà de nouveau très déprimé, persécuté et halluciné de tous les sens. Il présente un délire systématisé de persécution constitué par des idées de persécution et des hallucinations de l’ouïe, de la vue, de la sensibilité générale.
Ses persécuteurs sont les Juifs, qui le tracassent depuis longtemps. Il les connaît et il en nomme quelques-uns tous syphilitiques et pédérastes ! Il les a vus séquestrer les membres du gouvernement et violer la fille du concierge. Ils agissent contre lui envoyant un fluide froid qui le glace, et en l’insultant. Il les entend jour et nuit. Ce delire est très actif et provoque des réactions violentes de la part du malade qui se dispuste avec ses voix.
Interné, le dix-septième jour de son infernement il tente de s'évader. Arrêté dans le parc de l’Asile il déclare que son es sion a été causée par des voix qui lui ont conseillé de partir et donné l’ordre d'aller se noyer.
Maintenu en quartier fermé, il s’évade encore de nouveau un ah après. Repris dans le cours des années suivantes, il demeure toujours persécuté systématique, très halluciné. Son système est demeuré indentique dans sa formule, Ce sont des Juifs qui lui parlent de pédérastie, lui débitent des cochonneries, lui envoient un fluide froid.
Ce délire actif ne trouble en rienlalucidité du malade qui ral vaille et s'occupe utilement au quartier.
En 1909, et dans le cours des années suivantes, le nombre des idées délirantes a considérablement diminué, les hallucinations
ont disparu ainsi que les réactions,
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