‹ Des délits et des peinesChapitre 7 sur 82 · PRÉFACE DE BECCARIA · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE BECCARIA

Cette préface, qui n'a peul-ôtre pas été assez remarquée, est très-importante. L'auteur y pose, en termes simples et précis^ la véritable base de son livre, le fondement du droit pénal. Nous croyons devoir placer ici le texte môme des deux passages où le principe est établi :

La giuslizia umana o siâ politica, non essendo che una « relazione fra l'azione e lo stato vario délia societâ, pu6 « variare a misura che diventa necessaria o utile alla soa cietâ queir azione, ne ben si discerne se non da chi ana- « lizzi i complicati e mutabilissimi rapporti délie civili

« combinazioni Spetta a' teologi lo stabilire i confiai

« del giuslo e deir ingiusto per ciô che risguarda l'intrin- « seca malizia o bon ta deir alto ; lo stabilire i rapporti del « giusto e deir ingiusto politico, cioé deir utile o del danno tt délia societâ, spetta al publicista. »

Il résulte de ces paroles si nettes et si claires que le fondement du droit pénal, suivant l'auteur, est Tintérôt général de la société, que sa source est le droit de conservation de Tordre social, qu'il faut en mesurer les formes et les dispositions d'après l'état variable des mœurs et des institutions humaines, que sa mission enfin est une mission de conservation de l'ordre externe et non une sanction de l'ordre interne ou de la morale. Cette grande distinction, qui a servi de point de départ, d'une part à Feuerbach et à Bentham, et d'autre part, dans une certaine mesure, môme aux.publicistes qui ont suivi l'école de Kant, trouvera son complément plus loin : l'auteur déclare, en effet, dans le chapitre 25, qu'il ne sépare pas les lois pénales de la loi morale, et dans le chapitre 22, que cette union de la morale et de la loi politique est la seule condition de la sûreté et de la paix. Nous avons au surplus essayé de mettre en relief cette remarquable doctrine dans l'introduction qui est en tôte de ce livre.

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