‹ Des Œdèmes Vaso-Moteurs à la FaceChapitre 19 sur 23 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Mais il en est un autre qui présente un intérêt beaucoup plus considérable, en ce sens qu'il nous ramène à la pathologie générale et à la pathogénie de notre affection. Il semblerait, d’après ce qui précède, que nous insislions davantage maintenant sur l’'œdème lymphatique, alors que nous n'en avons parlé d’une façon quelque peu suivie qu'au chapitre consacré au rhumatisme et à la syphilis. C’est qu'en effet, à la bien considérer, cette expression d'œdème lymphatique ne signifie pas grand’chose par elle-même. Il serait en effet possible de prétendre que tous les œdèmes sont lymphatiques si l'on veut bien admettre, que l'ædème n'est qu'une collection pathologique de produits d’origine sanguine plus ou moins directe où les éléments figurés sont en quantité très variable, amenés dans les voies lymphatiques ou les interstices des tissus par des obstacles mécaniques, des phénomènes inflammatoires ou des troubles vaso-moteurs,

Poe

C'est donc le passage à l’état chronique de ces derniers seuls que nous allons envisager. C'est, croyonsnous, Riehl le premier qui ait signalé le fait à la face. Il constate avec surprise, à propos d'une observation que nous avons précédemment rapportée, qu'une de ses malades conservait, après chaque poussée œdémateuse, un épaississement plus considérable de la peau. C’est encore à propos de la face que M. Hallopeau disait à la Société Française de Dermatologie en 1893 : « L'urticaire peut laisser à sa suite une tuméfaction œdémateuse généralisée du tégument externe, cette tuméfaction peut devenir persistante et rappeler, par sa dureté el par sa résistance à la pression du doigt, celle du myxœdème, dont elle diffère par l'absence d'aspect porcelainé, de sécheresse et de rugosité de la peau, ainsi que par l'intégrité des fonctions psychiques. » Mais le fait était connu depuis longtemps dans les maladies nerveuses. Si nous n'avons pu en retrouver des exemples à la face, cela tient d’une part à ce’que l'œdème facial, comme nous l’avons vu, est rare dans ces affections et, d'autre part, à ce que son passage à l'état chronique exige les conditions particuhères qui ont été précédemment signalées. En outre, sans rien anticiper sur un diagnostic qui nous occupera plus loin, il faudrait peut-être analyser ces innombrables observations de myxœdème qui ont été publiées dans ces quinze dernières années et voir si l’on n’a pas fait trop aisément des crétins, d'individus présentant des troubles psychiques imputables à de l’hystérie ou à de l'épilepsie accompagnant une bouffissure chronique de la face, dépendant de ces névroses.

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