‹ Des Œdèmes Vaso-Moteurs à la FaceChapitre 6 sur 23 · ST RE · texte numérisé non relu

ST RE

seur TrissiEr possède des observations analogues. Banks vit apparaître l’œdème chez sa malade après une attaque d'influenza, alors que d’autres l’ont vu survenir après la coqueluche ou la rougeole, frapper les joues, le nez, les mains, persister pendant des temps très variables, apparaitre puis disparaître pour ne plus revenir, ou présenter encore des rechutes avant d’abandonner définitivement le malade. Tantôt ce sont des émotions vives, des affections ovariennes, surtout la menstrualion qui ont été les causes dont nous parlions. « Pendantla période menstruelle, certaines femmes pâlissent, tandis que d’autres ont une apparence un peu plus floride. Elle a donc une influence considérable sur la vaso-motricité et cette influence peut aller jusqu’à la production de l’œdème. J’ar observé une femme qui, au moment de ses règles, présentail une bouffissure considérable de la face. ('élail une nerveuse el une arthrilique. J'insiste sur ce point. L’arthrilisme est une cause prédisposante de ces œdèmes importante à noter. La plupart des sujets qui présentent des œdèmes nerveux sont des arthritiques, des rhumatisants, surtout ce sont des hérédilaires de goulleux. » (Potain, CL. Charité, 1897.)

L'étude de ces æœdèmes fera l’objet du chapitre sui vant.

Pour résumer les quelques lignes qui précèdent nous dirons que l’ædème en général, celui de la face en particulier, peut atteindre un sujet névropathe, comme maméfestation exclusivement nerveuse. Nous ajouterons qu'il présente alors des caractères aigus, souvent intermittents, qu'il apparaît d’une manière

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purement individuelle, sans lésion d'aucun des organes habituellement producteurs d’æœdème, tels que le cœur, le rein, le poumon.

L'observation suivante due à WassiLiEr en est un exemple à la face, manifestement provoqué par un trouble de l’innervation vasculaire, qui de cette région s'est étendu aux vaisseaux cérébraux, produisant à des degrés variables le syndrome de compressions partielles, partant de la céphalée pour aboutir à la vérita-

ble épilepsie jacksonienne.

Observation I. — Un cas d'œdème intermittent de la face compliqué d'épilepsie jacksonienne, 1896. M. F.-V. Wassilief.

Jeune Cosaque d’une bonne santé habituelle, mais ayant souffert de quelques accès palustres et issu de souche névropathique avait été la victime de deux accidents, IL était tombé sous une roue de voiture et avait ensuite failli se noyer sous la glace d'une rivière qu'il traversait. Apparemment il n’en était rien résulté. Quelques mois après, sans cause aucune, il voit sa face s’œdèmatier et ressent en même temps de violents maux de tête. L'œdème et la céphalée se maintiennent quelques jours et disparaissent. Or, un mois après, en pleine santé, nouvel accès qui, lui aussi, guérit. A cette époque, le Cosaque est forcé de changer de régiment et de ce fait abandonne sa famille ; il en éprouve un chagrin profond et parallèlement les crises d'œdème se multiplient, les intervalles se rapprochent si bien, qu’à la fin le malade ne reste plus qu’un ou deux jours bien portant, Chaque fois le cycle de l’œdème, depuis l'instant de son apparition jusqu'à celui de sa disparition, était de six jours environ. C'est à ce moment qu'ilentre à l'hôpital militaire. A l'examen on constate un œdème dur de toute la face, boursouflant les joues et les paupières jusqu’à produire l’occlusion complète des yeux. Il n’y a localement

ni douleur ni anesthésie; d'autre part, l’état général est bon. 1

n'y a aucun phénomène du côté du cœur, des reins, des poumons; le sang est normal, de même l'appareil nerveux, réflexes, pupilles, etc. Cet œdème disparut en quatre jours sans laisser de traces et avec lui progressivement la céphalée. Mais deux jours après nouvel accès et ainsi de suite pendant plus d’un mois. À ce moment subitement l'apparition de l’ædème coïncide avec de graves phénomènes nerveux : dès le début de l'œdème, le malade tombe, perd connaissance, se trouve pris d'une véritable crise d'épilepsie jacksonienne, avec déviation de la face et des yeux, secousses toniques et cloniques des membres, paralysie partielle des bras, vomissements, etc, Les crises se produisirent à trois reprises et chaque fois cessèrent parallèlement à l'œdème.

Après la troisième, le malade se sentit mieux et, de fait, les accès d'ædème s'espacèrent, sans plus présenter de symptômes nerveux et en quelques mois le Cosaque sortait guéri. Le traitement avait surtout consisté en bromure.

Observation II. — ŒEdème épileptique, M. le professeur Teissier,

R... épileptique. Vingtet un ans. Entré au Perron le 17 septembre 1882. Pas d'antécédents héréditaires ou personnels. Depuis l'enfance, crises épileptiques, rares comme fréquence ; intelligence très faible se rapprochant de l'idiotisme. Dans le courant de septembre 1884, le malade est pris brusquement de fatigue généralisée, de brisements musculaires avec anasarque, bouffissure de la face et des paupières, œdème des membres, gardant mal l'empreinte du doigt.

Rien au cœur. Rien dans les urines.

Traitement : Poudre de Dover.

En huit jours, résolution complète; rien depuis,

Observation III. — Lacker (traduite). UEdème de la face après sommeil hypnotique.

Pauline P., âgée de quarante-cinq ans est une femme grande et élancée. Son teint est pâle, sa mine souffrante, son regard et sa

voix trahissent déjà un tempérament très nerveux. N'a jamais été malade sauf deux attaques de rhumatisme articulaire aigu.

Les règles ont disparu depuis janvier 1885.

Depuis 1870 elle est sujette à des crises qu'il faut croire être des crises épileptiques d'après la description qu'elle en denne. Après une courte sensation d'aura, elle pousse un cri, ne peut plus se tenir droite et tombe toujours à la renverse en perdant immédiatement connaissance. L'attaque dure en général quelques minutes et laisse apres elle un sentiment durable de lassitude, Ces attaques paraissent avoir été très fréquentes jadis jusqu’à deux à trois fois par semaine. Elles sont plus rares maintenan et disparaissent parfois pendant plusieurs mois. Si la malade a eu un sujet d'émotion, la fréquence des attaques augmente. Et elle a eu pas mal d'ennuis dans sa famille. Elle a perdu un frère, puis une sœur, qui est morte folle au Mexique parce qu'on l'avait séparée de son amant. Au reçu de la lettre qui contenait cette dernière nouvelle elle a perdu connaissance pendant assez longtemps. Le 28 janvier 1885, elle a perdu sa mère, Elle a tout je complexus symplomatique d'une neurasthénique, très impresionnable et mélancolique.

La mort de sa mère l’a si fortement secouée, qu'elle perdit même ses forces et se fit recevoir à l'hôpital où je la vis pour la première fois et où je la reconnus un excellent sujet pour des expériences que j'avais en vue.

J'endormis la malade en passant mes mains à plusieurs reprises du sommet de la (ête, en passant par les tempes jusqu'à la clavicule.

Elle s'endormit environ au bout de cinq minutes et le sommeil dans les cinq minutes qui suivirent devint de plus en plus profond. Au début du sommeil on la faisait tressaillir en lui adressant la parole, mais sans la réveiller. Plus tard apparut aux extrémités un tremblement à grandes oscillations.

Le pouls était fréquent et plein. Les réflexes tendineux exagérés.

Nouvelle expérience le lendemain. Hypnose en trois minutes. Je tentai d'amener alors la malade aux stades de somnambu-

lisme et de catalepsie, mais sans y parvenir. Rien de particulier ou d’extraordinaire à signaler.

Les deux fois on réveilla la malade en l'appelant par son nom et en la secouant légèrement. Elle se souvient à peine at ‘on lui ait parlé.

Je m'assis en face de la malade pour lui adresser quelques questions, et un de mes collègues ct moi nous aperçumes alors l'expression bizarre qu'avait la physionomie de notre sujet. Nous l’'examinâmes avec plus de soin et nous conclûmes à l'existence d'un œdème qui augmenta de plus en plus dans la demi-heure qui suivil. Il partait des paupières et s'étendait au-dessus des joues. Au bout d'une heure, lorsque l’œdème eut atteint son maximum, la malade avait au-dessous des yeux de véritables poches œdémateuses, /

Elle se sentit un peu fatiguée. La séance avait eu lieu à 5 heures, On put voir l'œdème de la face persister toute la soirée, mais le lendemain au réveil il avait disparu. Lorsque le sujet fut rendu attentif sur ce qu'il présentait à la face, il s’en rendit compte lui-même et affirma n'avoir jamais rien présenté de semblable.

Léger souffle systolique et rien autre à l'examen des organes.

L'auteur pose le diagnostic entre un trouble dont l'origine serait dans la circulation cérébrale et un trouble d'origine vaso-motrice. Il n’attache aucune espèce d'importance aux manœuvres qui ont servi à endormir la malade.

Widovitz qui cite ce cas dans les Archiv für Kindh. dans une étude consacrée spécialement aux œdèmes vaso-moteurs, le rattache nettement à ces derniers.

Observation IV. — (Ædème hystérique (in thèse Fabre)

Femme hystérique affirmée, OEdème de la peau, dur, peu

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