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ORDRE QUATRIEME

Des dents chez les Poissons.

Le système dentaire des poissons offre une trés

grande variété sous le rapport du nombre et de la disposition des parties qui le composent. Il est im possible, et heureusement il n’est pas nécessaire, d’assigner le nombre de ces parties. Ce qui importe davantage, cest de fixer leur position et leur forme.

Les poissons ont des dents sur tousles points ‘de la face interne de la bouche proprement dite et du pharynx, indépendamment de quelques autres productions de la peau du voisinageque M. Blainville, esttenté de considérer comme de véritables dents. Aussi, les a-t-on distinguées en inter-maxillaires mandibulaires, pa!atines , vomériennes, lingua'es, branchiales, pharyngiennes.

Mais il ne suffit pas de savoir d’une manière générale que les de:ts des poissons occupent tel ou tel point de l’entrée du canal alimentaire, il faut encore déterminer le mode spécial de leur implantation. Or, il ya dans les animaux qui nous occupent deux espèces de dents sous ce rapport: les unes , en effet, sont implantées dans des alvéoles particuliers ( Poissons osseux, Gnatodon'es de M. Blainville); les autres soit placées à distance des os, qui ne leur fouraissent pas de cavités. ( Tous les poissons vraiment cirlilagineux , excepté la scie. ) Lespremières sont parfaitement fines et immobiles, les secondes sont susceptibles de mobilité, d’érection et de relâchement, comme cela e:t évident chez le requin.

La circonstance de dents qui s’implantent dan

la membrane muqueuse sans rapport avec les os, est un fait heureux pour la théorie dans laquelle on représente les dents comme de simples productions de cette membrane tégumentaire.Certaines variétés que j'ai mentionnées précédemment, reproduisent cette espèce de dents chez l’homme, et révèlent Panalogie qui rapproche le des autres animaux même les plus inférieurs. |

Les dents despoissons varient plus encore s’il est possible, par leur forme, que sous les autres rapports. Les unes sont pointues, les autres sont largement aplaties, et pour cette raison appelées dents en pavé. Les dents pointues, et ce sont les plus nombreuses , sont tantôt à une seule pointe et tantôt à deux outrois, comme dans les squales roussettes ; ces dents sont dirigées en dedans et en ar rière, de manière à mieux retenir la proie, et à w’opposer aucun obstacle à la déglutition.

Les dents en pavé des ra'es sont aplaties ou légérement relevées au milieu; le plus souvent elles sont égales en surface ; dans d’autres cas, celles du milieu sont grandes et en forme de bandes transversales , tandis que les latérales sont en carreaux. Elles paraissent formées suivant Desmoulins , par un faisceau de petits tubes réunis au sommet par une couche commune d’émail. Dans un poisson, rapporté aux scares par Guvier, les dents forment dix ou douze rangées composées chacune de cinq ou six dents. ‘Toutes ces dents sont enclavées par une sorte de c'ment.

Les dents des poissons osseux, celles qui sont implantées dans des a!véoles , se soudent au bout d'un cer’ain temps avec le pourtour de Palvéole, quand elles ont achevé leur formation. D’après les recherches de Desmou'ins ; la base de la dent pharyngienne des Cyprins présente un trou qui joue un rôle important dans le mécanisme du remplacement de la dent; voici, suivant luï,ce qui se passe dans cette circonstance : le pédicule de la dent de remplacement se porte vers ce trou, et CO'Nme ce pédicule est d'autant plus élastique que la dent est plus avancée dans sa formation, on conçoit qu'il tire celle-ci vers la place de celle qu’elle doit occuper.

Toutes les dents alvéolaires des poissons se sondent sur le bord de leur alvéole au bout d’un certain temps, et après uu temps qui varie, elles sont remplacées par des dents nouvelles, suivant un mode qui n’est pas toujours parfaitement connu. Tantôt, comme le dit M. Blainville, le remplacement a leu à la place méme de la dent ‘tombée, à peu près comme duns les mammifères et reptiles ; d'autres fois, c’est à côté et d'une manière fort irrégu'ière, comme dans-les brochets par exemple. Enfin dans les raies, es squales el méme dans les poissons, dont les dents sont composées, comme les diodons , les tétraodons, les scares; ce sont de nouvel'es rangées de dents qui naissent au bord postérieur ou intérieur de la série des anciennes. Avec les données précédentes, il sera facile de dire, un poisson étant donné, quel est son genre de vie et

de nourriture. Les poissons armés de dents nombreuses, aigues et fo tement inclinées en arrière, comme le brochet, ou crénelées et tranchantes comme les requins et la plupart des squules, devront être placés au premier rang parmi les plus voraces, les plus carnassiers et les plus redoutables habitans des eaux. Ceux, au contraire, dont la bouche est seulement munie de dents simples et aplaties, comme la dorade et beaucoup d’eutres sparoides, ceux qui n’ont que des dents pharyngiennes, comme la carpe, devront être considérés comme lesmoins carnassiers de tous.Enfin on pourra assurer que les poissons auxquels on trouvera un appareil dentaire composé de ces dents compliquées, en forme de meules ou de pavés , que j'ai décrites et qui sont si bien di posées pour moudre ou écraser les substances dures, se nourrissent de coquillages, et qu'ils fréquentent les parages dans lesquels ces animaux abondent.

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