CINQUIÈME PÉR'ODE
D'Harvey à Bichat.
C’est dans cette longue période qu'on s’est occupé le plus de Panatomie des dents Les monographies qui ont été faites sur ce suj:l sont extrémement
nombreuses, mais la science ÿ asipeu gagné, les idées nouvelles y sont :i rar: s, que je serai forcé d’en passer sous.sileuce lumajeure partie, Je pe parlerai que des plus importaates, el je ne aolerai que ce qu'elles offrent de-plas saillint. ER INO 1 &/ 9
Spiegel a reconnu que les dents.sont plus solidement lixéesdans léurs alvéolesqu md les racines sont en forme de crochet. Scaliger: les-appelle.des os sui generis : nie qu'elles jouissent d’une.sensibilité. propre et il les comipare, sous ce rapport, aux on ules, Aerkriag les trouve lout à fait analogues.aux os àlen dit du, reste à peine quelques. mois. :: de déntibusnihildicam aliud, quannihilesse quod hic peculiariter sit commemorandum ! W est réellement extra rduiatreque cetauleur qui s'élatLogcupé avec tant de soin de l'ostéogénie, «tqui en à fait le premier ui traité complet généralemeit. estimé , ait cru devoir passer si lésérement sur umsujet de cette importance. | ft fs
Beckei- et Schræder n’ont guère dit que des absurdités sur Les dents; ils assure, par exemple, que celles qu’on arrache à un mort servent de préservatif contre les verins ( veneficia,). ,
Thomas Bartholin et Genga out fait mention d'une dent qu occupait tout le contour du bord alvéolaire, et le premier dit avoir vu un homme qui avait une det de fr ; il donne même quelques raisons futiles pour expliquer ce fait. Puisque jesuis sur ce sujet, je parlrai aussi de cette fameuse dent d'or dont des auteurs plus récens se’sont Lant occu=
pés, et au sujet de laquelle ils se sont épuisés en explicalions ridicules et en commeutaires puérils:
Ungebaur, qui s’est si justement moqué de la crédulité de ceux qui ont ajouté foi à ce conte ab- surde, croit pouvoir expliquer Perreur par ce qui arrive quelquefois aux ruminans, dont les dents prennent la couleur des plantes à sucs jaunes dont ils se nourrissent. On lit, dans une dissertation de Fulchius (Devacillat. et palirgenesi& dentium), que Rhumbaurnius à vu un enfant qui avait soidisant une dent d’or. On le montrait au public pour de largent et comme une rare curiosité.
Rhumbaumius ayant fait venir un orfèvre, lui fit prendre une parcelle de la dent et la lui fit analyser. L’orfcvre déclara que c'était bien réellement de lor. Cependant le lendemain Rhumbaumius examina de nouveau lenfant; mais il s’aperçut qu'il n’y avait plus aucune trace du petit emprunt qu’on avait fait la veille à la dent. 11 se douta alors d’une supercherie, et en effet, après avoir examiné avec plus de soin qu’il ne l'avait fait jusqu’alors, il vit un petit trou an niveau de la gencive: il y engagea la pointe d’un stylet, et parvint à détacher une lame d’or qui recouvrait une dent na-
turelle.
: Demerbroeck a parlé de dents ahssh vis au palais et dont la pointe lésait la langue, Par une erreur bien extraordinaire pour folk à laquelle il vivait, puisque déjà l'anatomie des dents était riche de tous lestrayaux dont nous venons de par-
ler, il a soutenu, lui, qu’elles ne se formaient qu'après la na ssance et du superflu des matériaux destinés à lossification générale; c’'estuncérreur cependant dont il n’estqu’’udirectement responsable; car on la trouve tout entière dans Hippocra'e. Enfin on lit dans Diemerbroeck des exemples curieux d'anomalies; il se cite lui-même pour une dent canine qu'il se fit arracher à un âge déjà avancé et qui pourtant à été remplacée par une autre. Il rapporte aussi avoir vu à Utrecht une femme de cinquante-six ans, qui avait recouvré deux incisives à la place de deux autres qu’elle avait perdues deux ans auparavant.
Gagliard croit que l'émail des dents est composé de fibres parallèles enduites d’un suc concrescible particulier, et qui acquiert une consistance beaucoup plus grande que celle des os. Ildit aussi être parvenu à produire des étincelles en frottant les dents entre elles, mais mieux avec de Pacier.
Fr dericus, dans une dissertation ayant pour titre : De dentium statu naturali et præ'er natural, a montré une grande érudition et a présenté une histoire assez complèce du système dentaire. Il débute par un long article sur l'importance «t la dignité des dents (lignitas dent'um . {l rapporte que dans certaines parties de lnde les dents étaient autrefois si estimées, qu’on les offrait en sacrifice aux divinités. Il dit aussi, d’après quelques historiens, que les anciens, voyant que les dents ne se corrompaient pas dans les sarcophages, pens lent
qu’elles servaient à la résurrection des corps. Plus Join il compare la dent à un grain renfermé dans un épi, et il appelle germ na'ion l’ensemble des phénomènes de la dentition : T'otus dens p'imüm inclusus est fo liculo seu membranû tenui ac pel= lucidä, non secùs ac granum in aristà.
rHdéricis dit encore que les dents des Éthiopiens et des Indiens sont généralement plus blan ches que celles des peuples septentrionaux, mais qu’elles perdent beaucoup de leur éclat chez ces derniers par l’sage du bétel.
Fride icus signale enfin en ces termes les liens sympathiques qui unissent les dents à l'oreille : « bacu um terra infixum Si dentibus arripias .fa= « cilièsaliquem elonginquo noctu advenierten per- ” « C pes.
Higmore le premier a rapporté un exemple d’une pénétration de la racine d’une canine dans le sinus max llaire, chez une femme qui fut. d t-il, fort cffrayée quand elle vit un stylet pénétrer si profond:ment dans sa tête.
On doit à Duverney une bonne monographie sur les dents. [! compare la membrane quiento re la dent à celle qui enveloppe le fœtus et il Pappelle choroïde. M dit que le follicule a la forme de la dent qu'il doit produire; il pense que celle-ci est co npos ‘e de couches superposées et queles externes sont les plus dures. Suivant lui, sila na'ure ne les a fait percer que les unes après les autres, c'est uniquement pour éviter des douleurs trop vives
aux enfans. Il dit que quand la dent est sortie la choroïde l'abandonne', pour rester dans l’alvéole dont elle forme le pévivste. Il trouve beaucoup de rapports, au point de vue du développement et de la nourriture, entre les défenses de l'éléphant, les plumes, les poils et les dents, et donne une bonne description des vaisseaux et nerfs dentaires.
À un certain âge, dit Duvernay, la cavité de la racine düninue si fort et les vaisseaux sont si pressés, qu’ils disparaissent presque tous; c’est alors qu'il se dissipe plus de parties par le frottement qu'il n’en vient pr l1 nourriture, et c’est ce qu’on peut appeler l’ge de la décadence des dents; alors aussi elles s’us nt beaucoup et elles deviennent plus courtes. Il signale également locclusion complète des alvéoles chez le vieillard et l'explique par une force particulière de retrait, par Paction mécanique de la gencive et par la pression pendant la mastication. Il dit aussi que si la mâchoire inférieure dépasse chez eux la supérieure en avant, cela tiert à la dispari‘ion des alvéoles qui faisaient une saillie plus grande sur celle-ci que sur la première.
Duverney dit encore que si on vient à perdre une dt, celle qui lui est directement opposée soit en haut, soit en bas, sort de son alvéole et s’a- Jonge un peu, comme pour cacher la place de celle qui manque. Il admet que les gencives ont un lien vaseulaire qui les unit directement aux dents par-
cequ'ilestrareque celles-ci ne s'altérent pas quand les premières sont malades. Enfin il termine par un article, spécial sur les cornes des animaux et considère leur développement à peu P ès comme l'avait fait Malpighi.
Bidloo pensait, mais sans en donner des preuves, que l'air extérieur concourait à linduration des dents.
Cloplon Havers croit que l'émail est de nature pierreuss et Pivoire de li nature desos, surtout celui des racines : ces dernières, dit-il, sont recouvertes d'un périoste, Il pense aussi qu: le follicule ne fournitplus aucunenourriture à l'émail dés l'instant qu ‘ilest bien formé : il assurerependant avoir vu au microscope des filets nerveux du bulbe traverser livoire par de petits canaux et arriver ainsi au périoste. C’est par cette disposition anatomique qu’il croit pouvoir expliquer la sensibilité des dents. erleyer, par suite de la ressemblance qu'il trouvait entre les dents et les cheveux, pensail comme on le seal alors, que les premières croissent toujours , même après la mort.
Raw, s'ilen faut croire la relation d'un nommé Anonymus sur un voyagé faiten Angleterre et en Allernagne, a constaté que les dents incisives définitives sont situées derrière celles de lait correspondantes , que les canines au contraire sont situées au devant de: leurs analogues et qu'enfin les molaires sont directement au dessous
d s molaires primt'ves. Raw a cru devoir tirer une conséquence d cette disposition et il à con eillé, lors ue les dents de lait existent avec les définitives , d’arrach r les amérienres pour les incisives et les postérieures pour les canines.
Georges T'enn, dans une thèse soutenue sous la présidence de Sigismondi, ne dit rien de par iculier sur les dents; il renouvelle seulement la vieille cruyance que des vers peuvent se developper dans leurintérieuretdevenir causede douleurs violeutes.
Sermes, dans une lettre insérée dans les éphémérides germaniques rend compte d’un dîner qu'il donna à des médecins parmi lesquels se trouvait Verduin; on y souleva cette question : que deviennent les racines des dents de lait? Les uns soutinrent qu’elles étaient détruites, les autres qu'elles n’existaient pas : Sermes se rangea de la première opinion; il attribua leur destruction à l’action des dents permanentes et en donna pour preuve une dent de lait dont la racine nétait usée que du côté par lequel la dent difinitive la pressait. Sermes ajoute que Île follicule de la dent lui parait être une dépendance de lagencre, ( hœc bursula mihi vi ietur a gengivis mutuata; :à enim avell ging.vas, simulextraho bursu'am il'am cum dente , etc.)
Christian Schwardt, dans une dissertation sur les dents de sagesse, donne une bonne «.escription des dents, et indique une série d’accidens dont elles peuvent devenir Poccasion; il dit aussi que
de son temps on regardait ceux qui naissent avec des dents comme cruels et disposés à la tyrannie (an hœc res crudelitatis, uti vulgo opinatur, et tyrannidis fuerit indicium etc.)
Fauchart, dans son traité des dents ou le chirurgien dentiste, n’a donné rien de nouveau sur l’organisation dentaire et s’est contenté de résumer tout ce qu’on en avait dit avant lui ; il appelle lui aussi choroïide la membranule qui entoure la dent et cite un exemple de troisième dentition.
Langius à particulièrement insisté sur les causes qui peuvent influencer la dentition, soit en la retardant, soit en la rendant plus précoce; il pense qu'une bonne nourriture et par conséquent une bonne nourrice activent le travail d'évolution.
Deichmann a soutenu en 1737 sa thèse inaugurale sur les dents de sagesse ; il commence par critiquer cette désignation même, car dit-il, minime sapientiam adaugent, nec adferunt, et ubi nulla adest, ibi hisce dentibus non introducitur. On en croira sans peine Deichmann; mais a-t-il bien compris le véritable sens, l'intention philosophique de cette dénomination? il rapporte du reste des cas intéressans de dentition tardive et cite l’exemjle rapporté par Pline, d’un vieillard de cent quatre ans, chez lequel des dents se sont reproduites.
Deichmann pense aussi que les dents croissent toujours, mais qu’elless’usent à mesure et dans la même proportion, excepté chezle vicillard où l’on
n’observe plus cette sorte d'équilibre d’organisation. -
Ungebaur dans unethèse sur la‘ deuxième dentition, soutenue sous la présidence d’Hebenstreit, en 1738, s'est fait remarquer par quelques aperçus nouveaux et ingénieux. Il compare la dent à un œuf, et dit que lescouches se concrètent successivement de la circonférence au centre : antè omnia crusta ossea dentibus inducitur, sub quä non aliter ac testæ ovorum albumen continent, mollis aliquis mucus stabulatur qui paulatim lamina rum more a peripheriä versus centrum condensatur. Je n’entends pas me porter garant de cette manière de considérer les dents; je ne suis dans ce moment qu’historien. Il dit que la dent est primitivement contenue‘ dans son entier, dans la capsule du follicule qu’elle rompt en se développant.
Ungebaur trouve en outre qu’il y a coïncidence, entre la disparition des apophyses des os et les deruières pcriodes de la dentition, (coëncidit adéoque totius dentitionis negotium cum apophysibus totius corporis obolitis, etc.
Ungebaur a aussi décrit l'iter dentis de maniére à ne laisser aucun doute à cet égard; laissons-le parler lui-même : quod si inspicias maæxillas infantum, quibus primores dentes nondum effluxerunt, a tergo primæ dentium sirici videre licet foramen permaæxillam hiansvalde parvum, perquod folliculi dentem comprehendentis portio ad periosteum externum et gingivas tendit. S'il n’était pas bien évident , que Fallope pensät que le prolongement du follicule, qu’il nomme cauda, fut creux , ce même
doute n’est plus permis pour Ungebaur : rien de plus clair que ce que je viens de rapporter.
Kornmann dit que du temps de l'ibére, on à À en Sicile, descadavres ayant appartenu à
pit bamaine , qui avaient des dents Iongues d’un pied.
Godefroy Jancke à “fait une dissertatiôn sur les dents, en 175r, et voici, en peu de mots, ce qui m’a paru le plus digne d’être noté : il dit d’abord que les grosses molaires semblent être formées par la réunion de quatre canines; il explique ensuite le déjètement en arrière durebord alvéolaire du maxillaire inférieur par les dents permanentes qui sont situées sur un plan postérieur aux dents de lait : il indique 11 dureté remarquable et comme cartilagineuse qu’offrent les gencives avant la première dentition ; il décrit convenablement la forme des alvéoles, fée rapports qu’elles ont avec les dents et les modifications que subissent les mâchoires par suite du développement de ces dernières.
Jancke croit pouvoir explique la chüte des dents de lait par l'oblitération des vaisseaux, produite par la compression des dents permanentes. (Cadunt igitur circà annum septimum, quia ed, ætate circiter, tantam magnitudinem secundidentes acquirunt, ut priorum pasa comprimendo claudere queant.)
Ludivig, dans une dissertation ayant pour titre, de cortice dentium, s’est particulièrement occupé de la structure de l’émail : il assure que cctte substance est de nature fibreuse; il s'attache à indi-
quer la direction des fibres dans les divers points de la couronne, et dit qu’elles s’impriment toutes sur l’ivoire ; il a objecté avec raison, contre ceux qui pensaient que l’airextérieur compl était l'émail, que sur une dent trouvée dans l'épaisseur de l'apophyse palatine du maxillaire supérieuret par conséquent à l'abri de toute action extérieure, l'émail était cependant aussi complètement formé que sur les antres dents. the
Bertin a décrit assez complétement les dents dans sontraité d’ostéologie, et a émis sur l'émail une opinion que je crois devoir rapporter: cependant, dit-il (page 242), ilm'asemble que lacouche d'émail qui revét la tête, quoiqu’en disent les auteurs, se prolonge jusque sur la racine et qwelle ne s’affaiblit que par degrés, depuis la couronne jusqu'à l'extrémité opposée. Il indique aussi plus loin une troisième substance: il dit, en eff.t, que la cavité intérieure de la dent n’est pas entièrement vide, et qu’elle est au contraire remplie d’une substance molle, produite par un suc lymphatique qui s’épaissit sans cependant acquérir la consistance osseuse. Vuilà, ajoute-t-il, ce que j'appelle la troisième substance de la dent, différente du noyau et de Pémail, etc. Bertin dit encore que cette substance forme parfois ur noyau dur qui n’a presque pas d’adhérence avecles deux autres, mais qui cependant finit à la longue par s'identifier avec Pivoire, et faire corps avec lui. Ilexplique en outre à sa manière le mécanisme de la sortie de la deat ; il dit
qu’elle a lieu parce que la racine, trouvant une résistance invincible dans le fond de l’alvéole, ilen résulte une réaction qui la porte vers la gencive qui s’en trouve ainsi perforée. Les convulsions et les douleurs de la dentition trouvent, suivant lui, une explication suflisante dans la pression que les nerfs éprouvent de la part des gencives, dans la partie la plus profonde des cavités alvéolaires. Le traité de Bertin est sans contredit un des mieux faits de tous ceux dont j'ai déjà rendu compte.
On lit dans les Mémoires de l'Académie des sciences un mémoire d’'AHérissant sur la formation de l'émail et la disposition des gencives. Il admet qu'il y a deux espèces de gencives, l’une passagère, l'autre permanente. La gencive passagère est formée par un tissu coriace qui borde toute l’étendue de larcade alvéolaire , pour boucher les alvéoles, et il pense qu’elle tombe par une sorte d’exfoliation et par lambeaux, lorsque la dent la traverse. Selon lui, le sac qui contient le follicule dentaire est un prolongement de la gencive temporaire, la figure qu’il en donne ressemble beaucoup à celles qui représentent Piter dentis. Il pense du reste que c’est cette bourse qui sécrète l'émail, et qu’elle offre à sa surface une infinité de petites vésicuies remplies d’un fluide qui se concrète pour former cette substance. Il ajoute : on n’est plus embirrassé de concevoir par quel mécanisme la couronne de la dent peut étre peu à peu enduite de cet émail liquide : ce que nous avons
dit du renversement de la bourse, qui se fait dans le mémé temps et à mesure que la couronne de la dent est chassée hors de l’alvéole, nous l'apprend; car alors toutes les adhérences de la surface intérieure de la membrune avec la couronne sont rompues, c’est-à-dire qu’alors les vésicules à émail sont brisées ; elles doivent donc verser leur liqueur sur chaque portion de la couronne qui vient d'étre mise à découvert. Hérissant a donc indiqué dans ce mémoire, et le fibro-cartilage gengival, et liter-dentis, étenfin une manière nouvelle de comprendre la formation de l'émail. Il en a plus diten quelques lignes que beaucoup d’autres en d'énormes volumes.
Haller a traité, avecla supériorité qu’on lui connaît, du développement et dela structure des dents. Ce n’est pas qu’il ait fait des découveries importantes sur ce sujet, mais c’est sars contredit celui, parmi les auteurs de son époque, qui a donnéPexposition la plus philosophique et de l'ordre Le plus élevé. Ce qu’il a écrit sur les artères des dents est original.
Lassone s’est également occupé de la dentition et nous a laissé, sur ce sujet, une longue dissertation. Il a cru reconnaître qu’une substance carlilagineuse était placée entre la racine de la dent et l'alvéole formant une sorte de cloison in'ermédiaire et adhérant à l'une et à l’autre. Cependant il n’assure pas positivement que ce soit un cartilage réel, et il présume plutôt que cette lame
n’est que le périoste même épaissi par la compression.
Bourdet, dans un mémoire inséré parmi ceux de l’'äcadémie des sciences, a vu sur les grands animaux, les vésicules destinées à sécréter l'émail et a confirmé les découvertes d'Hérissant.
Spallanzani, dans ses belles recherches sur les propriétés du suc gastrique, prétend que celui du chien corrode la substance vitrée des dents.
- De la Fiere jeune a avancé que les fibres de lémail se développent à peu près comme celles de l’ongle , car il pensait que l’un et l’autre sont fibreux. |
Jourdain, dans ses essais sur la formation des dents décrit minutieusement le folhicule dentaire, depuis son apparition, jusqu’à la naissance, et le suit dans ses évolutions successives : il décrit aussi deux canaux particuliers dans la màchoire inférieure du fœtus, l’un qui n’est qu’une échancrure, est destiné à livrer passage aux vaisseaux et nerfs des dents de lait, l’autre, qui est un véritable trou, aux mêmes parties pour les dents permanentes .Ce long mémoire, consacré tout entier au développement, offre un grand intérêt, parce qu’on voit clairement que l’auteur ne parle que de visu et que ce qu'il dit est le résultat de nombreuses expériences.
Albinus également décrit avec beaucoup d’exactitude le développement et la structure desdents, et présente un résumé nourri de tous les faits dont la
science s'était enrichie jusqu’à lui. [l y ajoute ses propres connaissances et le résultat desobservations qu'il a été à même de faire. Il parle de deux dents, d’ane longueur et d’une grosseur considérables, qui étaient cachées dans l’épaisseur de l’apophyse montante de l'os maxillaire supérieur : leur corps était en haut et leur racine en bas ; elles étaient du genre des canines, et celles qui étaient implantées sur l'e bord de la mâchoire étaientau contraire fort petites; de sorte qu’Albinus a présumé , non sans quelque apparence de raison, que les anomales n'étaient que les canines définitives qui auraient dû remplacer les dents temporaires qui n’étaient pas tombées.
Dans une monographie ayant pour litre : Historia naturalis dentium humanarum , traduct. de Boddaert (1761), le célèbre Hunter a présenté l'histoire anatomique des dents , avec un ordre et une clarté inconnus jusqu’a lui , et a donné le résultat d’un grand nombre d'expériences qu’il a faites sur ce sujet.
11 dit que l’émail, qu’il appelle /amina vitrea, est composé de stres dirigées de la circonférence au centre : il le croil entièrement inorganique, parce qu'il né peut pas être converti, quel que soit le moyen que un ciploie, en mucus animal: ilse sépare au feu de l'ivoire,
Hunter app Île l'ivoire la partie osseuse des dents et la croit analogue aux os. 11 dit cependant que la garance rougil les couches qui se forment pendant que l'animal en fait usage, mais que les couches
formées antérieurement ne rougissent nullement, ce qui différentie un peu l’ivoire des autres os,
Il ajoute que la couleur rouge reste toujours à la portion de dent quienest imprégnée et il termine ces considérations par la conclusion générale qui suit : ex hice experimentis patet dentes considerari debere ut corpora anomalarespectu circulationis per eorum substantiam.
Continuant sa description, Hunter pense que les racines sont entourées d’un périoste qui vient de lalyéole et qui seprolonge dans la cavité de la dent; que l’ivoire est formé de lames concentriques ; que les incisives débutent par trois points d’sificacation , les canines , par un et les molaires par trois ou quatre; que la dent, au moment de sa sortie, n’est qu’un corps étranger par rapport aux gencives ; que l’émail est probablement sécrété par la capsule qui entoure le corps de la dent avant qu’elle soit sortie, et il ajoute : Posé, secretionem terrea pars ättrahitur a parte osse& dentis|jam formati atque superficie crystallisatur.
Hunter dit enfin que les dents delait tombent par une loi de la nature organisatrice, et nullement par l’action mécanique des dents secondaires, Si l’on suppose maintenant toutes les données précédentes développées avec talent et basées sur des expériences, on pourra se faire une idée de l'importance du travail de Hunter.
Courtois a soutenu qu’il n’était pas nécessaire de ménager l'émail quand on lime Les dents, parce que
tte substance se reproduit ordinairement avec assez de facilité. Je rapporterai ici un fait annoncé par Cook dans son premier voyage ( trad. dans la biblioth. ‘portative des. voy.) Il dit que certaines peuplades, de l'Inde avaient l'habitude d’user lextrémitélibre des dents à l’aide d’une espèce depierre à aiguiser, jusqu’à ce qu’elles fussent parfaitement égales et polies ; qu’elles creusaient ensuite au milieu des mêmes dents un sillon parallele aux-gencives et d’une profondeur égale au quart de l’épaisseur de ladent , et que cependant pas un de ees ‘Indiens n'avait de dentsgatées : Cook ne dit pas sl, > la longue, ce.sillon parvenait à s’effacer.
Auzebi, dentiste de Lyon, dans son traité d’odontalgie, a eu la prétention de renverser tout ce qui avait été dit avant lui sur le germe des dents. Îl a tout niéet il a cru qu’il suffisait de dire que iles vaisseaux et nerfs s’épanouissent dans une pe-
aite vésicule museulo:membraneuse, qwon a prise à tort pour le germe. Il essaie ensuite, dans une longue et fastidieuse explication, de faire comprendre comment il entend l’évolntion dentaire; mais ik est impossible. de le suivre; il est imntelligible. Il appelle pourtant cette réverie, une théorie nou-
velle, seule vraiect fondéesur l'observation directe.
Sabatier pense que la diversité de sensibilité qu’offrent les dents pourrait dépendre de ceque les ouvertures qui se volent aux racines, se conservent dans les unes et se ferment dans les autres surtout
dans un âge un peu avanté , de sorte que lés nerfs dentaires’ peuvent étre totilement coupés ; et n'avoir plus de continuité avec le tronc dônt ils tiraient: leur origine.
JPoofféndale a le premier signalé une parti ticularité anatomique que je crois devoir rappor-ter ici, non que je là considère comme une chose bien rare, mais parce que c’est un: fait qui de mande une touté autre interprétation. Wofféndale dit, en effet, qu ’on voit souvent sur les dents dé petites taches jaunes qui ressemblent à des trous rongés par des vers. Il assure qu’elles étaient plus fréquentes à son époque, à cause de: l'habitude d’inoculer la petite vérole avant que la formation des dents fut complète. Il attribue done ces taches à la petite vérole , et’ dit qu’elles sont toujours moins prononcées, si la petite vérole a été contractée, ou peu de temps après la naissance, lorsque le développement dé la dent est encore peu avancé, ou long-temps après, lorsque ce développement de la dent est encore à peu près effectué. Ildit aussi avoir remarqué que les dents ainsi tachées par la petite vérole, poussent moins vite que les autres. Enfin, Voffendale dit avoir remarqué que, dans la jaunisse, l'émail se colore lé gèrement en jaune, d’où il croit pouvoir conclure qu’ilrenferme des vaisseaux lymphathiques. A'cela près, son traité lsur les dents n’offre rien qui mérite notre attention. Je dirai seulement:qu’il a été à méme d'observer plusieurs cas de dents surnuméraire.
Broussonnet a fait une dissertation sur les dents, qui mérita d'attirer l'attention de l'Académie des sciences. Elle roule sur les dents en général et sur les organes qui en tiennent lieu ; c’est assez dire que l’auteur fait de fréquentes excursions dans le champ de l'anatomie comparée. Cette dissertation, faite dans un bon esprit, se fait remarquer de loin en loin par des rapprochemens qui , s'ils ne sont pas toujours ingénieux ; SOnt au moins marqués au coin de l'originalité.
Tenon a fait également un mémoire justement estimé surles dents; mais, comme 1l s’y est occupé particulièrement de lanatomie comparée , et surtout des dents du cheval, je me contenterai de le citer, sans développer plus amplement les différentes idées qu'il a émises. Je pense bien du reste que, dans le cours de cette thèse, j'aurai plusieurs fois l’occasion de le citer avec distinction.
Cette période, comme onle voit, m’a offert une longue série de travaux à parcourir. J’en ai signalé un très-grand nombre ; mais ce n’est encore rien; c’est à peine la dixième partie de tout ce qu’on a écrit sur le sujet que j'ai à développer. Pour ne pas surcharger cette dissertation et fatiguer le lecteur de l'étalage inutile d’une érudition toujours facile, quand on a des bibliothèques à sa disposition, J'ai cru devoir m’en tenir aux auteurs qui ont donné sur la matière dont il s’agit des idées nouvelles, ouquise sont distingués par loriginalité de leurs développemens et par des rapprochemens
d'anatomie transcendante. Sans cela, le volume de cette thèse aurait été double , et la moitié n’aurait été qu’un long et insipide catalogue. Du reste, la presque totalité des auteurs que j'ai passé sous silence ne m'aurait offert que des répétitions oiseuses et des compilations sans fin qui pour la plupart n’ont pas même le mérite d’être exactes et fidèles. Passons maintenant à la cinquième période.