QUATRIÈME PÉRIODE
De lésale à Harvey.
Le r staurateur de l'anatomie humaine, l’ésale,: n’a pas étudié les dents avec l: même soin que Îles autres parties du coris, et n’a rien luissé que no‘s puissions lui emprunter; il en donne une descriptiou fort court: t sans importance. Il pense qu’elles sont des os, mais qu’elles diffèrent parce qu'elles sont à nu ct q Il: sentent par un rameau n rveux qui es reçoivent par leurs racines. Selon lui, les dents de lait servent de germes aux permanentes. Cet'e ex. osition,co nme on voit, laisse beaucoup à désirer ct n’est pas digne d’un auatomiste aussi distingué que l'était Vésale.
Eustache s’est p'us occupé de l'histoire de# dents qu'on ne Pavait fait jusqu’à li etil a bexncoup enrichi leur anatomie. Sa description sur leurs formes différe tes, leur nombre, leurs variétés ne laisse rien à désirer ; il indique leur mode d’articulation et des liens solides dont il n’explique
pas la nature d’une manitre cla're (adsunt prætereà vincula fortissima radicibus prwcipuë alheren ia), seulement il compare plus loin l’adhérence des dents aux geicives à celle des ongles à la peau (sicu! cutis extreme unguium parti adhærescit, ità gingivæ dentibus a ljunctæ sunt ); pense avec |. s anciens que la dureté des dents des an.maux est en raison de leur férocité.
Quant à leur structure, Eustache s’en est occupé avec soin; il a reconnu les deux sub tances qui entrent dans leur composition, et compare l'émail à Pécore des aibres ( duplici substanti& veluti arbores teguntur, sic,etc.). Dans un article sur leur dévelop, ement il décrit les folliciles, leurs vaisseaux, leurs nerfs, il réfute l'opinion de ceux qui pensaient que les racines de, dents de lait servaient à laformation des permanentes, et dit à ce propos, que si on ne voit pas chez les fœtusles germes de ces dernières, c’est qu'ils soit encore trop pelils pour être bien reconnus; mais qu'ils existaie rt biere réell:ment; prouve aussi qu'elles du diff remment que les os el se fonde, e aut es raison, sir ce que leurs fractures ne se consulide:t pas.
Eustache pense que les dents sont sensibles directement par les nerfs du follicule qui pénétreut dans leur propre substance et que les douleurs dentaires sont d'autant plus vives que ces n rfs sout fortement comprimés; mais, comme on vale voir, 1l w'affirme
rien et ne donne son explication qne.comme uneconjecture : Egoquamquam certam demonstrationem non habeo, conjectur& nililominus adducor, ut suspicer nervum, qui in concavitale dentium penetrat, in minulussimos surculos diffusum eur intémä ipsorum substantiä , quæ mucosa est initio gencralionis commiscert. AE
Eustache décriten outre longuement la sortie des dents, prouve que les temporaires n’ont aucune analogie avec les permanentes , et termine par un chapitre bien fait sur leurs fonctions et leur ntilité. I dit à ce propos que les chiens les plus forts de-
viennent poltrons quand ils viennent à perdre leurs dents. 11 doune aussi quelques détails sur leur ana-
tomice comparée, et décrit particulièrement eclles du singe; enün, pour ne rien omcttre, il rapporte une série d'anomalies curieuses et parle de quatre dentitivns successives.
Sylvius consacre un chapitre à la description des dents; mais on n’ytrouve rien de nouveau, et 1} n’est pasallé in que Galien dont il a copié toutes les erreurson sait qu'il répondait à ceux qui lui objectaient les découvertes de Vésale, que le médecin de Pergame n'avait pas pu se tromper ; et qu'il fallait que depuis lui l’organisation humaine se füt changée.
Columbus conseille de n'arracher les dents de lait qu'avec beaucoup de précaution, parce que leurs racmés servent au développement des perma-
uentes.Ilne gomme pas même leurs follicules, et dit qu'il ne comprend pas pourquoi elles ne sortent qu'après un an. Selon lai, mal-gré qu'elles croissent toujours, qu’elles sentent et qu’elles soient à nu, on ne doit pourtant pas les séparer tout à fait des os : ( Quamvis à reliquis ossibus dentes distinsuantur, tm sensu et quia denudatisunt, quod cæterorum nullis contingit, tm et quodtolo vitæ tempore incrementum suscipiant, ele. H parle de dents adbérentes aux alvéoles, etc.
T'allope (opera onmnia,édit. de Franriorl) a dit, « Denies hi, dèm nascituripuer diversä ex mate- » ri constant, allerdosse& et durä, alerä molli. » Prior pars quä erupturi sun ossea el casa, posle- » rior vero mollis admodumet hunuida est,atque pel- » Lculä quädarn tenu vestita videtur , quod etiam »iR Origine pennarum dicrn adhuc leneræ sunt, » apparet.Quoniam pars illa que exirä culem pro- » eminet cornea et dura est, illa queæ in aliis lati- » tatrnollis, humidave,velpituila concretaapparet.» Il est digne de remarque qu'il appelle la substance dentaire cornea. Plus loiu, Fallope-signale la disparilion desalvéoles aprés la chute des dents.
Fallope a décrit liter dentis, non comme une caviléque parcourt la dent, mais comme un prolonsement du folliculea la gencive; il signale auss un trou osseux àlravers lequel clle s'échappe au dehors; c'estun ter dentis qu'il compre-nait à sa manière, et de là à ce qu’on en dit aujourd'hui, la différence n'est pasgrande, ainsrqu'on va le voir: « Geriinum api- » cem possidet folliculus alterum., pes'eriorem, cui » nervulus el arteriola et venula applicantur, alter
» RUN vero priorem à A veluti caudd quædam » pendel nervea , quæ/oramen ossis angustissimum » ad latus illius den'is , cui novus successurus est, » usquè ad gingivas egreditur. » (est évident que c’est particulièrement à l'occasion des dents de la seconde dentitionque Fallope signale cette partic:1larilé ); puisilajoute : « Æ'rumpit tandem unusquique » dens per id foramen d'latatum perquod anteà an- » gustissimum existens, transmillebatur fotliculi » cauda à medicta, atque folliculus disrumpitur et » dens nul dus , durusque extat , temporisque suc- » cessu in parlibus posterioribus perficitur. « L’auteuravoue que ce m'est qu'à force de patier.ce, de puine ( multo su lore ) el de recherches minulieuses qu'il est parvenu à découvrir ces objets qu’il donne du reste, onr constans.
Ingrassias a eu aussi des connaissances précises sur la formation des dents, il a ad nis quatre sortes de deutilion ane qui se fait dans la matrice, les trois autres après la naissance ; à cela près rien de parliculier que nous ne counaissions déja.
Amb. Paré dausle sixiéme livre de sn anatomie dont il a fait précéder , comme on sat, ses œuvres chirurgicales, a aussi décrit les dents : il donne pour raisous de ce que celles dela mâchoire supéricure sont plus grosses el ont plus de racines que lesinférienres : gu’icelle mandibule est plus dure que la supérieure et anssi à cause que ces dents. estant assises sur leur rarine, et non suspendues, comme cel es de la mundihule d'en haut. r’avaient beso n de tant de racines pour leur stabilité et asseurance.
Coïter, qui asi bien traité de Postéogénie, dit positivement que lés lents ne sont pas desos, parce qu’elles proviennent d’une mucosité partienlière et qu’elles ne passent pas par l’état cartalisineux : quum ossa fiunt per intercessionem cartilaginum, dentes vero ex conversione mucoris in dent um subslantiam , nulo interveniente medio, opinor dentem non esseos, sed proprium aliquod corpus durius, candid'dius et solidius. Ha décrit les dents mobiles et J'ampo ile. vénéneuse de la vipère.
Rousset ( lib. de hominis primordiis) rapporte qu'il a connu en Flandre une femme chez qui les règles se sont établies par l’alvéole d’une molaire qu’elle avait perdue.
Plater pense que les dents sont par elles-mêmes incapables de sentir et que la sensation doit être rapportée à la portion de la gencive qui les entoure,
Forestus , cite l’histoire d’un esclave d'Éthiopie qu'ou ne voulut pas achi ter, parce qu’il avait toutes ses dents du genre des caunes et qu'on vit là un mauvais présage.