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Des destinées du Musée Napoléon III

La note du Moniteur (11 juillet 1862), annonçant la translation au Louvre des collections du Musée Napoléon III, semblait devoir metlre fin à toute discussion relative aux destinées de nos acquisitions récentes. Loin de là : cette note qui devait calmer les esprits les a excités, et de toutes parts se sont élevées de vives réclamations. Pourquoi donc tant d’opposition à une mesure qui paraît au premier abord toute naturelle? C’est qu’il est évident pour tous ceux qui ont visité Londres cette année qu’il ne suffit plus à la France d’avoir des musées propres à des exhibitions superficielles, mais qu’il lui faut aujourd’hui des musées vraiment profitables à la scienc^ dustrie, et que pour atteindre ce but il est néces^ contre l’absorption du Musée Napoléon III par le Loij inséré dans la Gazette des Beaux-Arts a déjà fait connaître pensée à cet égard, et nous ne serions point revenu s'Ut ce première travail s’il n’avait trouvé de l’écho, si un vote de deux sections

de l’Institut ne pouvait pas modifier la décision prise antérieurement, et si des personnes autorisées ne nous avaient point invité à développer les motifs qui nous faisaient demander la création d’une institution nouvelle. Sans rancune politique ou personnelle comme sans envie, libre de tout lien qui empêche de parler en pleine franchise, et parfaitement dégagé de tout intérêt particulier, nous n’avons pas besoin de dire que nous exposerons nos idées en toute sincérité, et sans autre sentiment que celui de servir la cause des arts à laquelle nous consacrons tous les loisirs d’une vie occupée.

La force des armes peut donner à une nation la puissance ; mais, dans les temps modernes, le niveau seul de son intelligence lui donnera la grandeur. Cette vérité impose aux États l’obligation de faciliter par tous les moyens l’instruction des peuples; aussi voyons-nous en France le gouvernement surveiller l’enseignement des lycées, s’employer à former des professeurs, à fonder et à entretenir des bibliothèques, à développer, en un mot, toute institution profitable aux lettres et aux sciences. Les arts seuls, comme s’ils importaient médiocrement à la gloire des nations, restent dans un état de stagnation inexplicable. « Dans les arts, disait, il y a peu de temps, un de nos architectes les plus éminents, M. Viollet-Le-Duc, il faut beaucoup enseigner, peu ou point diriger, et récompenser les succès publics. C’est à peu près le contraire qui se pratique chez nous. On n’enseigne rien ou presque rien, on prétend beaucoup diriger et on fait l’aumône aux médiocrités besoigneuses '. » Mais notre intention n’est point aujourd’hui d’examiner dans son ensemble un sujet aussi vaste, et nous nous estimerions fort heureux si nous

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