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pétue tous les phénomènes de la nature et de sa propre vie. Il tend à son rêve, l’ubiquité. Sans cesse, il gagne sur l'inertie, l'ignorance et la mort, son cauchemar. Il veut être partout et en tout; il voudrait être toujours. Son existence devient universelle, c’est-à-dire étendue à tout ce qu'il perçoit de l'univers.
Il faut donc qu'il se fasse libre, c’est-à-dire maître d'aller et de se conduire lui-même, non pas contre les forces et les lois éternelles, mais précisément par elles. Car son affranchissement comme son pouvoir consiste à les discerner et à les suivre. Les vieilles entraves, les fausses autorités, les tyrannies en tous genres doivent disparaitre. Chaque groupe comme chaque individu concourant à l'action collective doit porter avec lui sa direction et ses qualités propres, viser à la conscience de son passé et à la prescience de son avenir, ne serait-ce que pour posséder l'insaisissable présent. Nous nous faisons, comme nos véhicules, automobiles.
Partout l’on se retrouve et l’on peut se heurter. Demandez plutôt aux États rivaux. N'est-ce pas d’ailleurs en se heurtant que les hommes prennent contact les uns avec les autres? Comme les enfants à l’école, ce n’est guère qu’en se battant qu’ils apprennent à se connaître. Ensuite, ils s'accommodent et se font place, non par générosité, mais par impuissance de venir à bout les uns des autres, par intérêt ou par lassitude, par usure des ps ‘sions, par inutilité prouvée de la violence ou à raison des dommages
qu’elle cause au violent comme au violenté.
»s + Il faut donc aboutir au bien général et au devoir commun pour que la poussière humaine se constitue en organisme collectif, Il faut, comme faisaient les anciens dans leurs migrations, emporter avec nous nos Lares et nos Dieux. Nos croyances, nos affections, nos aspirations sont les plus larges et les plus extensibles, ainsi que le prouve uotre histoire, malgré les chocs et les revirements qui ont si souvent gêné notre expansion et forcé d’aviser à notre préservation matérielle. C’est par ambition de travailler pour l’homme et d’après leurs vues sur la nature humaine, que les Français ont agi, produit, inventé, légiféré, conquis même. Ce n’est pas du cosmopolitisme, ni seulement
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patriotisme agrandi, étendu à toute la terre sous le règne de l’homme.
Merci donc à ceux qui fondent, soutiennent, encouragent les entreprises et œuvres pour la population, la famille, la langue, la production, l'influence française. Succès et progrès à l'Alliance Française ; longue vie, vie agissante surtout, à son nouveau comité parisien! Vœux chaleureux pour les frères et les amis des deux côtés de l'eau, — de tous les côtés où les pensées se cherchent et où les efforts peuvent se joindre.
Louis HERBETTE.
PARIS. — Imp. C. LAMY, 124, bd de La Chapelle. — 11132.
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