‹ Des déviations angulaires consécutives à la résection et à l'arthrectomie du genou chez l'enfantChapitre 22 sur 51 · POUR · texte numérisé non relu

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vers le milieu en formant une voûte légèrement convexe. D’arrière en avant, elle forme d’abord aussi une sorte de voûte, mais arrivée en avant s’infléchit brusquement vers en bas jusqu’au-dessous de l’épine du tibia.

Rôle des cartilages dans l’accroissement en longueur du fémur et du tibia.

On sait que l’accroissement en longueur des os se fait gràce aux Cartilages de conjugaison comme l’a surtout montré Ollier, en réfutant par là même la théorie de l’accroissement interstitiel des os préconisée par Volkmann et Julius Wolff en Allemagne. Les nombreuses expériences d’Ollier au moyen de clous enfoncés en divers points de la longueur d’un os jeune ont prouvé que la croissance se faisait uniquement aux deux extrémités de los au niveau de la face diaphysaire des cartilages. La croissance des épiphyses est très limitée et n’est guère que le 1/20 de celui de la diaphyse.

Mais ces expériences nous ont en outre appris que l’os ne s’accroît pas également par ses deux extrémités, l’une d’elles est beaucoup plus fertile que l’autre et Ollier a énoncé la loi suivante :

« Au membre inférieur pour les os de la cuisse et de la jambe, c’est l'extrémité concourant à former le genou qui s’accroit le plus (1) ».

Le cartilage inférieur du fémur fournit au moins deux fois plus d’os que le supérieur. Au tibia la différence est moins grande.

L'importance des deux cartilages voisins du genou est donc considérable, puisque ce sont eux qui produisent la

(1) Ollier, — Traité des résections, Lt. 1, p. 106.

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plus grande partie de la longueur du fémur et du tibia. C’est le cartilage fémoral qui est le plus fertile des deux. I produit environ 1/4 de plus que le cartilage tibial (1). L’ablation du cartilage fémoral au cours d’une résection amène un raccourcissement plus considérable que celui résultant de la destruction du cartilage tibial ainsi que l’ont montré Ollier et Hoffa.

Effets de la destruction et de l’irritation des cartilages conjugaux.

1° Destruction.

Les cartilages de conjugaison étant les organes d’accroissement de l’os, si on les détruit, l’os cesse de s’accroître. Ce fait a été démontré expérimentalement par Ollier et la clinique est venue lui donner sa confirmation. Lorsque, dans la résection du genou chez des sujets n’ayant pas terminé leur croissance, on enlevait avec de larges portions d’os les cartilages épiphysaires, on observait toujours dans la suite des raccourcissements énormes. Les cas de ce genre furent excessivement nombreux à l’époque où la résection du genou était faite avec beaucoup trop de facilité sans tenir compte de l’âge des malades. Il peut en être de même, d’ailleurs, si les cartilages au lieu d’être enlevés par l'acte opératoire sont détruits par le processus tuberculeux.

On a observé, en effet, dans certains cas d’ostéoarthrites tuberculeuses du genou traitées par la conservation, des raccourcissements à peu près aussi étendus qu'après les résections même ultra-épiphysaires.

(1) Rouchon, — Thèse de Lyon, 1895.

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Dotlinger (1) en a cité des cas. Au genou, les cartilages étant très fertiles, les raccourcissements seront considérables.

Si la destruction du cartilage, au lieu d’être totale, n’est que partielle, l'accroissement s'arrête au niveau de la partie détruite, mais continue à se faire au niveau des parties restantes, d’où des déviations dans l’axe du membre dues à l'inégalité de la croissance de los. Ceci peut s’observer, soit que le cartilage ait été atteint en un point par le voisinage de lésions tuberculeuses, soit qu'il ait été entamé dans une partie de son épaisseur au cours de la résection. La partie atteinte ne fournira plus autant de tissu osseux que les voisines et l'os s’infléchira du côté où le cartilage est lésé.

C’est ce qu'Ollier (2) a pu constater expérimentalement chez l'animal et cliniquement, ainsi que d’autres auteurs, chez des enfants où au cours d’une résection une partie du cartilage conjugal du femur ou du tibia avait été enlevée. Dans la suite, le membre fut le siège d’une déviation progressive au niveau du genou réséqué.

Lorsque le cartilage a été non seulement entamé, mais enlevé complètement sur toute son épaisseur dans une partie de son étendue, à ce niveau la croissance cesse complètement et le tissu osseux de l’épiphyse se soude au tissu osseux de la diaphyse. Lorsque l’union osseuse est accomplie, il existe alors entre l’épiphyse et la diaphyse une solide jetée osseuse qui les rive l’une à l’autre et empêche toute déviation ultérieure par les portions de cartilage restées intactes et encore capables de fonction-

(1) Dollinger, — Centr. BI. f. Chir., 1888, p. S47. (2) Ollier, — Traité des résections, t. UL, p. 396.

ner (Ollier). Mais ce cal peut être long à se former et à devenir solide ainsi que nous l’avons vu. Pendant longtemps il persiste un tissu fibreux flexible qui subit facilement une déviation par la croissance irrégulière du cartilage.

Il est possible également que, dans les cas où les cartilages ont été respectés par la résection, l’un d’eux soit partiellement détruit par une lésion tuberculeuse propagée. Il en résultera dans la suite les mêmes conséquences que si le cartilage avait été partiellement enlevé par l'opération et on pourra voir, après une guérison rapide et en bonne position, le membre se dévier dans la suite d’une façon progressive jusqu’à l’achèvement de la croissance.

Les déviations tardives chez les jeunes sujets réséqués peuvent donc survenir pendant tout le temps de la croissance par suite d’une évolution irrégulière des plans cartilagineux altérés partiellement soit par la lésion osseuse primitive, soit par l’acte opératoire (1).

2° Zrrilation des cartilages de conjugaison.

Une irritation considérable agissant dans le voisinage immédiat des cartilages produit le même effet que leur destruction et amène un arrêt de croissance. Cet arrêt no résulte pas d’une ossification précoce, mais de la cessation de la prolifération normale des cellules cartilagineuses qui ne subissent plus le processus régulier de l’ossification (2).

Ces phénomènes se produisent lorsque le cartilage est violemment irrité par une inflammation voisine, ou lorsque par une résection intra-épiphysaire, mais rapprochée du

(1) Ollier, — Traité des résections, t, HE, p. 356, (2) Ollier, — Traité des résections, t. 1, p. 113.

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