‹ Des déviations angulaires consécutives à la résection et à l'arthrectomie du genou chez l'enfantChapitre 23 sur 51 · OUR · texte numérisé non relu

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cartilage, celui-ci se trouve fortement irrité par Pacte opératoire. Dans ces cas, il y a toujours un retentissement sur le cartilage, d'autant plus prononcé que la section aura passé plus près de lui, d’où un certain arrêt d’accroissement et on observera toujours dans la suite un raccourcissement plus grand que celui dû à la hauteur d'os enlevée (1). L’ablation totale de l'épiphyse en respectant le cartilage conjugal aménera naturellement un raccourcissement plus considérable que l’abrasion simple du cartilage diarthrodial doublé d’une mince lamelle d’os.

On conçoit que les causes précédentes, au lieu d'agir sur la totalité du cartilage, puissent agir sur une partie seulement. Un foyer tuberculeux situé dans le voisinage de celui-ci, ou bien si la résection est faite, l’une des sections passant plus près du cartilage à un endroit qu’à l’autre, ce qui est facile grâce à l’irrégularité de forme des cartilages et surtout si la coupe est un peu oblique, toutes ces causes peuvent amener une irritation plus forte de certaines parties du cartilage que d’autres, d’où une inégalité de fonctionnement et une croissance irrégulière se traduisant par des déviations.

Mais Pirritation des cartilages ne se traduit pas toujours par une diminution dans leur fonctionnement. Ceci se produit quand l'irritation est forte et se fait au voisinage du cartilage.

Au contraire, une irritation faible et prolongée dont la source se trouve à une certaine distance du cartilage a pour effet d’exciter son fonctionnement et de produire un allongement plus considérable de l'os. C’est ce qu’a montré Ollier pour des irritations portant sur la diaphyse.

(1) Ollier, — Traité des résections, t. 1, p. 115.

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Certains auteurs ont même trouvé que Pablation de minces tranches de l’épiphyse peut produire le même effet. (Pothe, Backel.)

J. Bœckhel (1) pense même qu'après les résections intra: épiphysaires où l’on a enlevé peu d'os, il se produit toujours comme premier phénomène consécutif un excès d’allongement de los dû à l’irritation opératoire propagée au cartilage conjugal,

Plus tard, cet allongement cesse pour faire place à un raccourcissement dû à une diminution dans le fonctionnement du cartilage lorsque l’irritation du début a cessé.

On peut ici aussi penser que ces irritations légères accélératrices de la croissance agissent dans certains cas sur une partie seulement du cartilage ou tout au moins agissent inégalement sur les divers points de sa surface, en produisant, par conséquent, des irrégularités de croissance qui se traduiront par des déviations du membre.

Flexions dues à une croissance irrégulière des os.

Les données précédentes ont été utilisées à diverses reprises pour expliquer les flexions consécutives aux résections du genou pratiquées dans le jeune âge.

Paschen (2) attribue ces flexions tardives et progressives à une inégalité de croissance au niveau du cartilage conjugal. Souvent, dit-il, le membre se consolide dans une position légèrement fléchie, soit intentionnellement, soit par accident. Dans ce cas, lorsque le malade marche, la pression, au lieu d’être répartie uniformément sur la

(1) Bœckel, — Gazette méd, de Strasbourg, 1889. (2) Paschen, — Deutsche Zeitsch. f. Chir., Bd IV, 1874, p. 441.

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surface de contact des deux os, est plus forte en arrière qu’en avant. Elle se transmet aux cartilages épiphysaires qui, supportant une pression irrégulière plus forte en arrière qu’en avant, produisent moins à la partie postérieure qu’en avant, où la croissance reste normale.

Le résultat de cette croissance irrégulière au niveau des deux épiphyses est une courbure du membre dans le sens de la flexion.

Pidder (1) ayant, par des expériences analogues à celles d’Ollier, obtenu les mêmes résultats, c’est-à-dire un ralentissement partiel de la croissance au moyen d’irritations ou de destructions partielles des cartilages épiphysaires, admet aussi que lorsque, dans une résection, on blessera les cartilages, on observera dans la suite des déviations du membre. Il n’admet cependant pas qu’une pressicn modérée et passagère, comme celle produite par la marche sur la partie postérieure des cartilages, suffise à expliquer une inégalité aussi grande dans l'accroissement des os, et dans les cas de forte flexion il pense que la cause en est dans le manque d’un cal résistant, osseux.

Kænig (2) est aussi d’avis que certaines flexions se produisant lorsqu'il semble y avoir une synostose complète sont dues à une inégalité de croissance. Cela se produit surtout lorsque dans la résection du genou chez l’enfant une partie du cartilage épiphysaire du fémur ou du tibia aura été enlevée. Il croit que, lorsqu'on a enlevé toute l’épiphyse, le membre reste droit.

Ollier (3) admet que, pour certains cas, la surcharge de la partie postérieure des cartilages peut être la cause de

(1) Bidder. — Arch, f. klin. Chir., Bd XXIT, 1878, p. 155. (2) Kœnig. — Treizième Congrès allemand de Chirurgie, 1884. (3) Ollier, — Traité des résections, t. II, p. 281.

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