‹ Des déviations angulaires consécutives à la résection et à l'arthrectomie du genou chez l'enfantChapitre 49 sur 51 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — On peut observer, après la résection du genou, des déformations angulaires consécutives du membre opéré ; elles sont assez fréquentes dans le jeune âge, rares au contraire chez l'adulte.

Chez l'enfant, elles ont pour caractère d'augmenter progressivement jusqu à un degré parfois considérable et pendant plusieurs années, tant que la croissance n’est pas terminée.

Chez l'adulte, ces déformations sont non seulement moins fréquentes que chez l'enfant, mais n'arrivent Jamais à un degré aussi prononcé que chez lui et ne présentent pas le même caractère d'aggravation progressive.

Il. — Ces déviations angulaires se font dans le sens habituel des déviations du genou.

La plus fréquente de toutes est la flexion, soit simple, soit combinée à un certain degré de valgus ou de varus. On peut observer aussi le genu valgum ou le genu varum purs, sans flexion.

IT. — Ces déviations apparaissent, soit dans les premières semaines ou les premiers mois qui suivent la résection lorsque l'ankylose n’est pas encore solide, surtout si le malade quitte trop tôt l'appareil qui immo-

bilise son membre et s’il marche d’une façon prématurée. On les voit encore se produire, quoique plus rarement, à une époque tardive, alors que la consolidation parait complète, osseuse, et que le malade avait repris tout à fait l'usage de son membre, redevenu solide. Elles augmentent alors malgré tous les appareils qu'on peut leur opposer.

IV. — Lorsque la flexion est peu prononcée, elle est compatible avec un bon usage du membre. Si au contraire elle est forte, elle rend la marche des plus difficiles ou même impossible. La déviation en valgus est encore plus fâcheuse que la flexion à ce point de vue. Lorsque cette dernière est considérable, elle amène au bout d'un certain temps des déformations secondaires du bassin et de la colonne vertébrale. (Lordose, scoliose.)

V. — Les causes de ces flexions sont multiples. Lorsqu'elles se produisent d'une façon précoce après la résection, on doit les attribuer à une immobilisation incomplète ou trop peu prolongée, à ce qu'on a laissé le membre se fixer en légère flexion, à ce que le malade à marché trop tôt sans appareil et surtout à la prédominance d’action des fléchisseurs sur les extenseurs qui sont toujours plus ou moins fortement atrophiés avant l'opération, du fait même de la maladie. L'action des fléchisseurs est encore favorisée par la section du tendon du triceps et par la lenteur avec laquelle se fait parfois la consolidation osseuse après la résection intra-épiphysaire. On tiendra compte

aussi de la rétraction de toutes les parties molles postérieures, c'est parfois la cause principale de la flexion.

Quand l'ankylose est osseuse, la flexion, si elle survient ou augmente encore à ce moment, doit ètre attribuée à une anomalie de croissance, à une production irrégulière de l'os au niveau des diverses parties du cartilage épiphysaire, soit qu'il ait été enlevé d'un côté pendant l'opération ou détruit par l'affection tuberculeuse ou au contraire qu'une irnitation localisée l'ait fait proliférer plus activement en un point.

VI. — La prophylaxie de ces flexions consistera à rechercher l'ankylose aussi rapide que possible dans la position rectiligne. On devra donc extirper soigneusement les parties malades, tout en ménageant le plus possible les os, s'efforcer de ne pas blesser les cartilages épiphysaires et fixer le membre dans la rectitude complète.

La suture osseuse peut être utile. L'immobilisation devra être exacte et suffisamment prolongée. On ne permettra la marche qu'après constatation d'une ankylose complète et on fera porter à l'enfant un appareil à tuteurs Jusque vers la fin de la croissance.

Ces diverses précautions réduiront dans la mesure du possible les flexions consécutives, mais ne parviendront cependant pas toujours à éviter celles qui sont dues à une croissance inégale des os.

VII. — Après l'arthrectomie, on observe aussi bien et même plus fréquemment qu'après la résection des

flexions consécutives. Elles sont dues principalement à ce que l’ankylose osseuse est ici plus difficile et plus longue à obtenir qu'après la résection. On doit cependant toujours employer chez l'enfant, quand les lésions le permettent, les opérations les plus conservatrices,synovectomies,ostéo-arthrectomies,résections partielles et superficielles. Dans les cas légers où les lésions sont limitées, ou à peu près, à la synoviale, on pourra rechercher la mobilité, en s’efforçant de rendre aux muscles et surtout aux extenseurs, leur puissance d'action, ce qui sera une garantie sérieuse contre la flexion. Lorsque l'étendue des lésions forcera à rechercher l’ankylose, on devra, pour l'obtenir plus sûrement et plus rapidement, aviver toute l'étendue des surfaces osseuses en contact, en enlevant le cartilage articulaire dans toute son épaisseur.

VIII. — Quand la déformation est constituée, soit après la résection, soit après l’arthrectomie, on emploiera pour ia combattre les divers moyens de traitement de l’ankylose vicieuse du genou. Si celle-ci est incomplète, on s’adressera soit au redressement lent par l’extension continue, soit au redressement manuel en une ou plusieurs séances sous le chloroforme en y joignant, s’il est nécessaire, la section des tendons poplités. Dans les cas d’ankylose complète osseuse, on peut employer, si l'angle de flexion est obtus, l'ostéoclasie ou l’ostéotomie fémorale suscondylienne. Mais l'opération, qui sera dans bien des cas la meilleure, est l’ostéotomie cunéiforme ou une 2° résection.

On devra y recourir dès que l'angle de flexion approche de l'angle droit. On aura souvent avantage, pour raccourcir le moins possible le membre et ménager les cartilages épiphysaires, à pratiquer dans ces cas la section ou la résection arciforme.

Il sera toujours bon de retarder l'intervention jusque dans les dernières années de la période de croissance.

Après la correction de la déformation, on devra s'opposer à son retour par un traitement consécutif bien suivi, et surtout par Le port longtemps prolongé d'appareils de soutien.

Vu:

Le Président de la thèse,

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