ENCRE
Bientôt Kœnig (1) et Volkmann s'occupent à leur tour de cette question.
Kœænig, en 1871, déplore les mauvais résultats donnés par la résection du genou chez l’enfant au point de vue des flexions et raccourcissements consécutifs et se montre disposé à l’abandonner chez eux pour recourir à l’amputation de la cuisse.
Volkmann a rapporté également un cas de forte flexion (90°) et un de subluxation da tibia après résection.
Paschen (2) a revu, après plusieurs années, trois enfants qui avaient été réséqués par Kœnig avant l’âge de 10 ans. Ils avaient d’abord conservé pendant un temps assez long un membre rectiligne, mais celui-ci finit par se fléchir fortement. Dans deux cas, la flexion atteignit l’angle droit (Obs. VIT et VIII).
Pidder (3) rapporte trois cas dans lesquels, après résection du genou chez des enfants de moins de 10 ans, il se produisit bientôt une flexion plus ou moins forte.
La résection avait été intraépiphysaire (Obs. XV).
Rydygier (4) a vu, chez un enfant de 6 ans réséqué du genou et guéri en 36 jours, se faire très rapidement une flexion progressive. On avait ménagé les cartilages de conjugaison, mais il persistait un peu de mobilité et l'enfant n’avait pas été muni d’un appareil.
Tpsen, sur 14 résections du genou chez l’enfant dont il rapporte les observations, note parmi les résultats éloignés (de 1 an 1/2 à 6 ans) 11 déviations consécutives, dont 8 flexions faibles (jusque 150°) et quatre flexions
(1) Kœnig. — Bert. klin. Wochensch., 1871, n° 30.
(2) Paschen. — Deutsche Zeitschrift f. Chir., t. IV, p. 441.
(3) Bidder. — Arch. f. klin. Chir., t. XXII, 1878, p. 155.
(4) Rydygier. — Deutsche Zeiïtsch. f. Chir., t. XII; 4880, p. 309.
fortes (115° à 128°). (Obs. X, XI, XII et XIII.) Ces derhières nécessitèrent une intervention orthopédique (ostéotomie ou ostéoclasie) pour redresser le membre. Parmi ces onze cas de flexion, neuf concernent des enfants de moins de 10 ans et deux des enfants de 11 et 12 ans.
Holmer (1) rapporte cinq cas de résection du genou, dont trois chez des enfants qui eurent une ankylose solide osseuse en uu, deux et cinq mois, les adultes en huit et neuf mois. Sur les trois enfants, deux eurent au bout d’un an une légère flexion. Le troisième guéri avec une légère flexion fut retrouvé un an plus tard avec une flexion à 140°.
Æœænig, au septième congrès de la Société allemande de chirurgie, dit que dans nombre de cas il a vu après la résection du genou faite en dedans des cartilages épiphysaires la croissance continuer pendant plusieurs années sans être troublée. Mais plus tard, au bout de 8 à 9 ans. on constatait un raccourcissement considérable avec une forte flexion. Les ankyloses paraissaient complètement osseuses, mais Kœnig croit que dans la plupart des cas elles n’étaient que cartilagineuses.
S'ith (2) a vu, chez quatre malades réséqués entre II et 20 ans, se produire deux fois du valgus prononcé, et deux fois, une flexion progressive. (Obs. XVII, XVII, XIX, XX.)
Riedel (3) a vu une flexion plus ou moins accentuée se produire chez trois malades guéris sans fistules et chez un autre avec fistules. Dans trois cas, la flexion se produisit
(1) Holmer, — Hospitalstidende, 1875.
(2) Smith. — Med. Times and Gazette, t. [, 1880, p. 29.
(3) Riedel, — Chirurgische Klinik in Gœtllingen, Deutsche Zeitsch. f. Chir., D XV, 1881 p. 61:
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très rapidement, bien que les opérés fussent restés longtemps dans des appareils de maintien. Le quatrième s'était soustrait au traitement et présentait cinq ans après l’opération un genou ankylosé à angle droit sans arrêt de croissance. Dans tous ces cas, il s’agissait d’enfants ou d'adolescents. Le plus âgé des malades avait 18 ans. Chez aucun, les cartilages épiphysaires ne furent blessés pendant l'opération. Tous ces opérés pouvaient marcher. Deux fois la flexion survint très vite, en l’espace de six mois, bien que les malades eussent à peine grandi pendant ce temps. Dans tous ces cas, le membre avait été placé non en légère flexion, mais en extension complète, et avait été maintenu par un appareil inamovible. (Obs. XXIV, XXV, XXVI, XXVIL.)
Leisrink (1) rapporte le cas d’un enfant de 10 ans réséqué pour tumeur blanche du genou et chez qui se produisit une flexion qui nécessita plus tard une résection cunéiforme de l’extrémité inférieure du fémur. Le genou était resté guéri. (Obs. XXIII.)
Albrecht (2), dans un travail fait à la clinique du professeur Rose, à Zurich, relate les observations de 35 résections du genou, dont 16 faites chez des enfants de moins de 12 ans. Sept seulement guérirent et purent être examinés de nouveau quelques années après. Deux avaient de la flexion, légère dans un cas avec un peu de mobilité, plus forte dans l’autre. Le troisième avait un genu valogum prononcé, qui nécessita un redressement forcé sous le chloroforme. On s'était toujours efforcé de faire la résection en dedans des cartilages épiphysaires et d’en-
(1) Leisrink, — Archiv. f, klin. Chir., t. XXVI, 1881, p. 977. (2) Albrecht.— Ueber den Ausgang der fungæsen Gelenkentzündung. Deutsche Zeitsch, f. Chir., t., XIX, 1884, p. 137.
IVe
lever simplement une mince tranche d’os. (Obs. XXXI, NN EX NC IITN NET LUN) (
Mensing (1) a relevé tous les cas de résection du genou faites à Kiel dans la clinique d’Esmarch, de 1857 à 1883. Les résultats fonctionnels définitifs portent sur 42 malades retrouvés plus tard et restés guéris. Huit ont un membre plus ou moins fléchi ; trois des malades avaient moins de 10 ans au moment de la résection et cinq entre 10 et 20 ans. (Obs. XXVIIT, XXIX, XXX).
D’après Caumont (2), la flexion se produit souvent après guérison de la résection du genou, le membre étant primitivement rectiligne. Il pense que chez les enfants il ne se fait pas de consolidation osseuse, mais simplement un cal fibreux ou cartilagineux qui cède rapidement dès qu’on ne maintient plus le membre dans l’extension. L’ankylose en bonne position (rectitude ou même légère flexion jusqu’à 160°) ne s’obtiendrait guère que dans les cas où la surveillance des malades et le traitement consécutif par les appareils de soutien peuvent être continués pendant des années. Les fortes flexions s’observent chez des malades qui considèrent le traitement consécutif comme superflu et l’abandonnent peu de temps après leur sortie.
Dans un cas, Caumont a vu se produire la flexion au bout de deux ans, pendant lesquels le malade avait porté un appareil de soutien. Chez d’autres, elle survint plus rapidement. Chez un garçon de 8 ans, elle se produisit au bout de trois ans pendant que le malade portait un appareil mal fait.
(1) Mensing. — Beitræge zur Slatistik der Kniegelenksresectionen. Inaug. Dissert., Kiel, 1883.
(2) Caumont,— Ueber Behandlung chronischer Gelenkentzündungen, Deutsche Zeitsch. f. Chir.. t. XX, 1884, p. 137,
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Sur seize résections dont Caumont rapporte les résultats, huit concernent des enfants au-dessous de 10 ans et donnent les résultats suivants :
Ankylose solide avec flexion légère, ne dépassant pas 144, 4 cas. (Obs. XXX VI et XXX VIII.)
Flexion forte (125 à 102°), 2 cas. (Obs. XXXVII et XXXIX.)
Valgus, 2 cas.
Sur cinq cas concernant des sujets de 10 à 20 ans, on trouve :
Ankylose avec flexion légère de moins de 140°, 2 cas.
Ankylose rectiligne, 3 cas.
Sur trois adultes, il y a une flexion légère de 162°.
Hoffa (1) a réuni 130 cas de résections faites par différents chirurgiens chez des enfants au-dessous de 14 ans avec les résultats définitifs. Parmi ces résections, les unes sont ultra, les autres intra-épiphysaires. Pour lui comme pour Petersen, ce sont surtout les flexions consécutives qui ont jeté le discrédit sur les résections du genou chez les enfants bien plus encore que les raccourcissements. Il attire l’attention sur la fréquence de ces flexions chez les enfants, fréquence qui était encore plus grande autrefois qu'aujourd'hui, grâce aux perfectionnements apportés dans la technique opératoire de la résection.
On a renoncé à certains procédés de sciage des os qui avaient l'inconvénient de prédisposer à ces flexions. Cellesei seraient très rares chez les adultes. Hoffa en rapporte cependant un cas observé à la clinique de Wurtzbourg.
Sur ces cent trente cas, Hoffa trouve 54 flexions dont 24 légères et 30 fortes.
(1; Hoffa. — Die Kniegelenksresection bei Kindern. — Arch. f. klin. Chir., t. XXXII, p. 763, 1885.
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Zenker (1), en se basant sur les cas de Hoffa, a dressé le tableau suivant :
Recti- | Flexion | Flexion | Genu Genu lignes. | légère. | forte. | varum. |valgum.
L'an 0ans 201: 50 21 18 2 3
11"à llans. 921 5) 4 » »
Somue.....| ‘1 32 20 3
Zenker compte comme flexions légères celles où l’angle est au-dessus de 135° et comme fortes celles où il est audessous de 135°, ce qui fait qu’il trouve trente-deux flexions légères et vingt-deux fortes au lieu de vingtquatre légères et trente fortes. Dans tous les cas, il s’est écoulé au moins un an depuis l’opération et même plus d’ordinaire,
Parmi les résections ultraépiphysaires ou dans les cas où pendant l’opération on put constater la destruction d’un ou des deux cartilages épiphysaires, Zenker a trouvé les résultats suivants :
MOMODEI TERME. A 8e Lente 10 fois.
PÉBerO le rIOn eaNNeninE 9 — RACE een ne ee ie 9 : —
Il y a deux cas remarquables où, malgré Pablation non douteuse des cartilages épiphysaires par la résection, la flexion se produisit.
Les 108 résections intraépiphysaires ont donné :
Membre rectiligne............ RARE GI fois.
DÉPÉTONMOTIONS PENRA IPN, RENNES 23 — LOHOTESIOM SEC AN COLLIERS PRE 19 — RAT LE e PER EN VO EM NEO ETAT EL Et D —
(1) Zenker. — Beitrag zur Frage der Elexionsenkylosen nach Resection des
tuberculæsen Kniegelenks., Inaug. Dissert., Kiel, 1892.
LS
Sur 54 flexions, 7 se sont produites pendant la guérison.
Zenker pense que la production et l'intensité de la flexion ne sont pas liées au raccourcissement concomitant. Avec les plus faibles raccourcissements on peut voir les plus fortes flexions et inversement. |
Korff (1) rapporte les observations de 19 résections du genou dont il a pu constater le résultat après un laps de temps variant de deux à sept ans. Nous y trouvons :
Nombre Flexion Flexion
! | Valgus.
des cas légère. forte.
(Obs. XLIX à LVI).
Ce relevé montre combien peut être fréquente la flexion après les résections dans le jeune âge et semble donner raison à Kœnig et à Volkmann lorsqu'ils disent que presque tous les membres réséqués chez des enfants audessous de 14 ans finissent peu à peu par se fléchir plus ou moins fortement, lors même qu’au début la guérison se serait faite dans de bonnes conditions.
Korff nadmet cependant pas cette opinion et pense que la résection chez les enfants peut laisser des membres utiles et en bonne position même après des années. Pour lui, le résultat serait meilleur si les malades ne cessaient rapidement le traitement consécutif après leur sortie de Phôpital. La situation nécessiteuse des malades traités dans
(1) Korlf. — Ueber die Endresultate von Gelenksresectionen. Deutsche Zeitsch. f. Chir., t. XXII, 1885, p. 149.
robe
les hôpitaux ne leur permet souvent pas de suivre, une fois l'opération faite, un traitement consécutif convenable ; les enfants sont la plupart du temps négligés dans leur famille et peu à peu se produisent des positions vicieuses qui dans beaucoup de cas auraient pu être évitées avec des soins appropriés.
Bramann (1) a rapporté un cas intéressant de forte déviation en varum consécutive à une résection chez une enfant de 6 ans, 2 ans 1/2 après la résection; l’angle ouvert en dedans était de 120°. (Obs. LX.)
Petersen (2) a vu après résection du genou chez un enfant de 2 ans 1/2 se faire une flexion progressive qui commenca environ un an après l'opération et atteignit peu à peu l’angle aigu. On dut faire six ans après une deuxième résection, orthopédique cette fois. (Obs. LVII.)
Au deuxième Congrès français de chirurgie Duménil a rapporté un cas de flexion survenue après une résection du genou chez un enfant de 6 ans. Le malade marchait au bout d’un mois et son membre resta droit pendant sept à huit mois, puis se dévia et la flexion alla presque jusqu’à l’angle droit. La résection n’avait pas intéressé les cartilages.
A propos de ce cas, Ollier émit l’avis que les flexions ne sont pas rares. Il proscrit d’ailleurs la résection du genou chez l'enfant au-dessous de 12 ans.
Hilzegrad (3) a relevé les cas de résection du genou faites à Kiel à la clinique d'Esmarch de 1874 à 1884. La statistique comprend les cas déjà rapportés par Mensing
(1) Bramann, — Arch. f. klin. Chir., Bd XXXVI, 1887, p. 83.
(2) Petersen. — Archiv. f. klin, Chir., Bd. XXXIV, p. 445.
(3) Hitzegrad. — Welcher Art sind die Enderfolge der Kniegelenksresec- (IDE ER EN Inaug. Dissert., Kiel, 1888.
et ceux opérés depuis. Sur 61 malades opérés et restés guéris depuis au moins deux ans et en moyenne depuis
cinq ans et demi, il a trouvé les résultats suivants :
laMO anse lalians.
SR 0 ane
Iogve
Recti-
lignes.
Légèrem.
fléchis.
Fortem.
| fléchis.
Genu | Genu
varum. |valgum.
(Obs. LXI à LXXII).
Hitzegrad pense que les flexions ne sont pas aussi fréquentes qu’on le dit et d’ailleurs, pour lui comme pour Nussbaum (1), une flexion légère est plutôt un avantage qu'un inconvénient, car elle améliore la marche. Quant aux cas de forte flexion ils pourraient être évités si les malades portaient plus longtemps leurs appareils de maintien.
Heinke (2), rapportant les cas de résection du genou faites à Bonn par Trendelenburg de 1883 à 1888, note, sur 10 résections chez des enfants de 4 à 12 ans, un cas de flexion avec raccourcissement considérable.
Schlüler (3) a publié 100 cas de résection du genou faites chez des adultes par Kœnig de 1875 à 1888 et n’a vu que trois fois se produire une légère flexion, pendant la consolidation ; les flexions existaient au moment de la sortie
(1) Nussbaum, — Aertzliches Intelligenzblatt, 1873, no 9.
(2) Heinke, — Ueber die Resection des Kniegelenks., Inaug. Dissert., Bonn, 1888.
(3) Schlüter. — Ueber Kueresection im hæherem Alter., Inaug. Dissert.,
Gœttingue, 1889 et Deutsche Zeitsch. f. Chir., t. XXX, 1890, p. 285.
du malade et le résultat fonctionnel était bon. D’autre part, sur 44 malades retrouvés ultérieurement et restés guéris, tous avaient une ankylose solide sans anomalie de position autre qu’une légère flexion dans un cas.
Neugebauer (1) a rassemblé les cas de résections du genou pratiquées par Lücke à Strasbourg, en recherchant les résultats au bout d’un temps variant d’un an et demi à huit ans et demi. Il reconnait que les deux écueils de la résection du genou chez l’enfant sont le raccourcissement et la flexion. (Obs. LXXIII à LXXX.)
Sur 61 cas retrouvés plus tard, il y à eu 32 fois une position angulaire, dont 19 fois à la suite de résection totale et 13 fois à la suite de résection partielle. Ces chiffres se répartissent de la façon suivante :
Recti- | Légère Forte- Genu Genu AGE. | ment ment
lignes. | fléchis. | fléchis. | varum. | valgum.
a rar F'rpre
Résections totales.
ARABIE TNT LA | o 6 » ] »