Bunon, 1743. Essai sur les maladies des dents, p
4. Jean-Louis Petit. Traité des maladies des os, t. II, ch. xvn.
En 1720, D. Garengeot inventa la clef qui porte son nom; cet instrument destiné à extraire les dents n’est pas aussi mauvais qu’on l’a prétendu dans ces derniers temps.
Mais aujourd’hui rien n’est bien, s’il ne vient, ou, pour être plus juste, s’il n’est présenté comme étant d’origine étrangère. Il n’en était pas de même alors que Garengeot était le secrétaire de cette illustre académie de chirurgie qui, pendant de longues années , on peut le dire à l’honneur de notre pays, a inspiré tous les travaux qui ont été exécutés tant en France qu’à l’étranger.
A peu près à la même époque, L’Écluse publie à Nancy son Traité utile au public (1750) ; à Paris, Bourdet, VArt du dentiste (1757). Enfin Jourdain fait paraître (en 1758) son Traité des maladies réellement chirurgicales de la bouche , où nous trouvons les maladies des sinus traitées tout au long, et différentes observations très remarquables sur les accidents causés par les dents de sagesse.
En Allemagne (1780), Philippe Piaffe, à Berlin, admet, malgré l’idée déjà formulée par Fauchard, que le frottement de la dent permanente est la seule cause de la diminution delà racine de la dent caduque \ Il nous faut citer aussi Woof, fendal qui, après avoir remarqué sur les dents de petits défauts d’émail, presque toujours teintés en jaune rouge, couleur de rouille, en attribue l’origine à l’habitude qu’on avait d’inoculer la petite vérole avant la formation complète des dents. Cet auteur cite quelques cas d' anomalies du système dentaire et croit pouvoir affirmer la présence de ca-
1. Abhandlung von den Zaehnen des menschliclien Kocrpers liiid deron Krankheiten. Berlin, 1786.
naux lymphatiques dans les dents, en se basant sur la teinte jaune que prennent ces organes sous l’influence de la jaunisse.
En Angleterre, nous ne pouvons passer sous silence le nom de Forthergill (1712-1780), qui s’est occupé des tics douloureux delà face, spasmus flatulens de Pujol, reconnaissant pour cause l’éréthisme nerveux \
Puis arrive J. Hunter, un des plus habiles praticiens qu’ait possédés l’iVngleterre et qui, en 1 771 , publia son remarquable Traité sur V anatomie, la pathologie et la physiologie dentaires ; traité où nous le voyons affirmer la différence des dents et des os, croire que les dents sont douées d’un principe vital et cependant leur refuser la vascularisation.
« Les dents, nous dit-il, doivent être regardées comme des « corps étrangers, à ne prendre en considération que l’abc( sence de toute circulation dans leur intérieur; mais elles « sont certainement douées de principe vital, par l’inter- « médiaire duquel elles font partie du corps*. »
Hunter n’admettait pas le développement de l’arcade dentaire, après le douzième mois, entre la symphyse et la sixième dent. Il était très grand partisan de l’extraction, tant comme moyen préventif que comme moyen curatif des anomalies de position, et, d’après lui, ce n’était pas seulement la dent de lait correspondante qu’il fallait enlever, cette dernière s’éliminant toute seule, mais bien là où les dents voisines, qui, elles, ne subissant pas le stimulus, restaient en place et gênaient par leur présence l’évolution normale de la dent permanente.