‹ Des déviations des arcades dentaires et de leur traitement rationnelChapitre 19 sur 54 · Hunier, loc. cil · texte numérisé non relu

Hunier, loc. cil

niières molaires temporaires a commencé ; ces dents s’élèvent à peine au-dessus du niveau de la crête alvéolaire.

Vers le milieu de cette première année, la couronne des incisives centrales de chaque mâchoire est complètement à découvert, mais les racines sont encore incomplètes; les incisives latérales ont émergé de leurs alvéoles, mais leur couronne n’atteint pas encore le niveau des dents centrales ; celles dé la mâchoire supérieure sont en avance sur les dents correspondantes de la mâchoire inférieure.

La pointe des canines apparaît au niveau du bord osseux des alvéoles. Au maxillaire supérieur, les premières molaires temporaires sortent des deux tiers de leur couronne au-dessus de ce rebord osseux; d’un tiers seulenient à la mâchoire inférieure. La seconde molaire temporaire est encore tout entière dans son alvéole, dont les bords se referment sur la dent. Les premières molaires permanentes sont profondément situées dans leurs alvéoles respectifs. Enfin, on aperçoit à la face supérieure de la crête alvéolaire une dépression irrégulière, qui est le commencement de la crypte destinée «â la deuxième molaire permanente. Au maxillaire supérieur, rien n’indique encore l’emplacement de cette même dent.

Deuxième année. — Les quatre incisives de chaque mâchoire ont pris leur position normale ; leurs couronnes sont complètement à découvert, bien que les racines ne soient pas encore parfaites. Les canines se montrent audessus de la marge alvéolaire; les molaires temporaires de la mâchoire supérieure ont complètement émergé et sont exactement embrassées, à leur sommet, par les bords des alvéoles.

Au maxillaire inférieur, ces dents, plus avancées dans leur éruption, sont isolées de leurs alvéoles*

Trolisième aiinëe. — L’éruption des dents de lait est achevée, mais on peut reconnaître que les incisives ont seules leurs racines entièrement développées. Il manque aux canines environ un tiers de leur longueur et la moitié aux molaires.

La première molaire permanente de la mâchoire inférieure est en dedans de la partie antérieure de la base de l’apophyse coronoïde; plus en arrière, on trouve la dépression destinée à la réception de la pulpe de la deuxième molaire permanente. Au maxillaire supérieur, la première molaire présente des conditions analogues, et une légère déjiression, premier indice de la crypte destinée à loger la pulpe de la deuxième molaire permanente, s’observe à la face postérieure de la tubérosité maxillaire.

Quatrième aimée. — Les dents incisives sont, à ce moment, les seules réellement parfaites. Les racines des autres dents n’ont pas encore la longueur normale.

Les légères dépressions marquant la place que devaient occuper les pulpes des deuxièmes molaires permanentes sont devenues actuellement de larges cryptes. A la mâchoire supérieure, ces dépressions regardent en arrière et en dehors ; à la mâchoire inférieure, elles regardent en haut et un peu en dedans. Le plancher de ces cryptes, du moins poui* les dents du bas, repose directement sur le canal dentaire inférieur; près de la paroi postérieure de la crypte existent une ou plusieurs petites ouvertures qui communiquent avec le canal dentaire; c’est là que passent les vaisseaux destinés à la nutrition de la dent en voie de formation.

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Kriiptioii deü dents temporaires. — Quand la couronne dentaire est formée, il faut, pour qu’elle puisse sortir, que l’orifice de l’alvéole s’élargisse et que la partie du sac qui recouvre immédiatement la couronne disparaisse, en même temps que le tissu fibreux aréolaire et la couche épithéliale superposés. Ces parties, qui font obstacle à la sortie des dents, peuvent toutefois se résorber ; cette résorption peut, dans certains cas, se faire parallèlement à l’accroissement et à la sortie de ces organes, de telle sorte que le sujet n’en éprouve aucun inconvénient, bien que ce ne soit pas toujours la règle.

A l’âge de six à huit mois, les incisives centrales inférieures apparaissent; leur éruption est rapide et se complète dans l’espace de trois à dix jours ; puis vient une période de repos de un à deux mois, au bout de laquelle les quatre incisives supérieures opèrent leur descente. Après une nouvelle période de quelques mois, les incisives latérales inférieures

i . Nous conserverons l’ancienne division en deux dentitions, malgré la nouvelle théorie de Magitot, qui admet cinq dentitions. Anatomiquement, il n’y a, à vrai dire, que deux dentitions : l’une spéciale à l’enfance, l’autre plus complète et particulière à l’âge adulte. Que ces deux dentitions puissent se subdiviser en cinq périodes, correspondant aux différentes phases de l’évolution dentaire, c'est possible, mais ce ne sont que des subdivisions de ces deux grandes périodes.

et les quatre premières molaires percent les gencives ; puis, deux ou trois mois après, les quatre canines commencent leur éruption, qui n’est achevée le plus souvent qu’au bout de deux ou trois mois. Enfin, dernière période, apparition des secondes molaires.

Ainsi qu’on le voit et comme l’avait parfaitement remarqué A. Serres \ les dents suivent dans leur éruption une marche régulière, déterminée et invariable. N’est-il })as étonnant que des faits d’observation aussi simples aient échappé à des hommes tels que Bichat, Sabatier, Boyer, etc.?

Cruveilhier et Trousseau % qui de nos jours se sont occupés de la dentition chez les enfants, ont formulé à ce sujet certaines règles que nous croyons pouvoir résumer ainsi :

« 1^" La sortie des dents se fait suivant un ordre donné, toujours le même ;

« ^2^* Les dents se montrent d’abord à la mâchoire infé¬

rieure ;

« 5*" Elles évoluent par paires et symétriquement.

« 4® L’éruption se fait par poussées successives, chaque groupe se trouvant ainsi séparé par une période d’accalmie. D

Trousseau attachait une grande importance à la succession normale de toutes ces différentes phases, se montrant très réservé et redoutant toujours quelques complications fâcheuses, alors qu’il se produisait quelque dérogation à cette règle générale.

Cette première évolution dentaire, envisagée au seul point de vue de l’organe qui évolue, peut se diviser pour plus de netteté en deux grandes périodes.

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