DENTITION NORMALE
Sur une mâchoire adulte, alors que toutes les ditïéreiites parties ont évolué normalement, nous constatons que toutes les dents supérieures recouvrent les dents inférieures et les débordent, bien qu’implantées sur une ligne parabolique de courbure plus prononcée. De là, la nécessité j)Our les dents de s’incliner suivant certaines directions. Les dents de l’arcade supérieure ont une direction oblique de haut en bas et de dedans en dehors, d’autant plus inclinée, qu’elles sont plus rapprochées de la symphyse.
A la mâchoire inférieure, les dents sont inclinées de dehors en dedans et de bas en haut, et d’autant plus obliques qu’elles s’éloignent plus de la symphyse du menton, c’est-à-dire des dents médianes; normalement, les médianes peuvent être (considérées comme ayant une direction verticale.
On n’observe guère, en effet, l’inclinaison antérieure des dents de la mâchoire, inférieure que dans le cas de progna-
thisme lofai, ce qui donne alors à la lace un caractère particulier, qui rappelle les types de race inférieure, caractère qui, d’après les théories Darwiniennes, constituerait un phénomène de retour ou de réversion.
Si, maintenant, nous comparons l’aspect général des deux arcades entre elles (et c’est le point de vue le plus intéressant pour la pratique), nous voyons qu’elles diffèrent essentiellement.
L’arcade supérieure a une forme régulière dont l’évasement s’accentue à la région antérieure.
Fig. 11. — Évasement de l’arcade sopérieuke.
Une seconde petite molaire se trouve en rotation axile de près de ISO* {Coll. pers.).
L’arcade inférieure, du moins pour la portion de la parabole qui correspond à la région incisive, peut être regardée comme une portion de cylindre, tandis que, dans leur partie postérieure, les branches se tordent sur elles-mêmes en s’inclinant fortement en dedans.
A l’arcade supérieure, toutes les faces triturantes des dents se trouvent dans un même plan, tandis que, pour la mâchoire inférieure, le plan qui correspond aux faces homologues des molaires viendrait couper les incisives en un point variable suivant les sujets, et situé à quelques millimètres au-dessous de leur rebord tranchant*
Cette surélévation permet ainsi aux dents du bas de venir frapper les dents homologues de la région supérieure par leur face postérieure; c’est ce chevauchement qui normalement constitue ce qu’en technique dentaire on est convenu d’appeler le croùé,
Telles sont les relations d’ensemble des deux arcades entre elles. Mais les dents de ces deux arcades affectent, soit dans leurs rapports avec les dents de l’arcade opposée, soit dans leurs rapports réciproques, des positions fixes et déterminées, dont nous allons nous occuper.
Appellation des dents. — Avec les anciens auteurs et avec Blandin, nous désignerons les dents d’après leur caractère fonctionnel et non d’après certains caractères naturels, anatomiques, ainsi qu’on a voulu le faire dans ces derniers temps ‘ : caractères fugaces qui peuvent manquer, échapper à un examen superficiel, ou disparaître rapidement par le fait de l’usage : aussi laisserons-nous de côté le mot cuspide employé par bon nombre d’auteurs pour désigner certaines dents*. Du reste, la multiplicité de ces dénominations entraîne la confusion, tous les auteurs se servant, alternative-
1. Broca, Bulletin de la Société d’anthropologie, 1879, t. II, p. 129.
2. On sait que toutes les dents sont plus ou moins cuspidées, c’est-à-dire formées théoriquement par l’agglomération de petits cônes. Si donc on prend comme base de classification ce caractère, ce type primitif conoïde, représenté par la canine dans la série dentaire, il faut le suivre en entier, ne pas le réserver pour une seule variété et dénommer chaque dent par le nombre de ses tubercules ; y arriverait-on, que cela ne suffirait pas encore, il faudrait spécifier en indiquant l’ordre de groupements de ces tubercules, disposition qui, nous le savons, se trouve en rapport avec le mode fonctionnel de l’organe, si l’on ne veut s’exposer à confondre une deuxième grosse molaire supérieure avec une incisive, qui toutes deux sont des tricuspidées.
ment et indifféremment, dans une même description, des termes synonymes de bicuspidées^ de petites molawes, de prémolairej de fausses molaires, etc.
Dans cette synonymie, les grosses molaires sont des mullicuspidées, et les incisives, au point de vue anatomique, aussi cuspidées que les autres, deviennent des cunéiformes.
Pour plus de netteté, nous admettrons deux grandes divisions qui jettent de la lumière là où l’introduction de la désignation d’après le nombre des tubercules amène la confusion :
1" En avant les incisives, modification du- type primitif, conoïde, représenté par la canine ;
2® En arrière les molaires, avec une disposition différente des tubercules; disposition appropriée dans chaque ordre à son mode fonctionnel.
Les incisives se divisent en grandes et petites, ou mieux en médianes et en latérales, puis les canines, qu’on peut faire entrer dans la même classe, ainsi qu’Étienne Geoffroy Saint- Hilaire le faisait pour les canines des rongeurs; enfin, les molaires, divisées également en petites et grosses.
Si pour plus de simplicité on veut résumer en une formule ces différents rapports, on aura poui* la dentition permanente la formule dentaire ordinaire suivante :
liici^ves,
caninesi,
molaires,
îü
ou, la développant pour les besoins de l’étude des anomalies de nombre, nous aurons :