Musée de ramphithéâtre des hôpitaux
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cisives médianes seules sont sorties; le sommet de la couronne des autres dents affleure l’orifice des autres cryptes.
Rapports. — Remarquons que, dans ce cas, la nature a pris soin de rétablir elle-même la concordance des arcades dentaires, en renversant en dedans le maxillaire inférieur, dont la face externe, sur la ligne médiane, se trouve inclinée d’au moins 45 degrés.
Observation V. — M. H. — N*" 646.
Rachitique hydrocéphale ; quatre aii§i.
^ Taille petite, bosses frontales saillantes ; maxillaire inférieur mamelonné; la canine est encore incluse dans le maxillaire.
Rapports. — Rétroversion de toute la région incisive.
Observation VL — M. H. — 671 .
Rnfant de deux an», rachitique.
J Les membres portent à peine des traces de rachitisme ; le sternum, cependant, proémine fortement. La tête est volumineuse, surtout à sa partie postérieure ; les soudures sont incomplètes. Les bosses frontales sont fortement prononcées, et, près de la racine du nez, la suture médiane, non encore ossifiée, présente un intervalle de plus de 1 millimètre ; la fontanelle antérieure est béante et présente une ouverture iozangique,à grande diagonale antéro-postérieure (5 cent. 1/2 sur 2 cent. 1/2). La surface du maxillaire inférieur est mamelonnée et les procès alvéolaires ne sont pas ou sont peu développés; — la symphyse est marquée par un tubercule saillant. — La dentition est très en retard ; les deux médianes ont seules émergé au-dessus des gencives, les autres dents apparaissent à l’ouverture des cryptes ; la grosse molaire se trouve encore enfermée. A l’arcade supérieure, la grosse molaire seule ifest pas encore sortie de sa crypte.
Rapports. — Les dents de l’arcade supérieure sont en rétroversion ; de plus, les canines sont fortement inclinées en dedans et, à l’arcade inférieure, les incisives latérales sont en rotation.
Pour l’arcade supérieure, la tablette externe, enlevée, laisse voir les dents permanentes déjà déviées ; les médianes sont en rotation incentrique latérale; les petites incisives sont situées anormalement, en avant des grandes ;
à gauche, une dent surnuméraire existe, entre la racine de la petite incisive et celle de la canine.
Observation VU. — M. H. — N® 672.
Giifaut de deux ans, rachitique. — Hydrocéphalie
commençante.
L’enfant possède ses vingt dents : les six de la région incisive sont en rétroversion; les centrales chevauchent l’une sur l’autre, la médiane gauche recouvrant la face externe de sa congénère, sur une étendue de 2 mill.; — à l’arcade inférieure, les deux médianes sont fortement inclinées en dedans, cherchant à rencontrer les dents du haut. Le maxillaire inférieur présente, mais à un faible degré, la forme globuleuse ; les procès alvéolaires sont bien développés.
Observation VIII. — M. H. — N® 1749.
Rachitique. — Rnfant de sept ans.
Arcade supérieure en rétroversion ; les dents de la région incisive du bas recouvrent celles du haut de plus de 3 millimètres ; toutes les dents temporaires persistent encore; les premières grosses molaires seules, sont parfaitement sorties.
Nous trouvons, chez ces sujets, cette forme particulière, mamelonnée, qui nous permet de la comparer à une (jonsse de haricot.
Cette disposition à la rétroversion peut également se rencontrer sur des sujets qui ne présentent aucun autre caractère de rachitisme, ainsi que cela existe sur une pièce de notre collection, pièce que nous devons à l’amabilité de M. le docteur Farabeuf.
A toutes ces causes de rétroversion nous devons ajouter la saillie anormale du menton, saillie rare, il est vrai, et enfin une disposition vicieuse des follicules dentaires.
Dans les observations qui précèdent, la rétroversion portait
sur la totalité de l’arcade dentaire. Mais cette difformité peut, comme pour l’antéversion, n’intéresser qu’unë ou deux dents: ces cas, alors, rentrent d’emblée dans l’hétérotopie. La rétroversion n’est alors que la conséquence d’une anomalie d’éruption et pourrait avoir son point de départ dans les causes que nous avons signalées précédemment ; la canine, plus. que toute autre dent, paraît sujette à cette déviation. Dans l’observation porlant le n*^ 644, nous avons vu le maxillaire inférieur se renverser en dedans et rétablir ainsi les contacts des deux arcades; ce fait nous paraît général. En effet, dans la majeure partie des rétroversions de l’arcade supérieure, les dents inférieures sont ou droites ou inclinées en dedans, de manière à venir rencontrer les dents supérieures. La nature semble ainsi vouloir, par une direction anormale, résultat d’une espèce d’attraction réciproque, corriger une déformation nuisible au fonctionnement de l’organe. Le plus généralement, les incisives ne laissent pas, entre elles .et les premières petites molaires, un espace sufüsant pour loger les canines, et alors les canines inférieures sont saillantes. D’autres fois, les canines qui, à la mâchoire inférieure, évoluent avant les petites molaires ou en même temps, participent à l’inclinaison, et une des petites molaires, chargée de fournir la place, se projette le plus généralement en dedans.
§ 4. — L.ytériversion.
Dans cette anomalie de direction, la dent est inclinée soit d’un côté, soit de l’autre, sans faire saillie ni en dedans ni en dehors de Tarcade dentaire. Cette anomalie peut présenter tous les degrés, jusqu’au renversement complet; dans ce
cas, la dent reste le plus souvent enlermée dans le maxillaire et la déviation est méconnue. — ^ Tomes en a réuni un certain nombre de cas. Personnellement, nous avons pu voir, à l’école pratique, dans le laboratoire de W. le professeur Le Foi*t, nne dent de sagesse (troisième grosse molaire supérieure), située horizontalement d’arrière en avant, la surface triturante venant s’appliquer contre les racines de la deuxième grosse molaire. Le musée de Clamart et le musée Dupuytren en renferment également quelques exemples L
L’anomalie peut être congénitale ou acquise.
Les anomalies congénitales sont de beaucoup les plus fréquentes et les plus sérieuses ; elles reconnaissent pour cause .une anomalie primitive dans la direction du follicule dentaire, ou quelques modifications morphologiques du squelette. Dans ces cas, la déviation est primordiale, c’est-à-dire que la dent apparaît avec sa direction vicieuse.
Les anomalies acquises sont dues aux obstacles que rencontre la dent pendant l’éruption, tels que : affections osseuses, persistance des racines des dents temporaires, privées de vitalité. Nous avons vu que cet accident pathologique, qui s’observe dans la majeure partie des cas, a pour conséquence le désaccord entre la résorption des racines temporaires et l’évolution des dents permanentes. L’extraction des dents permanentes peut également amener cette inclinaison, mais lentement, et d’autant plus tardivement que cette extraction a été faite à un âge déjà avancé. Dans ces cas, les couronnes des deux dents s’inclinent l’une vers l’autre, les racines conservant presque toujours, au début, leur point d’implantation.
1. Musée Dupuytren. N® 05. — Inclinaison antéfieuro de la dent de sagesse de l’arcade inférieure droite; la dent est située horizontalement.
Mus. de ramphillî. des hôp. S. V. N° 2017. Obs. déjà citée.
L’absence congénitale de certaines dents peut, dit Magitot, amener l’inclinaison des dents voisines. Dans ce cas particulier, les dents se rapprochent; il se produit alors bien plutôt une hétérotopie par absence qu’une inclinaison latérale. On rencontre très souvent cette inclinaison chez les canines qui viennent remplacer les petites incisives manquantes ; les grandes incisives ont leur axe situé dans une direction normale, mais ont voit alors un petit intervalle entre les dents qui s’écartent et on peut observer un géantisme des grandes incisives. — Nous ne voulons pas parler ici des dents gémellaires.
Une et même plusieurs dents peuvent manquer, les espaces rester béants et les organes voisins n’en conserver pas moins leur rectitude normale. C’est ce que confirment les deux observations suivantes : le sujet de la première observation (dame de 55 ans environ), n’ayant jamais porté d’appareil, présente une absence congénitale des incisives latérales supérieures, ainsi que des petites molaires des deux arcades; non seulement les incisives centrales supérieures ne sont pas penchées du côté de l’espace vide, mais elles présentent même une légère inclinaison vers la ligne médiane, c’est-adire du côté opposé. Chez le sujet de la seconde observation (dame du même âge), qui ne porte un appareil que depuis quelques années, on constate l’absence, également congénitale, des incisives de l’arcade inférieure, et cependant les canines ne se sont pas inclinées, On ne peut nous objecter la présence d’appareils prothétiques qui, portés dès l’origine, auraient, sinon redressé, du moins empêché l’inclinaison ultérieure des dents. Ces exemples ne sont pas, du reste, aussi rares qu’on voudrait le croire*
On comprend difficilement comment un observateur aussi
rigoureux que Magitol a pu dire que la déviation dont il s’agit « se produit toutes les fois qu’une dent rencontre dans le cours de son éruption : d’une part, un obstacle plus énergique (|ue l’effort qu’elle exerce sur elle-même ; d’autre part, un espace vide voisin, dans lequel elle peut s’incliner. On observe, dit-il, cette déviation lorsque, par suite de l’absence congénitale de certaines dents, les voisines, n’étant plus maintenues à leur place et dans leur direction naturelle, se dirigent vers cet espace et ne s’arrêtent dans ce mou-
vement que lorsqu’elles trouvent, dans une dent placée à certaine distance, un point résistant qui les fixe. L’anomalie peut affecter indifféremment toutes les dents lorsqu’elles se trouvent dans les conditions que nous venons d’indiquer L » Magitot^ cite le cas représenté pl. XII, fig. 15, qui prouve justement le contraire de ce qu’il avance. La canine, en effet, est située en dehors de l’arcade, et la première petite molaire, accolée contre l’incisive, laisse entre elle et la première grosse molaire permanente un espace équivalent à la deuxième petite molaire, dont on peut constater l’absence congénitale.
Et, cependant, la premièj*e petite molaire n’est pas venue prendre la place résultant de l’absence congénitale de la deuxième ; elle s’est portée sur l’incisive, de telle sorte que la canine, descendant normalement , n’a pu la faire reculer, suffisamment du moins, au moment de l’observation.
Pour les molaires, ces déplacements se présentent rarement ; et, quand on les rencontre, ils constituent la complication insignifiante d’une déviation, soit en dedans, soit en