MALADIE DE MORVAN
Les déviations observées dans la maladie de Morvan doivent se placer à côté de celles qui existent dans la syringomyélie. Ces deux maladies, en eflet, sont proches parentes, si elles ne sont même identiques. Bernhardt. qui à mis en lumière l’importance des déviations de la syringomyélie, avait précisément invoqué ces modifications du rachis, semblables dans les deux affections, comme un argument en faveur de leur identité.
Broca, le premier, a attiré l’attention sur cette manifestation de la maladie de Morvan. Prouff en signale ensuite un cas. C’est alors que Morvan lui-même, à qui ce symptôme avait d'abord échappé, porta ses investigations sur ce sujet, et, réexaminant 12 des 18 malades qu’il avait antérieument observés, trouva la scoliose chez six d’entre eux. Il en trace les caractères et en discute la pathogénie.
Symptomatologie. — Dans les cas observés par Morvan, la déviation était toujours à droite, comme c’est la règle pour les scolioses qui surviennent à un certain âge. La courbure occupait toute la région dorsale, sauf dans un cas où elle n’intéressait que la partie supérieure du dos. La scoliose était toujours assez peu marquée, de sorte que les malades en‘ignoraient l'existence ; on ne pouvait donc savoir à quelle époque elle avait commencé. « L’existence de la scoliose ne tient, dit Morvan, nt à Pancienneté, ni au degré ou à l'étendue de la paréso-analgésie... Elle ne paraît pas en rapport avec l'existence de lésions arthropathiques des membres... En revanche, il y à
‘une relation marquée entre le début de la scoliose et le côté qui a été pri-
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mitivement frappé de paréso-analgésie ». Dans les huit cas de scoliose connus de Morvan, la paréso-analgésie a débuté, en effet, six fois à droite et deux fois à gauche. Cela expliquerait la fréquence proportionnellement plus grande de la scoliose chez homme (6 hommes et seulement deux femmes) le début se produisant plus souvent à gauche chez la femme, inversement à ce qu’on observe chez homme.
Pathogénie. — L'hypothèse de Broca, acceptée par Prouff, puis combattue par Morvan, et d’après laquelle la paréso-analgésie serait consécutive à la scoliose, est peu acceptable, même dans les cas où la scoliose précède les manifestations nerveuses caractéristiques.
D'ailleurs Broca lui-même s’est rallié, du moins pour la généralité des faits, à l’interprétation de Morvan, et il range la scoliose de la parésoanalgésie dans le groupe des déviations qu'il a dénommées scolioses trophiques (4). « La scoliose, dit Morvan, viendrait se placer à côté du panaris, de larthropathie, de la fracture spontanée, de l’ostéophyte ». Autant de désordres trophiques du système osseux qui ressortissent à la paréso-analgésie.