‹ Des différences individuelles de la réfraction de l'oeil [electronic resource]Chapitre 11 sur 18 · III. — Œil myope · texte numérisé non relu

III. — Œil myope

Dans l'œil myope, les mêmes changements se répètent; seulement ici nous avons, dans la plupart des cas, une complication, à savoir la marche progressive de la myopie.

Dans ces cas-là, nous n'avons plus un œil normal. Cependant l'œil myope est également digne d'être examiné à ce point de vue, car, malgré ces variations individuelles, nous constaterons la même influence de l'âge.

Des statistiques exactes, reposant sur un grand nombre d'observations, ont démontré que l'on peut admettre trois catégories de myopies, une myopie slalionnaire, une myopie temporairement progressive et une myoj)ie constamment progressive. La plupart des cas de myopie appartiennent à la deuxième catégorie. En général, c'est entre la quinzième et la vingt-cinquième année que l'on observe cette progression temporaire. C'est là l'âge critique pour les myopes, et ordinairement cette progression est d'autant plus forte que le degré de la myopie était déjà plus élevé. Les différences individuelles nous forcent à consacrer trois figures à la myopie.

Dans la figure 10, nous représentons une myopie stationnaire. L'on observera cependant que la myopie augmente de ^ jusqu'à ~; mais cette augmentation dans les premières périodes de la vie peut être considérée comme la règle, et tant qu'elle n'est pas plus considérable, nous pouvons, par opposition à la myopie progressive, considérer ces cas comme stationnaires; mais à proprement parler, il n'existe pas de myopie absolument stationnaire. En général, ce sont les faibles degrés de myopie qui appartiennent à cette catégorie; c'est pourquoi

la figure ci -dessous représente une myopie de ^. Cependant l'on observe souvent des exceptions, et il arrive aussi bien que l'on voit progresser des myopies plus faibles encore (et qui finissent même par devenir considérables), ou au contraire rester stationnantes des myopies beaucoup plus fortes.

Fig. 10.

Mais si la marche de la myopie est favorable , elle reste stationnaire chez l'adulte, et peut même diminuer à mesure que l'âge avance. C'est ce qui est représenté à dessein dans la fig. 10, quoique ce ne soit point là le cas le plus fréquent.

L'opinion généralement répandue que la myopie diminue avec l'âge, est une erreur qui repose en grande partie sur ce que l'on a déterminé le degré de la myopie en partant du point le plus rapproché de la vision, mais en partie aussi sur ce fait irrécusable : que quelquefois la vision à de grandes distances devient plus distincte, ce qu'il faut en partie attribuer à la diminution progressive du diamètre de la pupille.

Les deux figures suivantes, fig. 11 et fig. 12, n'ont pas besoin d'explication.

La première (fig. 11) représente une myopie temporairement

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progressive qui, entre la 13e et la 35e année augmente de \ à ' pour rester alors stationnaire. L'augmentation relative la plus considérable a lieu de 18 à 22 ans.

Fis. 11.

Dans la seconde enfin (fig. 12), l'on voit une myopie constamment progressive. C'est là une forte myopie, qui augmente beaucoup jusqu'à la 25e et même la 35e année, pour progresser ensuite plus lentement.

Nous n'avons pas à nous occuper ici des causes des diverses variations que nous observons dans la marche de la myopie. Elles résident dans les altérations que subissent les membranes de la partie postérieure de l'œil par suite de l'allongement de l'axe optique. Nous renvoyons ici à ce que nous avons dit précédemment sur ce sujet. Mais nous devons rechercher maintenant à quelles causes nous pouvons attribuer ces changements qui, avec l'âge, entraînent pour tous les yeux une diminution de la latitude de l'accommodation, diminution que nous constatons de la manière la plus évidente dans l'œil emmétrope. — Pour ce qui est des changements que l'on observe dans la position du point r (remotissimum), ils s'expliquent facilement

DE LA RÉFRACTION DE l'OBIL. 31

par l'augmentation du coefficient de réfraction des couches extérieures du cristallin, ce que prouve la plus grande réflexion régulière de sa surface antérieure. Or, Young a déjà fait remarquer, et cela a été prouvé depuis par Senff, Listing et d'autres, que la différence de réfraction entre les couches externes et le noyau du cristallin diminue notablement la distance focale ; le cristallin, tel qu'il est en général, a une distance focale moins grande que n'aurait un cristallin de la même forme, mais qui serait entièrement composé d'une substance ayant la même réfraction que le noyau. Il s'ensuit donc que l'augmentation de densité des couches extérieures augmente la distance focale.

Fi?. 12.

Peut-être aussi, comme plusieurs l'ont admis, le cristallin est-il plus aplati chez les sujets avancés en âge ; mais ce fait n'est pas démontré. Quant à l'éloignement de l'œil du point p, d'où résulte naturellement une diminution considérable de la latitude de l'accommodation, on ne saurait en chercher la cause dans un affaiblissement du système musculaire intraoculaire. Peut-être a-t-il quelque influence dans un âge avancé, mais ce n'est point là la raison principale, car, comme nous l'avons vu,

le point p s'éloigne considérablement de l'œil bien avant la 40° année, et à cette époque les muscles ont encore conservé toute leur force.

Donders l'attribue à une augmentation de la consistance du cristallin, sur lequel la même force ne saurait avoir autant d'action, et par conséquent ne pourrait produite que des changements de forme moins considérables ; et ce changement dans la consistance du cristallin se manifeste déjà à un âge peu avancé.

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