‹ Des différences individuelles de la réfraction de l'oeil [electronic resource]Chapitre 12 sur 18 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

PRESBYOPIE.

Nous avons, dans les chapitres précédents, étudié les divers états de la réfraction de l'œil et les changements séniles; pourquoi donc, dira-t-on peut-être, n'a-t-il pas été question de la presbyopie? Mais ceux qui nous auront suivi attentivement jusqu'ici auront déjà compris que nous avons décrit la presbyopie, et que si nous avons évité de la nommer, c'est pour mieux faire sentir combien l'on avait tort de la considérer comme un élut bien défini et de l'opposer à la myopie.

Pour parler un langage strictement scientifique, nous devons appeler presbyopie tSut changement sénile dans la réfraction et l'accommodation de l'œil. Cependant ce n'est point là l'acception générale de ce mot, et l'on admet la presbyopie à partir du moment où le point le plus rapproché de la vision distincte est trop éloigné pour satisfaire à nos besoins habituels (lire, écrire, etc.). L'on comprend qu'il est important d'avoir une expression pour désigner cet état, et pour cela le mot de « presbyope » est excellent; mais il exprimait une idée par trop vague et arbitraire. C'est pour obvier à cet inconvénient réel que l'on est tombé d'accord d'admettre l'existence de la presbyopie dès que le point p est situé à une distance de l'œil qui dépasse 8 pouces. C'est là une limite purement conventionnelle et qui n'implique nullement la nécessité que chacun alors ait besoin de lunettes. Le grand avantage d'admeltre un point fixe où commence la presbyopie, est de pouvoir ainsi en déterminer la valeur numérique qui sera toujours \ — -.

DE L.\ ItÉFRACTION DE L'OEIL.

H s'ensuit que le myope de — ^ne saurait devenir presbyope ; mais cela peut arriver pour des myopies plus légères. Ainsi, si par exemple nous avons un myope de ^ dont la latitude de l'accommodation soit égale à ^, il sera également presbyope de ^. Cela veut dire, en d'autres termes, qu'il voit distinctement de 12 à W\ car alors la myopie sera égale à la latitude de l'accommodation sera i — ^ = ^, et sa presbyopie {- — ^ = ~. •

Cet exemple prouve de nouveau combien il est irrationnel d'opposer la presbyopie à la myopie, puisque nous pouvons rencontrer les deux états chez le même sujet.

Quant à l'œil emmétrope, si par exemple il a son point p à A", il deviendra presbyope dès que ce point p reculera de plus

de ±. En effet, ! - ± .= }.

L'hypermétrope, enfin, devient presbyope dès que les verres qui neutralisaient son hypermétropie ne suffisent plus pour une distance de 8 pouces. — La presbyopie ne dépend donc pas d'une différence dans la réfraction de l'œil, mais d'une diminution de la latitude de l'accommodation, diminution qui est en rapport avec l'âge de l'individu.

L'ancien usage d'admettre une relation constante entre les verres requis par lés différentes personnes et leur âge, quoique n'étant pas susceptible d'application pratique, parce qu'il ne saurait être utile pour tous les yeux (myopes, hypermétropes), reposait cependant sur une base très-scientifique et sur une observation très-juste, s'il ne s'agit que de l'œil emmétrope. En effet, ici les différences individuelles sont insensibles, et les exceptions apparentes à cette règle générale tiennent à ce que l'on a méconnu des cas de myopie ou d'hypermétropie légères. Il est très-intéressant de consulter aussi sous ce rapport le tableau schématique que nous avons donné précédemment (tableau I, page 11). Cette influence de l'âge et cette progression constante ne sauraient être mieux indiquées que par la différence des lignes qui donnent la mesure de la latitude de l'accommodation de l'œil normal aux différentes périodes de la vie.

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