A K LE DOCTEUR
Henri DOR, de Vevey (Suisse)
« Simplex sigilliun veri. »
Une ère nouvelle a commencé pour l'oculistique à partir du jour où l'ingénieux Helmholtz a, par la construction de son ophthalmoscope, donné à chaque médecin un moyen sûr et facile de reconnaître avec exactitude les affections les plus profondes de l'œil. Mais combien de questions de physiologie ne sont pas arrivées à une solution définitive grâce à ce même instrument?— Les études classiques dedeGrœfe sur le strabisme n'ont-elles pas complètement changé la physiologie des muscles de l'œil? Quant au chapitre de la réfraction que nous désirons étudier maintenant, nous verrons par la suite les nombreux faits nouveaux pour la physiologie , que nous devons, en partie du moins, à l'observation, à l'étude de cas pathologiques. Il nous suffira de mentionner ici : la latitude de l'accommodation (latitude absolue et latitude relative) ; l'influence de la réfraction sur cette latitude relative ; les changements que l'âge doit nécessairement apporter à cet état physiologique ; la démonstration de l'absence totale d'accommodation dans les cas d'aphakie (absence du cristallin); l'aberration monochromatique qui, étant très- compliquée et nullement symétrique, ne saurait être comparée à l'aberration sphérique admise encore par presque tous les physiologistes. Nous verrons aussi combien sont inexactes les données que l'on rencontre dans la plupart des ouvrages de physiologie sur la myopie, la presbyopie, etc., etc.
C'est, comme on le sait, aux recherches persévérantes du professeur Donders , recherches auxquelles il a apporté toute l'exactitude qui caractérise tous ses travaux, que nous devons l'immense progrès que la question de la réfraction vient de faire dansées derniers temps, et ces résultats sont si importants, que nous croyons rendre un véritable service à la science en nous appliquant à les étudier et à les faire connaître.
Le travail qui va suivre est dû à l'examen clinique d'un grand nombre de cas, que nous avons analysés avec soin sous la direction du professeur Donders lui-même, aux nombreuses communications orales qu'il a bien voulu nous faire, et enfin à l'étude de deux mémoires qu'il vient de publier sur ce sujet : l'un dans les Archiv fur Ophthalmologie , VI Bd., \ Th.; et l'autre sous forme d'une monographie, en langue hollandaise, intitulée : Ametrçpie en luire gevolgen.
Puisse cet essai être digne du maître qui l'a inspiré !