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toni où le st'iitiîueDl rcii^ieux n'est pas ou fanalicinc ou un prétexle ininioial, ii prenne garde à rindinVrentisme qui entoure bientôt toutes les populations où la religion ne s'épure pas, ef rpj'il considère aussi l'état malheureux de ces peuplades qui sont plongées dans l'abriilissement moral, intellectuel et industriel, parce que le développement de leur raison n'est pas permis par cette doctrine qu'elles appellent religion. Au lieu de l'état d'intolérance religieuse, de machinations secrètes et d'animosilé ouverte qui déparent encore les nations civilisées plus rju'elles ne le pensent, quelle heureuse perspective s'ouvrirait pour l'avenir! INonseulement le bonheur mutuel des chrétiens serait consolidé, mais encore leui- force morale collective à convertir les païens lecevrait un accroissement immense si tous les chrétiens se réunissaient autour d'une même religion philosophique, commune à tout homme éclairé, parce qu'elle est tirée de la raison que chacun doit sentir le besoin de cultiver avant qu'il puisse être certain s'il y a de la religion ou de la superstition dans la croyance qu'on lui propose ordinairement.
Il ne nous serait pas permis peut-être de donner j)lus de développement aux idées qui nous ont été suggérées par l'étude de la situation actuelle des affaires religieuses en Allemagne, en Belgique et en Suisse, et aussi par la découverte d'une philosophie si satisfaisante et si profondément religieuse que celle de Krause * ; mais ces dissertations en matière de reli-
(i) On ne doit pas contonilrc le nom de ICrause avec celui de {^!|aiis;i. Le livre de ce dernier, (^ue nous n'avons pas lu pourtant, ue
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gion étant devenues un sujet de i,Maves (!irfti<'ii(!s , non - seulement en Alleniai,me, mais dans lout le monde, nous n'avons pas pu l'éviter; toutefois, (juant à la manière convenable de terminer ces différends, nous y avons touché seulement parce que nous espérons bientôt voir sortir du sein des églises chrétiennes en Allemagne un projet là-dessus, tel qu'on peut l'attendre de l'esprit aussi doux et cal nie qu'éclairé et zélé du clergé allemand, qui à ces mérites joint celui qu'on ne trouve pas partout ailleurs, d'une affabilité toujours prête à entrer en discussion sur ces matières.
Le domaine du droit naturel a dû aussi, parla philosophie de Krause, être soumis à une culture toute nouvelle. Toutes les questions qui s'y rapportent se trouvent exposées d'une manière tiès claire dans le cours de M. Ahrens, auquel il donne le nom de philosophie du droit. Sans en donnei' des extraits suffisants pour qu'on puisse se passer de lire cet ouvrage, nous tâcherons d'en donner une idée en citant quelques mots çà et là.
Le droit étant défini : « L'ensemble des conditions externes et internes dépendantes de la liberté et nécessaires au développement et à l'accomplissement de la destination rationnelle, individuelle et sociale de l'homme, » se distingue de la morale. Celle-ci s'adresse seulement à la conscience, n'exigeant que bonne volonté, aljsence de toute contrainte et pureté de motif; le droit, au contraire, porte un caractère tout extérieur, permet l'emploi de la contrainte, et con-
devrail pas être capable de faire tout le mal qu'on lui suppose, à côté de la philosophie de Krause.
cerne les rapports conditionnels delà vie. Lanotionde droit est universelle, se rapportant à tous les buts tant physiques qu'intellectuels, en ne les louchant que du côté conditionnel, c'est-à-dire en tant qu'ils dépendent de conditions qui doivent être fournies pour qu'ils puissent exister et se développer.
La liberté de l'homme est une condition nécessaire pourledéveloppementdesesfacultés;maisellenepeut pas seule servir de guide et ne doit pas être confondue avec la volonté. Il y a des hommes chez lesquels la réflexion et la raison sont très peu développées : ces hommes jouissent de très peu de liberté. Elle n'existe complète pour l'homme que quand il agit moralement d'après des motifs désintéressés. La liberté n'étant qu'une faculté, elle doit être appliquée à un objet, à un but. Le but général étant l'accomplissement de la destination, tant sociale qu'individuelle, de l'homme, il en résulte qu'il y a autant d'espèces de hbertés qu'il y a de buts particuliers, savoir : une liberté religieuse, une liberté morale, une liberté pour les sciences et l'enseignement, une autre pour les beaux-arts et les arts mécaniques, l'industrie et le commerce, et enfin une liberté juridique et politique. Il appartient à la science du droit de déterminer les conditions de cette liberté.
Ayant de plus démontré que le gouvernement de l'Etal n'a pour objet que l'exercice du droit et de la justice, c'est-à-diie la conservation aux individus de la liberté juridique et politique, l'auteur indique les raisons pour lesquelles l'Etat doit pourtant fournir les conditions extérieures du développement intellectuel, mural et physique des hommes, écarter les obstacles et
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venir à son aide par des moyens evtérieurs tout en se gardant bien d'inleivenir dans ie mouvement intérieur decedéveloppement, et moins encore à le diriger.
Or les hommes sont régis intérieurement et par le sentiment et par la raison. Le premier, quoique empreint du caractère général de liberté, est cependant moins libre que l'intelligence, dont il doit subir l'influence, souvent assez longue pour échapper à ses habitudes et pour recevoir une direction conforme aux idées de la raison. Le sentiment étant plutôt une faculté de réception et d'assimilation, qu'une faculté de production et d'invention, les idées nouvelles formées par celle-ci doivent être transformées successivement en îiabitude. Le sentiment étant donc naturellement conservateur et la raison réformatrice, l'influence de la dernière sur les mœurs est sûre mais lente, agissant d'après des lois analogues à celles qui régissent le développement intellectuel de l'homme.
En parlant du mode de réalisation du but social, l'auteur dit, que tout autre système de liberté que celui qu'il vient de décrire présente de graves inconvénients, auxquels il est urgent de chercher un remède. En abandonnant chacun à son intelliurence et à ses propres efforts, il a provoqué non-seulement une concurrence circonscrite dans les limites de l'émulation, mais une lutte entre tous les intérêts et toutes les forces des individus, dans laquelle les plus faibles doivent succomber, ou se laisser exploiter par les forces plus puissantes. Encore dans cette lutte, ce ne sont pas les plus forts en intelligence et en moralité qui dominent les autres, ce sont au contraire les passions vicieuses qui, en se faisant jour dans un sys-
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ieme de liberté illimitée, ont triomphé des facnllés morales j)lus nobles, à tel point même, qu'elles pouiraient faire perdie la confiance dans la nature morale de riiomme. Il en est de même de la société comme de l'individu. Une fois cpie le lien et l'harmonie entie les facultés se trouvent brisés et que l'individu s'abandonne au gré de ses passions, sans les retenir chacune dans sa juste limite et sans les diriger toutes pai- la faculté suprême de la raison, les passions inférieures j)rennent bientôt le dessus sur les dispositions généreuses, et par là, Ihomme s'abrutit, au lieu de devenir plus moral par un enq^loi plus rationnel de sa liberté. L'absence (le lien et de coordination entre les forces sociales doit donc produire un désordre analogue, dans lequel l'individualisme, avec toutes ses conséquences, remporte sur les intérêts généraux de l'homme et de la société. Il en est résulté que les meilleuies idées, que les formes les plus utiles conçues par l'intelligence, n'ont pas pu trouver d'application dans un milieu social, vicié dans ses éléments fondamentaux. Les hommes assez généreux pour résister au découragement qui a envahi un grand nombie d'esprits bien intentionnés, mais faibles, ont continué ;i faiie entendre la voix des réformes; et secondés par les nécessités de la vie, par les besoins d'amélioration, sentis impérieusement dans les différentes institutions sociales, leurs efforts longs et pénibles ont été de temps en temps couionnés de succès. Mais l'examen de la situation acluelle des esprits dans les pays (pii, juscju'à présent, ont plus ou moins complètement adopté le système de libeité,doit convaincre leshomn»es pensants que ce système seul ne peut pas deve-
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nir ou rester le principe d'oiganisalion sociale ; (}u'il conduirait au contraire, dans son applicalion exclusive et complète à une vciilable découjposilion de la société. Car que pourrait-on attendre autre chose d'un principe qui, en consacrant l'individualisme, crée une foule de volontés diveigenles qui, sans accord, sans direction et sans but commun, doivent finir par se faire mutuellement la guerre? Mais si le mal vient du principe exclusif de liberté individuelle, le remède doit se trouver dans un autre principe qui, sans détruire le premier^ établisse plus ou moins une communauté de vues et d'intérêts entre les hommes, et rende ainsi possible une direction et une coordination des efforts de tous. Or ce principe est celui de ïassociation, mode vrai et complet pour réaliser tous les buts importants de la sociéîé.
]Nous ne finirons jamais ces citations si nous continuons à montrer comment le principe d'association a été développé par ls\. Ahrens pour être adapté à tous les buts de la vie; comment, en tiailanl du droit public, il a déterminé le but de lEtat, donné une nolion correcte du pouvoir, en faisant la distinction entre la puissance sociale d'un peuple qui se divise en autant de branches que les buts de l'homme, et entre la puissance politique^ qui en rigueur ne devrait s'occuper que de son but particulier; comment le développement exagéré du pouvoir politique explique la décadence subite de (juelques nations, et qu'il manque à cette organisation politique, qu'on appelle centralisation, tout contre-poids des puissances intellectuelles, morales et industrielles. Toutefois, en suivant ce cours d'étude, on trouvera que l'auteur n'a pas
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d'un seul pas dévié de ses principes, et qu'en établissant le droit comme supérieur aux institutions du passé, ces dernières n'ayant aucun droit à la conservalion, si elles ne sejuslifient pas parles intérêts actuels d'une nation, il reconnaît non-seulement que l'exercice de la souveraineté d'un peuple, à un degré inférieur de culture, est plutôt un obstacle qu'un moyen favorable à son développement ultérieui'. « Cn pouvoir, dit-il, peut avoir son origine dans des faits qui en eux-mêmes ne peuvent pas être justifiés; mais lorsque le pouvoir est ensuite exercé comme l'intérêt delà nation et le degré de sa culture le comportent , il est léf!;itime,parcequ'ilse conformeau principe de la justice. La meilleure forme d'un gouvernement est toujours celle qui, à une époque donnée, satisfait le mieux les intérêts généraux, en plaçant dans les mains de ceux qui peuvent faire triompher, avec le plus d'indépendance et d'intelligence, le principe de justice sur l'ignorance et l'intérêt particulier. »
M. Ahrens ajoute dans une note ce qui suit : « Vne des meilleures appréciations qui aient été faites, dans les temps modernes, des différentes formes de gouvernement, se trouve dans le Grundzuege der poUtik des Redits [y vm(i\^e de politique de droit) par le Dr. K. Roeder,vol. I, Darmstadt, 1 807, ouvrage dans lequel l'auteur a cherché à fonder la politique sur le principe de justice qui lui sert ensuite de critelium dans tous les jugements qu'il porte sur les diverses formes gouvernementales. M. Roeder a adopté, en principe, la théorie de Krause sur le droit, et en a fait une heureuse application aux matières impor^ tantes (ju'il a traitées. »
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L'ouvrage mentionné de M. Boeder est dans nos niains; nmis nous croyons, d'après ce qu'en a dit M. Aiiiens, devoir nous borner à une seule observation :c'eslcjue l'opinion que nous avons expiiniée' sur la préférence du gouvernement monarchique constitutionnel, y a été développée de la manière la plus complète, toutefois, en proposant des garanties dont la nature et la valeur méritent toute considération.
Ï3'après le plan qui fut d'abord arrêté pour cet article sur l'Allemagne, il devrait se terminer ici. Mais, après avoir tracé, bien imparfaitement sans doute, les éléments du corps politique et les ressorts intérieurs qui sont en mouvement chez le peuple, et après avoir cru y trouver une marche rapide vers un terme critique ou décisif, nous ne croyons pas hors de propos de hasarder quelques réflexions sur l'horizon politique extérieur qui entoure ce groupe intéressant, et qui sans doute au moment actuel influera beaucoup et sur l'intensité de la fermentation interne et sur son développement final.
L'Allemagne, émancipée et concentrée en unité politique indépendante de la diplomatie secrète des puissances étrangères, ne trouvera chez les [)euples Scandinaves que des vœux sincères et des sympathies prêtes à l'assister, s'il en était question, utîiquement parce que ces peuples auraient tout lieu de croire que la politique de cette Allemagne renouvelée serait,
(i) Voyez cljap. II, page .',7.
comme la leur, paisible, philanthropique el lendiuU vers l'établissement du droit égal pour toutes les nations.
Quant à l'Angleterre, malgré le caractère de sa politique, comme nous l'avons conçue, ses sentiments devraient être de même généralement favorables à l'Allemagne, vu les intérêts immédiats de l'Angleterre et le développement probable de la question de douane sur le blé, si toutefois les questions anglaises ne se terminent pas par une guerre. Les intérêts de famille, quant au Hanovre, devraient, à ce qu'il nous semble, reculer devant des intérêts plus grands, et toutefois la visite du monarque prussien en Angleterre ne peut être considérée que comme un signe marquant du rapprochement de ces deux Etats.
De même le peuple allemand, en action pour se délivrer de ce système gouvernemental, qui lui donne une échelle successive de maîtres souverains, sans savoir presque par lesquels il est gouverné ou auxquels il a à obéir principalement, n'aurait certainement rien à craindre ni des Hollandais ni des Belges; mais d'un autre côté, c'est-à-dire de la Russie, il peut avoir à craindre des démonstrations hostiles, sinon une invasion. Heureusement il y a, dans la question polonaise, question qui d'ailleurs n'a l'air de vivre que dans la rénuniscence, un élément qui paraît offrir à l'Allemagne, dans un intervalle qui pourtant ne durera pas longtemps, une sauvegarde, sinon un auxiliaire. Le cordon triple de douane, dans son principe, nous semble pour le moment être un événement favorable à l'Allemagne.
rsous passerons sous silence les complications (pii,
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par un tel mou veinent que nous avons supposé, auront lieu dans la politicjue de l'Aulriclie. A en juii;er superficiellement, celle-ci ne pourra élre très dangereuse si les mesures des Allemands sont fermes et décisives.
Reste donc à considérer la politique de !a France sous ce point de vue. Quelle sera-t-eile? Aura-t-elle égard aux intérêts des deux nations et à ceux de toute la civilisation, ou ces sortes de considérations, qui inspirent ordinairement des relations de cour à cour, des liaisons diplomatiques, auront-elles le pas, comme dans une question de cérémonie? Nous ne le savons pas, nous n'avons encore rien compris de la politique française, et peut-être nous ne la comprendrons jamais. Donc, ne pouvant y découvrir un but déterminé, nous n'en parlerons pas; mais qu'il nous soit permis seulement de dire ici, par rapport à l'Allemagne pour qui il est d'une importance majeure de bien connaîtic les vues de la France dans un mouvement éventuel, serait-il possible que la majorité du peuple français, un peuple ayant déjà atteint une population de trentequatre-millions, convoitât encore les provinces Rhénanes, et qu'on considéiàt le Rhin, depuis Strasbourg à la mer, comuie la frontière naturelle de la France, jusqu'où elle déviait chercher à s'étendre? Si tel est le cas, comme nous avons le droit de le présumer par l'aveu public de plusieurs organes de la législation et de la presse, nous prions qu'on veuille bien nous permettre, en conclusions, les trois observations suivantes : 1° Que le peuple Allemand au côté gauche du Rhin a reçu, depuis la Restauration française, un motif nouveau pour ne pas désirer l'union avec la
France, ])arce que celle-ci a eu depuis ce temps ses impôts doublés, sinon triplés, pendant que les provinces en question sont restés sans aggravation ultérieure. 20 Que si le Khin, depuis Bàle jusqu'à Strasbourg, peut être considéré comme une frontière passablement bonne, parce qu'il y a, des deux côtés de la rivière, des marais de trajet difficile, ce fleuve devient, à mesure que la navigation et le trafic augmentent, une très mauvaise frontière, c'esl-à-diie un terrain, si nous pouvons parler ainsi, où non-seulement tous les intérêts individuels et journaliers^ mais aussi les antipathies nationales (s'il en existe) seront dans une lutte éternelle, et ne tarderont pas à éclater et à amener des collisions fâcheuses, dans le cas où les deux rivages appartiendraient chacun à une autorité différente. Le canal du Rhin, du moins jusqu'à Dusseldorff, est trop étroit pour permettre une juridiction divisée. La navigation libre, sous des termes convenus quant aux règlements de police, sera beaucoup mieux établie, à ce que nous croyons, sous une seule autorité, aussitôt que les gouvernements respectifs voudraient léelleinent rester en état de paix et d'amitié entre eux.
Quant à la troisième et dernière réflexion dont le développement formel des arguments pour et contre, sous des points de vue différents, serait d'une longueur qui nous effraie, d'autant plus qu'il nous manque les connaissances nécessaires de détails industriels et mercantiles, deux mots suffiront en forme de souhait politique : Que les peuples Français et Allemands se rapprochent autant que possible dans leurs vues tant politiques qu'industrielles! (^ue toute
craînle d'altaque mutuelie disparaisse à jamais! Leurs gouverneiiienls n'auront alors qu'une même politique à suivre^ et cette politique décidera de la paix continentale et du développement de la civilisation européenne et progressive. Contre cette poiitiijue, appuyée par tous les Etats moyens et petits de l'Europe, viendi'a se briser toute politique envahissante par terre et par mer. On n'entendra plus alors l'expression anti-sociale àe supériorité nationale. Encore moins, en as[)irant à la gloiie véritable, une nation cherchera- 1 -elle h. la trouver dans une telle supériorité !