‹ Des différends entre les nations civilisées et de leurs causesChapitre 9 sur 10 · S II · texte numérisé non relu

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43. L'homme, en rapport éternel avec Dieu, est destiné à se développer à l'infini. Il y aura donc nécessairement une vie future. En douter c'est douter de Dieu.

44. L'homme, individualité synthétique, conservera sa nature synthétique. L'esprit restera uni à une force physique dans les proportions infinement variables.

4 5. L'esprit poursuivra avec conscience propre son développement commencé tlans celte vie; il gardera avec son individualité indestructible tuu? les éléments dont il l'a enrichie par H)n activité.

46. L'homme sera donc placé dans des conditions plus ou moins lieureuses pour la poursuite de son développement futur, selon le degré de perfection et de développement qu'il a atteint dans cette vie. Le sort de l'homme sera réglé sur l'usage qu'il aura fait de ses facultés intellectuelles et morales.

47. Mais les conditions défavorables dans lesquelles l'homme peut se trouver dans la vie future ne seront que momentanées. La durée de la peine dépendra de l'amendement. Des châtiments éternels sont inconciliables avec la justice divine.

48. L'homme ne pourra jamais réaliser toute le plénitude de son essence divine; son développement se poursuivra dans l'infinité du temps.

49. Et comme d'autre part le rapprochement infini vers un but donné suppose un terme, il y aura pour l'homme une infinité de périodes déterm.inées, dans chacune desquelles il se développera d'une manière particulière.

60, Et l'homme, se développant sans cesse, sera de plus en plus pénétré de l'essence divine, mais sans jamais combler l'abîme qui le sépare de l'infinité et de la perfection de Dieu.

Or, dans une telle doctrine rationaliste, si l'on veut, parce qu'elle est rationnelle et tirée de la raison, toutes les croyances chrétiennes devraient, à ce qu'il nous semble, trouver les points essentiels et satisfaisants, non-seulement à leurs dogmes souvent jusqu'ici révoqués en doute comme apparemment rebutants pour la raison, mais encore à leurs sentiments religieux et à leur foi dans l'histoire sainte. La différence du culte dans lequel un chacun formule d'une manière svmbolique les attributs divins , selon les mots qui lui semblent le mieux expiimer sa pensée, selon son imagination plus ou moins vive et selon la poésie du langage auquel il est habitué depuis son

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enfance, ne devrait pas séparer en des corps hostiles tous ceux qui s'attribuent le nom conniiun de chrétien puisqu'ils reconnaissent dans la doctrine du Chiist un miracle de Dieu ou de celle Provicience toujours présente qui oITre à tout moment à lliumanité l'assistance dont celle-ci ne peut se passer, mais qui jamais ne dépasse celle limite créée par le vrai besoin, afin de ne pas empiéter sur la spontanéité et hi liberté morale dont l'esprit humain a été doué.

Celle séparation n'aurait plus lieu peut-être malgré toute la diversité ou les nuances d'opinion qui, en matière religieuse comme en toute autre, sont une conséquence naturelle de l'individualité, si les institutions pour le culte, que personne de nos jours ne niera être de fabrique humaine, subissaient une réforme, telle du moins que les inslilulions ecclésiastiques n'eussent plus ce pouvoir polilicpie dont elles ont toujours abusé sans distinction de secte, au lieu que les sectes, qui n'ont point été incorporées dans le matériel de ce monde, vivent assez paisiblement ensemble, respectant la croyance des autres, comme elles espèrent être respectées elles-mêmes . Or, il est évident que c'est ce même matériel, celle considération toute mondaine qui a empêché un rapprochement entre le catholicisme de nos jours et les croyances réformées. Le premier n'a-t-il pas cessé depuis longtemps de persister à prêcher, comme article de foi, les miracles des saints et toute cette légende, qui furent autrefois des dogmes aussi sacrésqne la transsubslantialion?K'y a=l-il pas sur le même piincipe encore des choses à écarter? Nous l'espérons, tout en souhaitant que par-

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