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des examens bactériologiques permettent d'affirmer, en toute certitude, que les abcès froids, les adénites suppurées, les empyèmes, peuvent se produire en l'absence des microbes pyogènes ordinaires. M. Verneuil, invoquant la elinique, fit remarquer que, dans l’évolution des abcès froids, il est un fait vulgaire connu de tous, c’est de voir l'abcès se gonfler, la peau rougir et l’abcès froid se transformer en un abcès chaud. Dans ces cas, avec M. Baretta, il trouva dans le pus, le plus souvent des streptocoques, plus rarement des staphylocoques et, chez ces malades, la guérison survint plus rapidement.
M. Arloing rappela que Koch avait noté que les cultures, dans les quelles les bacilles avaient été filtrés, avaient des propriétés pyogènes très développées et, dans des expériences personnelles, il obtint les mêmes résultats. ù LS
En résumé, le bacille de la tuberculose est pyogène, soit par luimême, soit par les produits qu'il sécrète. |
Peu de temps après, à propos d'une communication de M. Rendu,
sur un abcès cérébral aigu ne contenant que le bacille de la tuberculose, M. Chantemesse rappela, à la Société médicale des hôpitaux, que les suppurations liées au bacille de la tuberculose ne sont pas très rares, mais elles ne s’observent guère que chez les anciens tuberculeux.
Enfin, Pawlowsky, dans un court, mais très important mémoire (1) sur la tuberculose articulaire, a bien mis en relief l'influence d’une infection surajoutée sur la marche de la maladie locale. Dans des fongosités, il trouva des bacilles tuberculeux et des streptocoques. Et ces fongosités injectées produisirent des synovites fongueuses, avec suppuration abondante et gonflement des articulations. En ensemençant un peu des produits de ces articulations, il obtint des cultures de streptocoques. Dans 8 autres cas, il nota 3 fois le streptocoque pyogène, 1 fois le staphylococcus aureus et 1 fois le bacillus pyocyaneus. De ses expériences, il conclut que la tuberculose pure des articulations a une marche beaucoup plus lente que la tuberculose compliquée; elle ne s'accompagne pas d’une fièvre aussi aiguë, ni d'un affaiblissement, ni d'une destruction des tissus articulaires aussi rapide que les formes de tuberculose articulaire mixte. C'est dans celles-ci que les symptômes sont les plus prononcés et les plus
(1) PAWLOWSKY. Ann. de l'Inst. Pasteur, 1889.
aigus. C'est après la formation des fistules, par suite du progrès de la tuberculose, que les articulations peuvent être! envahies par des microbes étrangers. Ils se cultivent peu à peu dans le trajet fistuleux, pénètrent dans l'articulation et évoluent à côté des bacilles tuberculeux.
La présence de ces microbes ajoutés modifie le cours et les symptômes de la tuberculose articulaire pure. L'apparition de suppuration chaude dans l'articulation, la formation d’abcès périarticulaires, la destruction des tissus sont les signes de cette invasion secondaire. Les bords des fistules deviennent bleuâtres, ulcérés, anfractueux. œdématiés. Les phénomènes généraux s’aggravent, on note de la fièvre avec exacerbations vespérales, de la diarrhée, un affaiblissement progressif, etc.; des déformations surviennent dans l’articulation, le membre se dévie latéralement et prend une direction vicieuse.
Un signe très important de cette tuberculose articulaire mixte, c’est l'existence du pus chaud, bien différent du pus tubercuieux, qui a l’aspect d’un sérum clair entraînant des débris caséeux. Ce pus tuber = buleux, peu riche en globules purulents, est bien distinct du pus ordinaire appelé pus de bonne nature contenant des globules blancs en abondance et aussi des microbes pyogènes.
À côté de la tuberculose articulaire pure, il y a donc des tuberculoses articulaires mixtes, à gravité exceptionnelle.
Nous reviendrons sur ce point à propos des formes microbiennes.
A côté de ces pyarthroses T. plus ou moins aiguës je ne fais que rappeler l’abcès froid de Bonnet où le pus est caséeux et T,
Peut-être dans certains cas ce pus articulaire pourrait-il subir la transformation séreuse comme M. Lannelongue l’a signalé pour certains abcès séreux périarticulaires d’origine T.
Ce qu’il y a d’intéressant à signaler c’est que pour chaque articulation le pus perfore la synoviale et donne lieu à des fistules cutanées dont le siège est assez constant.
En résumé, ce pus peut être caséeux, séreux, séro-purulent, gris sanguinolent, jaunâtre et verdâtre, c’est-à-dire phlegmoneux s'il y a eu une poussée aiguë suppurative dans l’article.
Il ne serait pas impossible d’ailleurs dans ce pus verdâtre et louable indiquant un foyer à évolution aiguë de ne trouver que le bacille de Koch pur, puisque dans d’autres organes on l'a trouvé seul dans les
abcès aigus (Rendu). De même pour certains abcès non plus articulaires mais simplement osseux, pour le signaler en passant.
Cette suppuration au lieu de se porter soit au dehors vers la peau, soit vers la cavité articulaire, peut envahir la cavité médullaire de l'os et former un véritable abcès ossifluent intra-médullaire, comme M. Gangolphe (1) en a rapporté un cas récemment.
Nous verrons plus loin à propos des formes périarticulaires des O.A.T. que certains abeès paraissant indépendants de l'articulation y sont rattachés par un trajet tortueux ou quelquefois oblitérés (Lannelongue).
L'évolution du T. nous montre que c’est une tumeur maligne il est vrai, mais qui heureusement peut rétrocéder dans certaines conditions assez difficiles à déterminer. d'uvie |
La guérison peut donc s’obtenir qu'il y ait ou qu’il n'y ait pas suppuration. Pourquoi en effet ce foyer T. ne guérirait-il pas ici comme en d’autres points de l'organisme, le poumon par exemple ? Nous discuterons plus loin la cause possible de cette guérison.
Dans ces cas heureux il se forme autour du foyer caséeux du tissu nouveau qui s'organise, remplit peu à peu la cavité de l'os et celle-ci disparaît.
Dans d’autres cas les produits pathologiques de la caverne osseuse se résorbent et la cavité subsiste. \
J'ai voulu rechercher dans des épiphyses de cadavres de l'École pratique si je trouverais des tubercules osseux guéris. Je comptais trouver des noyaux calcaires indices de la guérison ou de petites cavernes osseuses sclérosées à leur périphérie, ce qui m'aurait fait soupçonner leur nature et leur étiologie.
J'ai faitenviron 1,600 sections d’épiphyses se décomposantdela façon suivante sur des sujets dont certainement les 2/5 sont des tuberculeux.
Épiphyse supérieure du fémur....... CN A RO MT UU OUR LS — inférieure En PTT TT me LAS Épiphyse supérieure du tibia. ......... Mode ni — inférieure se RENE et OS Épiphyse supérieure du pérONÉ sue. Hot 72 —- inférieure his RÉ ER es TER OÙ Rotules..…...ssr ds state RS NS RE ARE CAR RE,
(1) GANGOLPHE. Lyon méd., 1888, 30 septembre,