‹ Des différentes formes de la broncho-pneumonieChapitre 10 sur 23 · I. — Spléno-pneumonie aigue · texte numérisé non relu

I. — Spléno-pneumonie aigue

C’est à la spléno-pneumonie aiguë qu’appartiennent laplupart des cas de broncho-pneumonie, du moins chez les enfants ; c’est la forme la plus commune, c’est celle par exemple que l’on observe habituellement comme complication pulmonaire de la rougeole.

A l’autopsie on trouve les poumons dilatés. Ce qui les empêche de s’affaisser, c’est d’une part la splénisation, d’autre part l’emphysème. En effet, toutes les parties splénisées sont turgescentes par suite de la congestion énorme du réseau capillaire et de la présence d’éléments nombreux et gonflés dans les alvéoles pulmonaires; on comprend donc que les parties splénisées ne s’affaissent pas. En outre, plus la splénisation sera étendue, plus sera considérable l’emphysème dans les parties du poumon respectées par la broncho-pneumonie ; de sorte que tout concourt, aussi bien dans les parties enflammées que dans les parties relativement saines, à maintenir les poumons plus ou moins distendus. L’emphysème siège surtout dans les parties antérieures, au niveau des bords amincis et aussi dans les sommets. Il est généralement vésiculaire, rarement intra-lobulaire. Dans le parenchyme pulmonaire, on le retrouve aussi au voisinage des noyaux isolés de broncho-pneumonie, leur formant comme une couronne de vésicules dilatées.

La pneumonie épithéliale se présente généralement à ses deux degrés : atélectasie et splénisation.

L’atélectasie est fréquente chez les enfants. On la

rencontre soit sous forme de foyers isolés au niveau des bords antérieurs des poumons ou dans le lobe moyen, soit sous forme de foyers contigus à la splénisation proprement dite et alors elle siège plutôt au niveau de la circonférence inférieure des poumons ou dans leur épaisseur.

La splénisation a une prédilection très marquée pour la partie postérieure des lobes pulmonaires. Si l’on enlève les deux poumons en masse et qu’on regarde leur partie postérieure, on y trouvera une large tache sombre, violacée, turgescente, plus large dans les lobes inférieurs qui sont presque complètement envahis et où elle est souvent mélangée avec la congestion hypostatique , mais se continuant aussi dans le lobe supérieur jusqu’au voisinage du sommet. Si l’on promène le doigt sur la plèvre dans les parties splénisées, on y découvre généralement des points plus durs qui se révélaient déjà à l’examen par une saillie marquée au dessus des parties voisines et une coloration se rapprochant de l’acajou. Ils correspondent à des noyaux de broncho-pneumonie.

Sur une coupe verticale et antéro-postérieure pratiquée un peu en dehors du hile du poumon, on constate que la splénisation s’enfonce assez profondément dans le parenchyme, envahissant souvent la plus grande partie des lobes inférieurs, et. semblant converger vers le hile. En général le sommet et les parties antérieures des poumons sont plus au moins indemnes. Sur la coupe, on rencontre, comme à la surface, des noyaux de broncho-pneumonie, plus durs, plus secs que les parties voisines au-dessusdesquelles ils s’élèvent manifestement.

Les lésions sont en général plus prononcées d’un côté, mais elles sont toujours doubles.

Les noyaux de broncho-pneumonie n’existent pas seulement dans les parties splénisées; dans les autres points ils sont superficiels, profonds ou marginaux. Dans ce dernier cas, ils forment souvent au niveau du bord inférieur et externe de l’un des poumons une bande de 2 à 3 centimètres de hauteur sur une longueur de 6 à 8 centimètres par exemple.

Ces noyaux sont à un degré d’hépatisation variable suivant les points examinés. Assez fréquemment on trouvera de l'hépatisation grise, mais rarement le pus sera assez nettement collecté pour mériter le nom d’abcès péribronchique.

Soit au niveau des parties splénisées ou atélectasiées, soit au niveau des parties saines on trouvera assez souvent, mais non pas constamment, comme le feraient croire à tort quelques auteurs, des grains iaunes. Très rarement on trouvera des vacuoles.

Les bronches de petites dimensions correspondant aux parties splénisées et hépatisées seront remplies d’un muco-pus, vert ou jaune, quelquefois sanguinolent. La coloration des pa rois bronchiques ainsi enflammées est tantôt rouge, souvent d’un gris jaunâtre dans les petites bronches. C’est dans ces mêmes bronches, de petit calibre et correspondant aux parties splénisées que l’on trou vera des dilatations quand la maladie aura eu une durée assez longue pour permettre leur développement. Il est exceptionnel de les rencontrer quand la maladie n’a pas dépassé huit jours. Mais elles sont déjà très appréciables et constantes après quinze ou dix-huit jours. Ces dilatations aiguës sont toujours cylindriques, et ce ne serait vraisembla-

blement que dans un poumon préalablement altéré quepourraientse produire des dilatations ampullaires ou moniliformes.

Sur la plèvre, on trouvera des fausses membranes parfois nettement limitées aux noyaux de bronchopneumonie, parfois aussi s’étendant plus ou moins sur les parties voisines correspondant à la splénisation.

On trouvera également des ecchymoses sous-pleurales, plus ou moins abondantes suivant les cas.

Dans cette description, nous avons localisé la splénisation et les noyaux de broncho-pneumonie dans les régions postérieures et au voisinage du hile; nous avons ainsi donné une sorte de moyenne. Nous ferons de même pour les formes suivantes.

Mais pour le cas particulier delà spléno-pneumonie, il importe de savoir que la splénisation et les noyaux de broncho-pneumonie peuvent siéger dans toutes les parties des deux poumons.

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