II. — Broncho-pneumonie a noyaux disséminés
Cette forme, telle que nous la comprenons, correspond très exactement à la pneumonie lobulaire disséminée de Barrier.
A. la surface pleurale des poumons, on voit des taches en général d’un rouge plus ou moins foncé, parfois d’un gris blanchâtre. Dans tout le reste de son étendue le poumon présente la teinte gris rose de l’état normal. Les taches correspondent à des noyaux de broncho-pneumonie, durs et proéminents, d’où le nom de iorme mamelonnée employé depuis longtemps.
Sur les coupes du poumon, outre ces noyaux superficiels, on en trouve d’autres plus ou moins profonds qui comme les premiers sont entourés de tissu sain. Ces noyaux varient du volume d’une aveline au volume d’une noix. Quelquefois on trouve une petite bande de pneumonie marginale.
La lésion se présente à des degrés différents, engouement, hépatisation rouge, hépatisation grise, dans les différents noyaux ou même souvent dans les différents lobules qui composent un noyau.
Les bronches correspondant aux lésions pneumoniques peuvent être dilatées. On peut trouver de l'atélectasie ; rarement de l’emphysème.
Le nombre des noyaux d’hépatisation est peu considérable, cinq, dix, vingt, par exemple. D’autres fois ils deviennent plus nombreux, mais en même temps la splénisation s’est développée et on a des cas qui rentrent plutôt dans la spléno-pneumonie.
Il s’agit en somme ici d’une forme moins fréquente que la précédente, dans laquelle ni la bronchite ni la splénisation ne tiennent une grande place ; les noyaux d’hépatisation disséminés, peu nombreux, peu volumineux constituent la caractéristique de cette forme dont la terminaison n’est pas toujours favorable comme on pourrait être tenté de le croire à priori.