INTRODUCTION
La broncho-pneumonie indiquée ou entrevue par tant d’observateurs n’a pris rang, sous ce nom, dans la nosologie que depuis 1837. C’est une maladie en voie d’élaboration, dont l’histoire appelle de nouvelles études et à laquelle il serait prématuré d’attribuer une formule définitive. Lorsque Seifert le premier, proposa la dénomination admise aujourd’hui, il entendait montrer que deux affections, dissemblables et par les tissus qu’elles envahissent et par leur processus, pouvaient s’associer en se prêtant à des combinaisons multiples et mobiles. D’une part la bronchite avec ses attributs pathologiques et ses sécrétions catarrhales, de l’autre la pneumonie avec son évolu- JofTroy. i
tion et ses produits franchement inflammatoires. Les deux éléments de la maladie devaient tout naturellement intervenir dans des proportions variables suivant l’âge ou les antécédents du sujet, suivant la prédominance des altérations, ou même suivant la période plus ou moins avancée de la maladie.
S’il est difficile de suivre une affection simple aux diverses phases de son progrès, à plus forte raison est-il laborieux d’observer et de décrire une affection complexe, d’assigner la part afférente à chacun des facteurs sans jamais les perdre de vue pendant toute la durée de l’évolution, soit qu’elle aboutisse à la guérison ou à la mort, soit qu’aux lésions primitives succèdent des lésions secondaires développées dans un terrain préparé.
C'est en limitant la recherche, en bâtissant pour ainsi dire la maladie assises par assises, qu’on est arrivé à établir une base assez résistante pour supporter le couronnement de l’édifice qui reste encore à construire. Les auteurs qu’intéressait spécialement la pathologie de l’enfance furent frappés tout d'abord de la coïncidence ou plutôt de la concomitance de la bronchite et de la pneumonie, presque inséparables l’une de l’autre chez les très jeunes enfants. Léger, Gerhard, Burnet, de la Berge, Rufz, Seifert, Rilliet et Barthez, Legendre et Bailly consacrèrent à cette étude les importants travaux qu’il suffit de rappeler.
L’influence de ce début scientifique se fait encore sentir et la broncho-pneumonie infantile est restée comme le type ou comme le centre autour duquel sont venues se grouper les broncho-pneumonies plus complexes de l’adulte et du vieillard. Nous n’avions aucune raison pour résistera ce courant : la broncho-
pneumonie des enfants devait être et sera notre point de départ dans l’exposé qui va suivre.
Il serait superflu d’indiquer ici les divisions très simples auxquelles nous nous sommes arrêté et qui se justifient d’elles-mêmes.
Nous avons adopté les mêmes divisions en anatomie pathologique et en clinique, sans nous dissimuler que le parallélisme de ces deux modes d’information n’existe que pour les formes pathologiques sanctionnées par une expérience approfondie. Pour la bronchopneumonie comme pour toutes les maladies à l’étude, tantôt c’est l’observation clinique, tantôt c’est l’anatomie pathologique qui semble se rapprocher le plus de la solution. Nous aurions considéré comme une faute de ne pas emprunter à chacune les enseignements qu’elle est en mesure de lournir.