‹ Des différentes formes de la broncho-pneumonieChapitre 4 sur 23 · IG · texte numérisé non relu

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l’ensemble a reçu le nom d ’acinus. La portion évasée qui se trouve au niveau du hile de l’acinus a été nommée vestibule et les conduits qui en partent sont les conduits alvéolaires K ou canalicules respiratoires.

C’est au niveau de ces conduits que les alvéoles pulmonaires font leur apparition. Tandis que les parois de la bronche acineuse sont absolument lisses, la face interne des conduits alvéolaires est au contraire creusée de dépressions. Celles-ci correspondent à autant d’alvéoles qui s’ouvrent dans la cavité du conduit comme les cellules d'une prison sur le corridor central (Charcot). Indépendamment de ces petites dépressions alvéolaires chaque conduit présente sur son trajet un certain nombre de renflements ampullaires qui ont reçu le nom à’ infundibules .'L.a . paroi de ces renflements est également creusée d’alvéoles, et on peut considérer l’infundibule comme constitué essentiellement par une ampoule cloisonnée possédant une cavité centrale dans laquelle viennent s’ouvrir les orifices de tous les alvéoles qui tapissent sa paroi. En outre de ces expansions latérales ( infundibules latéraux ), le conduit alvéolaire présente à son extrémité deux ou trois ampoules semblables ( infundibules terminaux). Du reste la forme de l’infundibule peut elle-même se modifier; il peut s’allonger de manière à ressembler à un conduit alvéolaire, pousser des prolongements latéraux ou se bifurquer à son extrémité, mais le point important à faire ressortir, c’est que l’aboutissant ultime de ces subdivisions est toujours un culde-sac complètement clos, et qu’il n’existe entre deux conduits alvéolaires voisins aucune anastomose périphérique. Comme conséquence de cette disposition

anatomique, il ne peat y avoir qu’une issue tracée d’avance pour les produits inflammatoires accumulés dans l’acinus : c’est la bronchiole acineuse.

C'est ici le lieu de faire remarquer qu’il ne s’agit pas à proprement parler de détails histologiques. La plupart des canaux que nous venons de mentionner présentent en effet des dimensions telles qu’ils sont visibles à l’œil nu ou tout au moins à la loupe, surtout lors qu’ils sont distendus par le fait des lésions dont ils sont le siège.

Le lobule pulmonaire variable dans ses dimensions a en moyenne 1 centimètre cube, la bronche sublobulaire a 1 millimètre de diamètre (Sappey), l’acinus 2 à 3 millimètres dans tous les sens (Schultze. Rindfleisch), le conduit alvéolaire 0,2 à 0,4 dixièmes de millimètres, la bronchiole acineuse 1/3 de millimètre.

Ajoutons que l’artère pulmonaire, satellite inséparable de la bronche, l’accompagne dans sa distribution intralobulaire et ne la quitte qu’à sa terminaison, au moment où celle-ci s’épanouit pour former le bouquet des conduits alvéolaires. L’artère gagne alors la périphérie de l’acinus où elle se résout en capillaires, qui vont se distribuer aux parois des alvéoles.

Il faut maintenant chercher à appliquer les données qui précèdent à l’étude d’une coupe du lobule pulmonaire tel qu’il se présente en réalité dans les préparations histologiques du poumon. Ces données vont nous fournir un certain nombre de points de repère permettant une orientation relativement facile au milieu de la complication des détails.

Nous ne croyons pouvoir mieux faire, à ce propos, que de mettre en quelque sorte les choses sous les

yeux du lecteur par une description rapide de la ligure 4 qui représente la coupe transversale d’un lobule pulmonaire chez un enfant nouveau né.

Fig. IV. — Coupe transversale d'un lobule pulmonaire et des lobules avoisinants (L) . — A. espace périlobulaire. P, prolongement intralobulaire du tissu conjonctif périlobulaire. — VT, veine pulmonaire. — Lymph, Lymphatique. — B’, section longitudinale d’une bronche. — B”, section d’une bronche au niveau d'une bifurcation.

On voit tout d’abord que le lobule est nettement circonscrit et séparé des lobules voisins L par la gaine conjonctive périlobulaire A qui l’enveloppe de toutes

parts. Cette gaine contient un certain nombre de vais-

seaux sanguins V coupés en travers. Nous voyons que chacun de ces orifices est solitaire, et nous savons qu’ils correspondent à la coupe des branches de la veine pulmonaire. Un certain nombre de vaisseaux lymphatiques volumineux ont aussi été figurés. (Lymph.) On voit de plus que la gaine périlobulaire envoie des prolongements P qui pénètrent plus ou moins profondément dans l’intérieur du lobule et dans l’un d’eux existe un orifice unique, correspondant à la section d'une veine pulmonaire V’. Ces tractus conjonctifs intralobulaires, émanation de la gaine périlobulaire, divisent l’aire du lobule en un certain nombre d’aires plus petites. On pourrait donc à la rigueur décrire des lobules secondaires, mais si on songe que ces cloisons sont incomplètes, qu’elles disparaissent rapidement par le fait du progrès de l’àge, on verra qu’il n’y a pas d’utilité à maintenir cette division qui ne correspond à rien de fixe dans le lobule.

Dans l’intérieur du lobule on observe au milieu de la masse des alvéoles pulmonaires constituant la substance propre du lobule, un certain nombre d'ilots conjonctifs et dans chacun d’eux la coupe transversale de deux conduits conjugués. Ces îlots, de même que les orifices qu'ils renferment, sont loin d’avoir tous la même dimension; chacun d’eux est un espace intralobulaire entourant la coupe transversale d’une artériole pulmonaire et d’une bronchiole intralobulaire.

On voit qu au lieu d’un espace intralobulaire unique, ayant de grandes dimensions et occupant le centre du lobule comme dans la figure 1, nous observons ici un certain nombre d’espaces plus petits, dis-

semmes assez irrégulièrement dans l’aire du lobule. Pour interpréter comme il convient cette disposition, il suffit de se reporter à la figure 2 qui représente un lobule pulmonaire vu suivant sa longueur, avec le mode de distribution de la bronchiole intralobulaire et de ses divisions. On comprendra ainsi qu’une coupe transversale du lobule devra nécessairement intéresser un nombre plus ou moins considérable de bronchioles, qui toutes sont accompagnées de leur artère et enveloppées d’une gaine conjonctive. On verra de plus que ces bronchioles pourront être de calibre très différent suivant qu’elles appartiendront à une division de second, de troisième ou de quatrième ordre. On verra enfin qu’une de ces bronchioles peut,, comme en B’ (fig. 4), être rencontrée suivant sa longueur. Dans le point B” au contraire, où l’on observe deux îlots conjonctifs très rapprochés, contenant chacun une artère et une bronche, on a la coupe transversale d’une bifurcation. On remarquera enfin que l’aspect de la coupe sera nécessairement différent, suivant que celle-ci atteindra le lobule, près de sa base, près de son sommet ou vers sa partie moyenne, et qu’il sera nécessaire pour interpréter comme il convient chaque cas particulier, d’avoir toujours présentes à l’esprit les données anatomiques fondamentales que nous venons de rappeler. C’est pourquoi nous avons insisté aussi longuement sur des détails assurément minutieux, car nous sommes con vaincus que ces notions d’anatomie topographique (d’anatomie médicale, suivant l’expression de M. Charcot), nous seront d’un grand secours lorsque nous aborderons l’anatomie pathologique. Elles

nous permettront detablir sur des données précises la localisation des lésions dont nous aurons à nous occuper.

De l’histologie proprement dite du poumon et des bronches, nous ne voulons relever que quelques détails, plus particulièrement en rapport avec notre sujet.

Pour ce qui est des bronches, nous rappellerons qu’on peut les diviser en 1° bronche ayant plus d’un millimètre de diamètre; 2° bronche sublobulaire et intralobulaire; 3° et bronche acineuse; la paroi bronchique présentant dans chacune de ces catégories des détails de structure utiles à connaître.

1° Dans la première de ces catégories la bronche possède quatre tuniques : une tunique fibreuse

externe qui contient le cartilage bronchique, sous forme d’anneau ou sous forme de plaques, suivant le calibre du conduit, elle contient aussi des glandes ; une tunique musculeuse constituée par des fibres musculaires lisses circulaires, formant un anneau complet ; une tunique fibreuse interne ; une tunique muqueuse revêtue à sa face interne par un épithélium cylindrique à cils vibratiles.

2° Dans les bronches ayant moins d’un millimètre, figure 5 (bronche intralobulaire), la tunique fibreuse externe (a) diminue considérablement d’épaisseur; elle ne contient plus ni plaques cartilagineuses ni glandules, et les alvéoles (f) des acini voisins y prennent directement insertion. La tunique musculeuse (b) a des dimensions relativement considérables. La tunique fibreuse interne (c) est remarquable par le développement que prennent des faisceaux de fibres Joffroy 2

élastiques longitudinales soulevant la muqueuse(d); celle-ci présente alors en conséquence, sur les coupes

Fig. V. — Coupe transversale d'une bronche ayant moins de 1 millimètre de diamètre (bronche intra-lobulaire). — a, tunique fibreuse externe, — b, tunique musculeuse, — c, tunique fibreuse interne, — d, tunique muqueuse, — f, alvéoles pulmonaires. (Fig. empruntée àSchultze. Manuel de Stricker).

transversales, une apparence festonnée très caractéristique.

3° Dans la bronche acineuse la couche musculeuse cesse d'être continue et n’est plus représentée que par des fibres disséminées de distance en distance. La disparition de la tunique musculeuse amène la fusion des deux tuniques fibreuses interne et externe dont la constitution se modifie en ce sens, que l'élément élastique devient prédominant, tandis que l’élément conjonctif proprement dit perd de son importance. Les fibres élastiques longitudinales ne soulèvent plus la muqueuse qui cesse par conséquent d’être plissée. Enfin l’épithélium cylindrique perd ses cils vibratiles puis devient cubique et s’aplatit

de plus en plus. Ces modifications dans les différentes couches s’effectuent d’ailleurs progressivement, et sont d’autant plus prononcées qu'on s’approche davantage des conduits alvéolaires.

A propos de la structure des alvéoles pulmonaires, nous ne nous occuperons que de l’épithélium qui revêt leur face interne. On sait que, chez l’adulte, cet épithélium est composé de cellules absolument plates, d’une minceur extrême, soudées intimement les unes aux autres par leurs bords, de façon à former de larges plaques et que sa démonstration est d’une difficulté extrême. Au contraire, au moment de la nais-

Fig. VI. — Transformations subies par l’épithélium alvéolaire par le fait des premières respirations. (Fig. empruntée au Progrès Médical.

sance et avant la première respiration, cet épithélium est formé de cellules volumineuses qui remplissent l’alvéole et comblent sa cavité. C’est par un phénomène tout mécanique, au moment de la pénétration de 1 air dans la cavité alvéolaire, que ces cellules s aplatissent pour devenir d’abord cubiques, et acquérir enfin sous l’influence des respirations îépétées les caractères qui ont été signalés chez

l’adulte (Küttner). Les phases de cette transformation ont été étudiées et décrites par M. Charcot. On verra, dans le chapitre suivant, que sous l’influence de l’inflammation, cet épithélium peut acquérir de nouveau les caractères de l’état fœtal.

Il nous reste à compléter en quelques mots les renseignements que nous avons donnés plus haut sur la circulation sanguine dans le poumon. Ce que nous avons dit des rapports de l’artère pulmonaire, avec le lobule est admis généralement : une seule artère se rend au lobule et elle est terminale, en ce sens qu’il n’existe pas d’anastomose directe entre les artères des lobules voisins. Mais en raison du volume considérable des capillaires du poumon, des connexions vasculaires importantes peuvent s’établir. C’est de cette façon que des communications artérielles existent entre le lobule et le tissu conjonctif périlobulaire et pour les lobules périphériques, entre ceux-ci et la plèvre.

Une autre communication très importante, car elle pèrmet de comprendre le mécanisme d’unedes lésions les plus intéressantes de la broncho-pneumonie, est la suivante : la bronche intra-lobulaire est en contact immédiat avec une couronne d’alvéoles qui reçoivent leurs vaisseaux capillaires de l’artère bronchique (Küttner), de sorte qu’on comprend facilement que la - bronche ne puisse être enflammée dans toute son épaisseur, sans que cetteinflammation se propage aux alvéoles avoisinants.

Telles sont les notions de topographie microscopique que nous avons cru devoir placer en tête de cetteétude, suivant la méthode inaugurée en anatomie pathologique par M. le professeur Charcot.

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