PRONOSTIC ET TRAITEMENT
Quelques observations de M. Cruveilhier, de MM. Sims etDechambre {Gaz. méd., 1838), de M. Durand-Fardel, de M. Grisolle, semblent établir que, dans des cas trèsexceptionnels, le ramollissement cérébral est curable. Toutefois, d'une manière générale, le pronostic est extrêmement grave et dépend en grande partie de l'étendue du foyer ; d'ailleurs nous n'avons pas à insister sur une question que les recherches modernes n'ont en rien modifiée.
A la suite d'accidents pouvant faire craindre le ramollissement cérébral, il est important de ne pas se prononcer avant qu'il soit bien établi que la nccrobiose a eu le temps do se produire. Nous avons vu, en effet, que les troubles circulatoires qui précèdent la mortification du tissu cérébral peuvent en imposer au début et se terminer, quoique fort rarement, par la guérison complète.
Une fois le ramollissement produit, le pronostic est encore aggravé par la sévérité môme des lésions concomitantes, telles que les maladies organiques du cœur, les gangrènes des membres , les eschares , les abcès profonds, la paralysie des réservoirs, les ulcérations intestinales, etc., etc. De plus, le malade est toujours sous le coup d'attaques successives qui peuvent à chaque instant amener la mort.
Toutes choses égales d'ailleurs, le pronostic de l'em-
bolie est un peu moins sombre que celui de la thrombose : car l'embolie s'observe plus souvent chez des malades encore jeunes, dont le système circulatoire, moins altéré, permet plus facilement à la circulation supplémentaire de s'établir, tandis que la thrombose affecte de préférence les vieillards , chez ^lesquels les parois vasculaires sont habituellement le siège de dégénérescences diverses.
Le traitement du ramollissement cérébral ne donne lieu à aucune indication particulière. Le siège et la nature de la lésion montrent le peu d'action que le médecin peut avoir sur cette altération : il ne peut s'adresser qu'à l'état des forces du malade. Quant aux formes de ramollissement, elles ne donnent lieu non plus à aucune considération particulière. Plus tard, l'apparition de complications pourra faire surgir de nouvelles indications.