‹ Des différentes formes d’ostéo-arthrites tuberculeuses, de leur traitement par la méthode sclérogène pure ou combinée à l’arthrectomie précoce et répétée (curettages et résections atypiques) surtout chez l’enfant. (Méthode du professeur Lannelongue)Chapitre 2 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au fur à mesure que la science évolue, l'observation des faits permet de constater que toute affection nécessite un temps plus ou moins long pour être classée comme entité morbide. Puis, peu à peu, on voit cette affection, tout en se présentant avec ses caractères principaux, presque spécifiques, offrir quelque symptôme particulier, c'est-à-dire prédominant, lui donnant une marche toute spéciale, et le besoin de classification se faisant sentir, ou mieux la synthèse devant alors inévitablement suivre l'analyse, on voit se créer des formes, suivant l'âge, le sexe, le mode de début, la marche, la durée, la terminaison, et partant le traitement. Ce n'est pas qu'il y ait toujours de bien grosses nuances entre ces différentes formes. C'est ce qui en fait l'intérêt scientifique, pourrait-on dire, car indiquer ces différences, c'est faire une étude clinique complète, perfectionnée, bien détaillée, bien modelée; c'est ce qui, enfin, a permis de dire aux cliniciens, depuis longtemps, qu'il n'y a pas une maladie, mais bien différentes formes d'une même maladie.

Ce travail d'analyse et de synthèse a été fait pour bien des maladies chirurgicales ; il nous paraît intéressant, étant donné le grand nombre de cas que nous avons lus et observés, de le faire pour les ostéoarthrites bacillaires. Interne par deux fois du professeur Lannelongue, nous ne pouvions mieux faire que de continuer, par cet essai clinique et sous ses auspices, l'étude si intéressante de la tuberculose ostéo-articulaire. Et si, dans cette étude, il ressort quelque chose de précis, de séduisant, c'est à ses conseils que nous en serons redevables. Aussi le nom de notre savant et vénéré maître devait-il être mis en tête de ce travail, car ce sont la lecture de ses travaux, et son enseignement si remarquable à l'hôpital Trousseau qui nous l'ont inspiré.

Avant celte étude essentiellement clinique nous essaierons de don-

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ner un aperçu de pathologie générale chirurgicale sur le rôle du système lymphatique dans la tuberculose en général et dans la tuberculose articulaire en particulier. Nous verrons que c'estla porte d'entrée, la voie de propagation et le lieu de destruction du bacille. Nous en déduirons de nombreux faits thérapeutiques.

D'autre part, ayant assisté notre excellent maître dans son procédé de traitement des ostéo-arthrites tuberculeuses par la méthode sclérogène pure ou combinée à l'arthrectomie précoce et répétée, dans une deuxième partie de notre travail nous ferons l'étude complète de cette méthode thérapeutique. Je décrirai donc les indications, les contre -indications, le manuel opératoire et les résultats de l'arthrectomie et de la méthode sclérogène appliquées isolément ou combinées.

Tel sera l'ensemble de notre travail et s'il a quelque valeur il la devra aux maîtres que nous avons eus pendant le cours de nos études médicales. C'est ici l'occasion pour nous de les remercier sincèrement. Trois de mes premiers maîtres n'existent déjà plus, aussi je dédie ce travail à leur mémoire, ce sont Ulysse Trélat (stage 1882), Alfred Richet et T. Gallard (internat provisoire, 1886).

Successivement j'ai reçu les excellents et bienveillants conseils de MM. Marc Sée (externat, 1884), Hayem (1885), A Ibert Robin (internat provisoire, 1886).

En 1888, pendant ma première année d'internat, j'ai trouvé en M. Berger un chef prodigue de conseils et de leçons, et dans la suite il nous a souvent donné des preuves «de l'intérêt qu'il nous portait.

En 1889, dans le service de M. le professeur Duplay j'ai eu souvent l'occasion d'apprécier la sûreté de diagnostic et les grandes qualités opératoires de notre maître, qui depuis nous a toujoursdonné des marques de sa grande bienveillance à notre égard.

Que dirai-je maintenant de mes deux derniers maîtres, MM. les professeurs Lannelongue (1890) et Le Dentu (1891), si ce n'est que pouvant retourner auprès d'eux comme interne lauréat, je n'ai pas hésité à leur demander encore de profiter de nouveau de leurs excellentes leçons et des fruits de leur expérience. Je les en remercie et mon cœur plein de reconnaissance et de respect n'oubliera jamais les nombreuses marques d'amitié qu'ils nous ont toujours données.

Je veux aussi dédier ce travail à M. J alaguier, car j'aurai souvent

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à citer ses travaux, sa pratique chirurgicale, et de nombreuses observations inédites qu'il nous a confiées. Ses conseils ne nous ont jamais fait défaut en plusieurs circonstances particulières, aussi je crois que sa modestie ne se froissera de la grande sincérité de mes remercîments.

Je veux également rappeler ici que MM. Gérard Marchant, Ch. Nélaton, Picqué, Richelot, Peyrot, Humbert,Bazy ont été mes maîtres dans divers hôpitaux et je n'ai qu'un regret c'est d'avoir été leur élève trop peu de temps.

Enfin, élève de l'Ecole pratique, je suis heureux de remercier : M. le professeur Farabeuf, car c'est sous sa direction que j'ai commencé àdisséquer et àaimer l'anatomie ; M, le professeur Ch. Richet qui m'a toujours traité avec bienveillance, en ami ; M. P. Poirier, que j'ai eu comme maître et à l'Ecole pratique et à l'hôpital. Merci encore à ceux qui m'ont préparé à l'internat, à l'adjuvat et au prosectorat. Merci encore, à ceux que j'ai eus comme élèves dans les pavillons de dissection et ailleurs, car en les instruisant ils m'ont beaucoup appris.

Tous mes remerciements enfin à ceux qui ont bien voulu me traduire les nombreux travaux étrangers dont j'ai eu besoin et à MM. Fernand et Lucien Monod pour les remarquables dessins annexés à la fin de ce travail.

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