CHAPITRE IV
3° COXALGIES A FORME GRAVE
Avec cette troisième forme de coxalgie, nous arrivons à l'étude de la coxo-tuberculose la plus grave, la plus commune aussi, celle dans laquelle la radiographie nous montre, soit la présence de noyaux tuberculeux nettement localisés, soit une infection généralisée d'emblée à toute Farticulation.
Beaucoup restent sceptiques devant l'interprétation d’un cliché de cette catégorie, cependant faite par les maitres les plus expérimentés : nous nous permettrons de faire simplement remarquer qu'en cela comme en toute chose une certaine habitude est nécessaire : nous ne nous étonnons point de voir un chirurgien pincer à coup sûr une artère au fond d'une plaie inondée de sang avec une habileté impressionnante : devant lhémostase immédiate nous nous inclinons avec admiration : sachons donc reconnaitre aussi sans parti pris, ni arrière-pensée, les lésions parfois difficiles à découvrir,
que l'œil exercé d'un radiographe nous montre sur un cliché, Il est une certaine accommodation dé l'œil qu'il est de toute nécessité d'acquérir pour interpréter une fluoroscopie, il est tout aussi indispensable des’habituer à lire de nombreuses épreuves radiographiques afin de pouvoir ensuite tirer tout le parti possible d'une quelconque. Et c’est là malheureusement un enseignement trop délaissé encore à l'heure actuelle où la radiologie, par ses découvertes incessantes, trouve son application dans toutés les branches de l'art médical, complétant, transformant même les données qui semblaient les mieux acquises. :
în présence d'une tache claire ressortant sur l’image du squelette osseux, on serait tenté de se demander quelle en est au juste la signification et si elle est due réellement à un noyau tuberculeux en évolution.
Waldenstræm, de Stockolm, a répondu aflirmativement à cette question en prenant pour règle de conduite d'aller curetter ces foyers chaque fois que la radiographie lui en donnait le moyen en les localisant : et à chaque intervention, il est tombé à la place exacte sur un tubercule qu'il enlevait, levant ainsi tous les doutes qu'il était possible d'émettre.
Dans une première série d'observations, nous verrons les lésions que l'infection bacillaire produit quand elle s'attaque aux os du bassin formant le fond de la cavité cotyloïde. Tantôt c’est le cartilage de conjugaison, carlilage en Y, qui s'élargit irrégulièrement, comme dans les observations XXV et XXVI, tantôt de petits espaces clairs apparaissent dans l'os iliaque (observation XXVID d'autres fois les noyaux tuberculeux sont disséminés
dans le fond du cavum (observation NXVII), enfin d'autres tubercules peuvent se présenter en même temps dans la tête fémorale et dans le col (observations XXIX et XXX).
OBSERVATION XXV(Inédite)
Le 14 septembre 1911 une fillette de 7 ans, Augustine M..., est amenée à la consultation pour une coxalgie datant de quatre mois, Elle à pris des bafns de sel, des toniques ; mais l’appétit reste faible.
Le père a des antécédents pulmonaires marqués : depuis deux
Coxalgie datant de quatre mois. Gros noyaux tubereuleux dans le fond du cotyle-
ans, il a eu de fréquentes hémoptysies. La mère est bien portante, mais faible de constitution. Une sœur de 11 ans est aussi chétive et malingre.
On constate de l’atrophie de la jambe droite, de la claudication mais sans raccourcissement.
L'affection est peu douloureuse.
L'examen radiographique révèle la présence de gros noyaux tuberculeux dans le fond de la cavité acétabulaire.
OBSERVATION XXVI (inédite)
Marie-Louise B..., se présente à la consullation le 20 mai 1911
RER HER” Lt SD)
Coxalgie dutant de cinq mois Tubereules dans le fond de la cavité cotyloïde.
pour coxalgie datant de cînq mois, Elle a eu dix-sept frères et sœurs, dont 13 garçons qui sont morts, le plus âgé à 5 ans, tous de méningite. Le père et la mère sont bien portants.
Elle est atteinte d'une boilerie très accentuée à gauche. La flexion de la jambe, la palpation de l’aine, la percussion du trochanter sont douloureuses.
Attitude vicieuse en adduction et rotation externe.
Ensellure lombaire.
Pas d’abcès, pas de ganglions.
La cuti-réaction a été nettement positive.
A la radiographie, on voit deux tubercules dans le fond de la cavité cotyloïde.
La jambe est redressée et mise dans un appareil plâtré en bonne position.
OBSERVATION XX VII (inédite)
Le 7 octobre 1911 nous avons eu l’occasion de radiographier
Coxalgie droite au début. Tubercules dans le fond de la cavité cotyloïde.
une lillette de 3 ans, Madeleine M..., qui offrait tous les signes
d'une coxalgie.
Le cliché montre en ellet très clairement un tubercule dans le toit de la cavité cotyloïde : c’est un cas très net de coxalgie à
forme grave.
Malheureusement la malade venue simplement à la consulta-
tion, n’est pas restée au service.
OBSERVATION XX VII (inédite)
C... Marcelle, 11 ans, vient consulter le 6 avril 1910. Elle est atteinte de coxalgie droite datant de { an.
Coxalgie datant de un an.
l'ubercules dans le fond de la cavité. Contours de la tête fémorale très irréguliers.
La jambe est en flexion à 90°.
A la face antérieure de la cuisse, au niveau de l'épine iliaque antéro-inférieure, on constate une fistulette qui il y a huit jours encore donnait du pus. Actuellement l’orilice en est fermé par une croûtelle.
L'ankylose du membre est à peu près complète.
La radio n° 7744 dévoile la présence de tubercules disséminés dans le fond de la cavité cotyloïde.
Le 8 avril, on pratiquait le redressement forcé partiel sous chloroforme : mais l’ensellure persiste dans le plâtre.
OBSERVATION XXIX (inédite)
Pierre R..., 9 ans, entre le 30 mai 1911-à l'hôpital pour une coxalgie gauche datant de six mois. Il à beaucoup souffert au début et depuis trois semaines ne peut plus marcher.
La jambe, atrophiée, est en flexion et adduction.
Gros ganglions dans le triangle de Scarpa et dans la fosse iliaque.
En arrière et au-dessus du grand trochanter, on sent une grosse masse rénitente : la ponction ne donne issue à aucun liquide.
Radiographie n° 9050. Foyers osseux avancés dans la tête et dans la cavité cotyloïde. Sub-luxation de la tête en haut et en arrière, ;
Le 31 mai, on pratique le redressement forcé sous chloroïorme et on place le membre en abduction dans un spica plâtré.
OBSERVATION XXX (inédite)
P..., Hélène est une petite fille de 10 ans, dont la mère est morte bacillaire après deux ans de maladie. Le père est bien por-
tant: elle à trois frères qui ont respectivement 11, 8 et 2 ans; elle a eu une petite sœur morte à 11 mois.
Elle boite par intermittence depuis un an sans aggravation actuelle : l'appétit est satisfaisant, les nuits sont bonnes.
Au 10 juin 1911 on constate que la flexion de la jambe droite est difficile : elle est en abduction et en contracture musculaire :
Pas de raccourcissement.
Coxalgie datant de un an. Infection généralisée du eotyle et de la tête. Ê
À la radiographie n° 9139, on aperçoit des tubercules dissémi- 4 nés dans le fond de la cavité cotyloïde, dans la tête et dans le col
on à l'impression qu'il s'est ramolli et tassé dans le fond de la ‘avité, Léger vara.
Donc coxalgie grave.
Radiographie prise cinq mois après la précédente.
Tête fémorale considérablement atrophiée. Lésions avancées du cotyle, La jambe est ankylosée en flexion et abduction.
Quand la localisation tuberculeuse se porte sur la tête fémorale, elle perd son contour régulier, s'aplatit et s’atrophie petit à petit, ainsi que le montrent les observations XXXE XXXII, XXXIIT, XXXIV et XXXV.
OBSERVATION XXXI (inédite)
M. FrœLIcH
J. B..., de Martimprey, nous est envoyé par le D’ Briffant C'est un petit garçon de 9 ans, sans antécédents tuberculeux. L'enfant boite depuis 2 mois,
Il a été tout d'abord soigné par un rebouteux qui a pratiqué du massage. '
Coxalgie datant de deux ans. Tubercules dans la tète fémorale,
Examiné en janvier 1911, la jambe est en légère flexion : il existe de gros ganglions dans le Scarpa.
Aucun mouvement dans la hanche complétement contracturée.
La marche n'est pas douloureuse.
Radio : tubereules dans la tête fémorale.
Traitement : appareil plâtré.
En juin 1911: renouvellement du plâtre ; depuis l'enfant n’a pas été revu.
OBSERVATION XXXII (inédite)
D... René, âgé de 1£ ans, est amené le 10 juin 1911 pour une coxalgie légère qui aurait débuté, il y a un mois à peine : le ma-