‹ Des Différents Procédés D'Amputation Du Segment Antérieur De L'Œil: Avantages De La Suture En Bourse Et Du Capitonage Musculaire CombinésChapitre 5 sur 28 · MONSIEUR LE PROFESSEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE PROFESSEUR

Je n’ai pu comme je l’aurais désiré figurer officiellement dans votre service, et ce n’est que perdu parmi vos nombreux élèves que j'ai pu maintes fois profiter de votre enseignement si clair et si précis; vous avez cependant bien voulu ne pas me considérer comme un étranger, et me faire l’honneur d’accepter la présidence de cette thèse. Permettez-moi donc de vous l’offrir comme un témoignage de ma vive et respectueuse reconnaissance.

Si, modifiant légèrement la formule banale et consacrée «au moment d'arriver à la fin de nos études médicales », nous mettions «au début », il nous semble que nous nous rapprocherions davantage de la réalité. Ce n’est pas, en effet, sans un étonnement mélangé d’une certaine ironie que nous nous voyons sur le point d'acquérir le fameux jus saignandi per totam terram, alors que l’étroitesse d’un programme d’études trop routinier ne nous a permis d’en apprendre que juste assez pour voir quel champ immense il nous reste encore à travailler. Et ce n’est certes pas ce modeste travail, encore trop prématuré, qui nous aveuglera au point de nous donner l'illusion que nous arrivons à la moisson, quand les semailles sont à peine terminées. Du moins aura-t-il à nos yeux le mérite de nous permettre de remercier ici ceux qui n'ont épargné ni leur temps ni leur peine pour répandre le bon grain.

- Nous avons eu la bonne fortune de commencer à Bordeaux nos études médicales en entrant dans le service de M. le Prof. agrégé Rondot, qui a assumé la lourde tâche de démêler en notre esprit le chaos des nombreuses idées plus ou moins médicales qui s’y pressaient, de nous faire concevoir la médecine sous des vues plus larges, de nous la faire comprendre, de nous la faire aimer. Il y a pleinement réussi, et nôtre seul regret en quittant son service a été de le voir partir en même temps, et de ne plus pouvoir profiter par la suite de son enseignement si clair et si élevé.

L'année suivante, c’est à M. le Prof. Lanelongue que nous avons dû de pouvoir nous intéresser à la science chirurgicale, et, plus heureux cette fois, nous avons pu, jusqu’à ce jour, suivre au lit du malade ses magistrales leçons.

Quand enfin nous avons été forcé par le temps de glaner en dernier lieu quelques notions dans des branches plus spéciales de l’art médical, c’est d’abord M. le Prof, Moussous

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qui, dans quelques mois, hélas trop courts, nous a fait entrevoir de nouveaux aperçus, et nous a donné de nouveaux regrets d’être obligé de quitter si vite une partie si nouvelle pour nous et si intéressante.

Dans cette course trop rapide à travers les services, nous : n'avons pu nous arrêter officiellement dans celui de M. le Prof. agrégé Lagrange. Du moins avons-nous pu, durant toute cette dernière année, assister presque journellement à ses consultations, où ses causeries pleines d'humour et d’entrain nous ont permis de compléter autant que possible les notions que nous avions déjà acquises à ses cours si vivants et si colorés. Il a bien voulu en plus s'intéresser à nous jusqu’au bout, en nous donnant l’idée de ce travail et en ne nous ménageant ni son temps ni ses conseils pour nous permettre de le mener à bonne fin; nous l’en remercions bien sincèrement. Nous devons aussi tous nos remerciements à M. Sonder, dont l’obligeance nous a facilité cette étude à maintes reprises.

Nous nous en voudrions enfin de terminer sans assurer de notre vive reconnaissance M. le Prof. Vergely, qui nous a fait. le grand honneur de nous admettre pendant notre dernière année dans son laboratoire, et nous a fait profiter ainsi d’une manière plus large de ses aperçus si profonds dans la Pathologie générale. Ce sera encore un de nos regrets de le quitter sans que le temps nous ait permis de jouir d’une manière complète des avantages que son obligeance avait mis à notre disposition.

A tous ces maîtres qui nous ont donné tout ce qu’il était en leur pouvoir, merci du plus profond du cœur. Nous espérons de notre côté avoir fait tous nos efforts pour rendre le terrain apte à recevoir la semence que nous allons maintenant cultiver, abandonné à nos propres moyens. Si nous étions assuré d'y avoir réussi, ce serait avec plus de confiance que nous nous lancerions dans l’inconnu et nous pourrions dire, en tournant ce feuillet sur le crépuscule de notre vie d'étudiant, que nous n'avons vraiment pas perdu notre journée.

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