‹ Des différents procédés de trachéotomie dans le croup et plus particulièrement de la trachéotomie en un seul tempsChapitre 13 sur 20 · Même état, plaie sans complication · texte numérisé non relu

Même état, plaie sans complication

"23. La respiration s'embarrasse; diphthérie de la plaie ; l'enfant pouvait parler la veille

24. Comme la plaie reste béante, on retire la canule, on la cautérise avec le salycol et elle devient rosée en deux ou trois jours.

Rien dé nouveau les jours suivants ; eUe commençait à parler.

Le 30, l'enfant est pâle et un peu bouffie, le pouls est à peine perceptible, les jambes s'infiltrent; l'enfant succombe dans la journée, sans asphyxie.

Autopsie. — Sur le côté gauche, sous le stemo-mastoïdien, petit abcès rempli d'un pus verdâtre, crémeux, homogène ; cœur énorme, dilaté par des caillots qui paraissent récents.

Poumons souples, s'insufflent.

Reins volumineux; substance corticale grisâtre, graisseuse. Rien dans les autres organes.

Obs. V (due à mon collègue Parinaud). Croup d'emblée, trachéotomie en un

temps, mort le 3^ jour.

Jeanne C, 2 ans 1/2, entre le 16 avril 1876, salle Sainte-Catherine, lit n" 25, Malade depuis trois jours, rien à la gorge, a perdu la voix hier, toux croupale, respiration très-génée et sifflante, accès de suffocation la nuit dernière. La malade à son arrivée est cyanosée, presque complètement insensible. Je pratique immédiatement la trachéotomie. L'enfant a beauceup d'embonpoint, le cou surtout est très-gros. Je pénètre néanmoins du premier coup dans la trachée et j'agrandis mon incision d'après le procédé que nous avons décrit. L'enfant respire dès ce moment très-facilement; presque pas de sang pendant l'opération. J'introduis le dilatateur, mais la canule ne pénètre pas dans la trachée, et l'enfant asphyxie à ce moment. Je retire l'instrument, je fais recoucher la malade et j'introduis mon doigt indicateur gauche. Je m'aperçois alors que la trachée est très-profonde, j'introduis le dilatateur sur mon doigt; la canule passe encoi-e au devant de la trachée; sa courbure est un peu trop petite pour atteindre ime telle profondeur; j'arrive pourtant à la placer après deux nouvelles tentatives.

Pas de rejet de fausses membranes; après l'opération, l'enfant conserve encore un peu de gêne respiratoire, le lendemain un peu de submatité à droite, râles sous-crépitants dans les deux poumons, pouls précipité, 120 imlaations, peu de chaleur à la peau, la malade est anxieuse, expectoration difficile.

Le 18, même état, môme gêne respiratoire, râles nombreux dans la poitrine. Mort dans la nuit.

Obs. VI (due à l'obligeance de M. Bouchard, externe du service). Croup d'emblée, trachéotomie en un temps, gangrène de la plaie, dysphagie, électrisation des muscles laryngiens, guérison.

JuUette L., 5 ans 1/2, entre salle Sainte-Geneviève, lit n. 9, le 21 avril 1876. Enfant de belle apparence, malade depuis trois jours; léger tirage la nuit dernière; rien dans la gorge. Elle tire légèrement le soir de son entrée; toux rauque, vomitif (ipéca 0,60), rien dans la poitrine, pas de fièvre.

22. La géne respiratoire persiste malgré les vomitifs, à 4 heures de l'aprèsmidi, je l'opère (procédé en un temps), pas de sang répandu, rejet de deux fausses membranes après l'opération.

23. La nuit a été mauvaise, beaucoup d'agitation, expulsion abondante de mucosités par la canule. Quelques râles sibilants, ronflants et sous-crépitants à droite.

24. Inflammation autour de la plaie, léger gonflement du cou, œdème de la face, rougeur de la joue gauche.

25. Gonflement de la paroi antérieure du thorax du côté droit.

27. Gangrène de la plaie avec production diphthéritique; l'état général est bon.

29. Léger décollement au pourtour de la plaie, on change la canule après avoir soigneusement cautérisé toutes les parties sphacélées, la mortification ae limite par une série de bourgeons charnues.

30. Les râles ont diminué, ils sont moins nombreux et moins gros; expectoration abondante. Pas d'albumine dans les urines.

1" mai, état général de mieux en mieux; pas de fièvre, respiration calme; toute la journée a été passée sans caniile; des mucosités abondantes sortent par la plaie large, béante, grisâtre.

3. Toujours sans canule, respiration facile. L'enfant est gaie et mange avec appétit.

4. La plaie a meilleur aspect et se couvre de bourgeons charnus; le larynx n'est pas encore libre; la malade respire uniquement par la plaie; on remet la canule.

5. La canule est enlevée ce matin; en bouchant la plaie, la respiration se fait assez librement par le larynx.

6. L'enfant avait hier au soir l'inspiration sifflante et ne pouvait dormir; on lui a remis la canule et elle a dormi aussitôt. Actuellement elle est sans canule et respire librement; expectoration cette nuit d'une grande quantité de mucosités épaisses. La canule ne noircit plus au niveau de la plaie.

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7. La plaie a bel aspect; la malade a sa canule et respire bien, mais elle est beaucoup moius gaie que les jours précédents.

8. Quand elle boit, les liquides sortent par la canule, ou la retire et on électrise le larynx (on applique les éponges de l'appareil de chaque côté du larynx) .

9. La malade a mieux mangé, elle tousse moins; depuis hier matin elle est sans canule et a très-bien respiré et très-bien dormi. L'ouverture de la plaie a considérablement diminué, les bords se rapprochent, ils ont très-bon aspect et ne sont presque plus douloureux. Les liquides passent encore un i)eu par la plaie, mais moins qu'hier. La voix est claire, le larynx devient plus libre ; trois séances d'électrisationont suffi pour arriver à cet heureux résultat.

10. La malade a parlé et s'est amusée toute la journée d'hier et toute la matinée ; la plaie est pansée avec du vin aromatique; il !ie passe plus de liquide par la plaie, sauf quand elle boit avec précipitation.

1 1 . Plaie très-petite, à peu près complètement fermée, le pourtour en est encore un peu rouge, mais marche vei's la cicatrisation. 11 passe encore un peu de liquide par la plaie, électrisation.

La malade sort le 14 mai, complètement guérie.

Ob. VII (due à l'obligeance de M. Archambault). Croupe d'emblée, trachéotomie, par M. de Saint-Germain ; accès de fièvre tous les matins. Guérison.

Léonce, 5 ans 1/2, entre à la salle Saint-Louis, ht no 7, le mai 1876, Rougeole et variole comme maladies antérieures. L'enfant tousse un peu et est souffrant depuis dix jours. Depuis trois jours, toux rauque ; voix voilée depuis avant-hier ; accès de suffocation hier et cette nuit ; rien à la gorge ; cinq vomitifs chez lui.

l^"- mai. Tirage marqué ; teinte non asphyxique ; opéré par M. de Saint- Germain, à huit heures et demie du matin. Hémorrhagie assez forte; pas de rejet de fausses membranes.

Le soir on entend la respiration partout, mais elle est un peu rude aux deux bases ; la sonorité y est un peu moins accusée. Sulfate de quinine, 0,40 gr.; sirop de perchlorure de fer.

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