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urgence. Le professeur Le Dantec lui accorde la préférence sur la méthode hypodermique, mais il la réserve aux seuls cas pernicieux.
Par voie intra-musculaire la quinine apparaît dans les urines au bout de quinze minutes, l'élimination atteint son maximum au bout de six heures et se trouve complète après 48 à 8o heures.
Le manuel opératoire est simple, l'injection d'une ampoule à contenu stérile sans avoir besoin de recourir à aucune préparation ou dilution apparaît comme un avantage certain, et cela surtout en dehors de l'hôpital, lorsqu'il devient nécessaire de simplifier le plus possible le matériel à utiliser. l
Leenhardt et Tixier trouvent à la méthode des injections intra-musculaires les avantages suivants
Disparition immédiate de tout accès et des hématozoaires dans le sang.
L'absorption certaine.
L’espacement beaucoup plus grand des moments d’absorption du médicament.
Les fonctions digestives sont respectées, le convalescent peut être alimenté abondamment sans le moindre inconvénient.
L'efficacité plus grande du traitement malgré les doses relativement faibles de quinine par rapport aux doses employées dans le traitement par les voies digestives:
Pratique des injections intramusculaires de quinine
On emploie généralement la sultion de l’armée à la 5 MUR # dose de 0,40 de chlorhydrate de quinine, 0,20 d'uré-
thane par centimètre cube. Lorsque lampoule est ancienne, la quinine est’ parfois cristallisée, il suffit alors de chauffer l’ampoule en l’immergeant dans l’eau chaude
pour que les cristaux se dissolvent.
Une asepsie rigoureuse sera observée, asepsie de la région, de la seringue, de l'aiguille ; on introduira l'aiguille dans une région souple, en dehors d’une zone d'induration consécutive à une injection récente, comme cela arrive parfois chez certains sujets sans compli-
cation ultérieure.
On veillera à ce que l'injection soit faite en plein muscle, c'est-à-dire qu'on devra enfoncer l’aiguille à une profondeur qui ne sera jamais inférieure à 3 centimètres ; il est bon de faire l’injection en deux temps comme pour une injection d'huile grise : introduire d’abord l'aiguille, attendre quelques secondes pour être bien sùr que du sang ne s'écoule pas, adapter seulement ensuite la seringue de quinine.
Les différentes parties de la région fessière sus-jacentes à une ligne transversale passant par l'extrémité supérieure du sillon interfessier constituent autant de points d'élection, pourtant les injections sont beaucoup mieux supportées quand elles sont faites à la partie supéro-interne de la fesse.
Drouillard a adopté le point d'Ivanoff situé au tiers interne d’une ligne transversale passant à deux travers de doigt au-dessus du grand trochanter.
Le point de Smirnoff dans la fossette rétro-trochantérienne sera évité car on a parfois observé des accidents dus à la piqûre du sciatique.
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On peut également faire l'injection aux points de Barthélemy ou au point de Galliot.
Moulinier préconise l'administration de la quinine par la voie intra-musculaire, mais avec des solutions récemment préparées, non portées à l’ébullition, il emploie la solution
Solution préparée à froid avec de l’eau distillée, stérilisée à l’autoclave à 120° et en employant un matériel (filtres entonnoirs) ayant été préalablement stérilisé.
La solution doit être utiliséee dans les deux jours qui suivent sa préparation.
Moulinier n'a observé aucun accident, la dose administrée n'a jamais dépassé 3 centimètres cubes de la s0lution en 24 heures, soit o gr. 75 de sel, les doses habi-
tuelles ont été de o gr. 25 et o gr. bo de sel en 24 heures.
7 LS ne 5 & ô Inconvénients des injections intra-musculaires
Injectés dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans les masses musculaires les sels de quinine peuvent déterminer dans les tissus qu'ils imprègnent des lésions de nécrose.
Launder Brunton a montré par diverses expériences in vivo que la quinine diminuait le pouvoir oxydant du protoplasma cellulaire ralentissant où supprimant ainsi partout où elle se trouvait les fonctions de la vie, dévi-
talisant Les tissus, immobilisant les cellules phagocytai-
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res de l'organisme et les parasites cellulaires qu'il pouvait contenir,
Vaillard et Vincent ont par des expériences in vivo aujourd’hui classiques démontré que les phagocytes étaient très influencés par la quinine qui exerce vis-àvis d'eux ce que l'on a appelé une action chimiotactique négative ; l'injection d’un mélange de spores tétaniques pures et de quinine dans les tissus d’un animal provoque le tétanos, alors que l’inoculation de spores tétaniques seules n’entraîne aucun trouble morbide par suite de leur destruction rapide par les phagocytes.
Laveran dans son traité du paludisme a signalé l’action nécrosante de la quinine chez l’homme et la production d’abcès survenant parfois à la suite de son injection dans les tissus.
EL il ne s’agit: pas d’une inflammation banale limitée comme celle des abcès de morphine ou d'huile camphrée mais d’une nécrose souvent diffuse des tissus, se compliquant de suppurations microbiennes, de gangrène pouvant entraîner des lésions histologiques et morphologiques irréparables portant atteinte aux fonctions des régions intéressées. /
Dans les tissus nécrosés on ne décèle point la pré-. sence de quinine ce qui est fort compréhensible car l’apparition de ces lésions est relativement tardive tandis que la résorbtion de la quinine est relativement rapide.
Le processus suit son cours et le tissu fibreux est touché à son tour, il se ramollit, s’effiloche : le sphacèle a lieu et se propage dans les interstices musculaires le long
des gaines tendineuses et à travers les orifices fibreux
laissant passage aux vaisseaux. Un pus concret, huileux, se collecte entre le tissu cutané et l'aponévrose.
Ce n'est que plus tard que les muscles s’altèrent, dans une première phase, des groupes de faisceaux s'indurent et se mortifient, dans une phase ultime le muscle n'est plus qu’une bouillie purulente.
Abandonnée à elle seule, la nécrose quinique aboutit à des sphacèles étendus, à des décollements, à des suppurations dues à l'action des bactéries pyogènes diverses qui transforment cette nécrose amicrobienne en nécrose imicrobienne ou gangrène, créant des foyers septiques et donnant lieu à des collections volumineuses (x litre de pus).
En présence de pareils désordres provoqués par les injections intramusculaires de quinine, et en admettant de plus que la crainte du tétanos n'est pas chimérique (Job et Hirtzmann en ont constaté un cas dans leur service, Fourcade a eu connaissance de deux cas survenus dans les hôpitaux voisins du sien, à Salonique) il est ‘permis de penser qu'on ne doit pas faire de cette méthode de traitement une méthode systématique et qu’on doit momentanément la réserver aux cas où l'intolérance gastrique ne permet pas d'employer la voie normale.
Dans certains cas on a dit que la quinine prise par la bouche n'agissait pas et qu'il était nécessaire alors de faire une ou deux injections intra-musculaires qui rendaient à la quinine toute son efficacité. .
Cette affirmation semble à la vérilé recevoir parfois une confirmations clinique «et permet ainsi de fixer une autre indicalion à cette modalité thérapeutique.
On objectera que les accidents qui sont survenus tien-
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nent à des fautes d'asepsie, à des fautes de technique. Nous sommes cependant obligés de reconnaître que même en considérant l'injection intra-musculaire comme une véritable petite intervention chirurgicale entourée de toutes les précautions d’asepsie, on à vu survenir malgré tout des accidents variés (abcès névrites pithiatisme).
Ces accidents surviennent si nombreux, que les injections de quinine après ayoir été préconisées par la'direction du service de santé des armées alliées à Salonique furent interdites en 1917 et qu’on rappela les médecins à des mesures.de prudence. Une enquête fut même faite dans le centre hospitalier de Salonique, qui permit de réunir un grand nombre d’accidents.
La méthode des injections intra-musculaires doit donc rester une méthode d'exception, à utiliser quand le traitement par la voie buccale doit être momentanément interrompu. C'est parfois un excellent adjuvant temporaire de ce traitement.
Nous aurions pu produire de nombreuses observations: d’abcès survenus à la suite d’injections de quinine, nous ne publions que les quatre observations suivantes, dont l’une est due à l’obligeance de M. le médecin-major Berlon.et dont les trois autres ont été recueillies à l'hôpital Desgeneltes dans le service de M. le médecin-major Fourcade. :
Elles illustrent d'une façon irréfutable les conséquen-
ces parfois désastreuses de ces injections.