‹ Des divers Modes d'Administration de la Quinine dans le Traitement du PaludismeChapitre 12 sur 30 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

F... Charles, 46 ans, ancien soldat à la Légion étrangère.

Pas d'antécédents héréditaires ni personnels.

Premier accès de paludisme au Maroc en avril 1918.

Entre à l'hôpital le 13 avril 1918, où on lui fait huit piqûres de quinine uréthane, du 13 au 18 avril, à raison de deux piqûres de 2? grammes de quinine par jour, une le matin, l'autre le soir, soit 4 grammes par jour.

Evacué sur l'hôpital de Casablanca où le malade est opéré de deux abcès volumineux à la fesse (on retire près d'un litre de pus).

Les abcès guérissent mais la fièvre persiste, probablement septicémie.

Au début de juin 1918, F.4 ressent des douleurs à la colonne vertébrale et on remarque un œdème qui débute par le pied et la jambe gauches, puis envahit tout le côté gauche remontant jusqu'à l’aisselle.

Le malade est mis dans une gouttière pendant dix jours avec le diagnostic de phlébite gauche, en même temps il présente une otite suppurée à gauche. fe

L'infection est généralisée, et l'état du malade est tel le 18 juin 1918, que sa famille est prévenue d'urgence.

En août le malade se rétablit peu à peu et commence à marcher il présente à ce moment une surdité complète du côté gauche.

Le 16 septembre 1918 il est envoyé en convalescence de deux mois à Paris. Pendant cette convalescence, il est hos-

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pitalisé de nouveau à différentes reprises pour séquelles de septicémie. -

À l'hôpital du Val-de-Grâce, on assiste à un début brusque et dramatique d'une spondylite lombaire.

Réformé avec*60/00 le 18 août 1919 le malade. se retire dans ses foyers, mais souffrant de nouveau, il entre à l'hôpital Desgenettes le 27 décembre 1920.

M. Fourcade fait les constatations suivantes

Aucune lésion nerveuse organique, aucune modification du côké dés réflexes tendineux, de la motricité, de la sensibilité des membres inférieurs, pas d’'atrophie musculaire, pes de diminution de la force musculaire.

Aucune lésion oculaire intrinsèque ou ‘extrinsèque.

Surdité bilatérale consécutive à une otite sèche el en partie d'origine centrale.

Rigidité douloureuse de la colonne lombaire, en flexion en avant, comme dans la flexion du corps en arrière.

La radiographie décèle une poussée inflammatoire des disques intervertébraux entre la première et deuxième lombaires, deuxième et troisième lombaires. SE

La ponction lombaire donne un liquide clair, sans hypertension ; centrifugé, ce liquide ne laisse pas de culot apparent, et cependant il y a plus de lymphocytes que dans un liquide normal.

Dans ce liquide, pas d'anticorps syphilitiques, Wassermann négatif, pas d'anticorps contre le bacille d'Éberth, pas

d'anticorps contre le streptocoque, pas d’antigène paludéen.

Mais on note la présente nette d'anticorps contre la quinine. Ce fait tendrait à prouver que la surdité pour sa part centrale serait due à la quinine injectée en doses exagérées par voie intramusculaire.

Parecontre *parsla déviation du complément, on n'a pu déceler les anticorps du germe microbien cause de la spondylite qu'on peut cependant rattacher à la septicémie consécutive aux injections intra-musculaires de quinine.

La spondylite semble être un. processus encore en évolution s'il faut en croire la radiographie, et ne paraît pas en-

core avoir réalisé sa formule de guérison d'où la persistance des douleurs,

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En résumé, chez ce malade, complications septicémiques

dues à des injections de quinine et complications dues peutêtre à une thérapeutique quinique exagérée.

LS

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