IV. — VOIE INTRA-VEINEUSE
€ La quinine, pour agir sur l'organisme, devant péné-
trer dans le sang
g, il était naturel qu'on expérimentat la
vole veineuse.
Cette méthode a pour elle la rapidité de son action, la concentration dans le sang étant portée d'emblée au maximum ; la quinine absorbée par cette: voie s’éHmine rapidement, et son action ne persiste guère au delà de la vingt-quatrième heure.
Il faut arriver jusqu'à Bacelli, en 18go, pour voir prendre corps et entrer dans la pratique ce mode de traitement du paludisme.
La formule de la solution qu'il employait était la suivante Chlorhydrate de quinine probablement basique 1 gr. Cblorure;de sodium. 2.227.120 CRU PE PE 0,70 Eau distillée ..... SRE RTE TE RER A TES 10 gr.
La dose de quinine était suivant les cas de o gr. Do à 1 gramme.
Genevrier préconise une formule similaire
Chlorhydrate de quinine.......... 1 gr. DO
EST NÉE 6 A RE LEE APCE 0,79 Sérum: physiologique... ....1.:.. Se Abe
nee Lenzmann a expérimenté en injection intra-veincuse
la solution
Chlorhydrate.de: quinine 22404 10 gr.
Chlorure dé sodiurn...... PR en 0,7D Eau distillée et stérilisée...... HE est 100 gr.
On fait une injection de 1 gramme par jour pour les trois premiers jours, puis une injection tous les deux jours et enfin une injections tous les quatre ou cinq jours.
À l'hôpital auxilliaire 28 S. B. M., à Nice, en 1916, Barbary ne voulant pas faire usage des injections souscutanées ou intramusculaires de quinine devant les accidents qu’il avait sous les yeux (parmi les paludéens venus de Salonique, 26 étaient à leur arrivée porteurs de lésions dues à cette pratique, 14 phlegmons avec nécrose des tissus, 8 abcès simples, 4 névrites du sciatique, accidents imputables à l’action caustique nécrosante du sel de quinine lui-même) employa la méthode des injections: intra-veineuses de sérum quininé. Ce mode de traitement semblait n'être utilisé depuis Bacelli qu’à titre exceptionnel dans les accès pernicieux à la dose de o,4o à o gr. bo dans ro à 20 centimètres cubes d'eau.
Carnot, durant son passage à la XI° région, en 1916, cohme médecin consultant du secteur, avait vulgarisé cette pratique, recommandant des doses de 0,40 de chlorhydrate de quinine dans 0 c. c. d’eau salée physiologique.
Dans les cas graves il prescrivait o gr. 4o à o gr. 8o dans 500 gr. de sérum. Ravaut associe à cette pratique
l'arséno-benzol.
Barbary injecte 125 grammes de sérum physiologique contenant o gr. 50 de chlorhydrate basique de quinine et r gramme d’uréthane.
Les injections sont faites dans le premier accès tous les trois jours, soit deux jours de repos. Après 4 ou 5 injections, on les espace et elles ne sont plus faites que tous les cinq jours.
- Le sérum quininé destiné aux injections intra-veineuses doit être conservé en ampoules contenant chacune la
dose de 125 grammes de solution stérilisée.
Barbary recommande de n'utiliser dans la préparation que de l’eau distillée et filtrée, du chlorure de sodium
pur, du chlorhydrate basique chimiquement pur.
L'injection est faite suivant la technique habituelle dans les veines de l’avant-bras ou du pli du coude sous faible pression, durée 10 à 15 minutes, le malade étant couché, on le maintiendra encore étendu 20 à 30 minutes après l'injection.
Jeanselme et Manaud estiment que les solutions trop concentrées de chlorhydrate de quinine exercent une action nocive caustique et peut-être mécanique sur la paroi veineuse, le taux de la solution devra être porté au 1 /100 pour que l'injection soit bien tolérée ; le volume de liquide introduit dans la veine étant en moyenne de 100 cm3 il est nécessaire d’après eux de substituer l'ampoule à sérum à la seringue, de plus les expériences faites in vitro et in vivo démontrent que les solutions de bichlorhydrate de quinine sont beaucoup plus stables que les solutions de chlorhydrate basique et Jeanselme
et Manaud estiment qu'il y aurait tout avantage à sub-
Se
stituer le bichlorhydrate au chlorhydrate basique pour les injections intra-veineuses.
Houx a administré la quinine en injections intra-veineuses mais à l’état colloïdal et a poursuivi des essais pendant trois ans à la Réunion et à Madagascar. Ce procédé a l'avantage de n’employer que des doses de quinine infinitésimales, en effet, l’ampoule qui contient la
quinine est ainsi composée
Collobiase de quinine...:....... 2 milligr.
# Eau.s.. GTR OR NReRRE ...1,/00;6rammes
Dans les cas ordinaires on injecte le contenu d’une ampoule, dans les cas sérieux on fait une injection d’une à deux ampoules tous les jours, l'injection est faite tous les deux jours dans les cas légers. Il est inutile de faire plus de trois injections, dans l'immense majorité des cas, surtout chez les paludéens chroniques la guérison, dit Roux, est obtenue. æ
Pour Fourcade, les injections de collobiase de quinine si elles ne sont pas nocives, ne paraissent pas d’une grande efficacité, peut être ont-elles raccourci la durée de l’accès. ,
La méthode de Roux aurait en outre l'avantage d’être un moyen de diagnostic : chez les individus non impaludés la réaction qui suit l'injection est nulle, chez les paludiques au contraire elle est presque toujours très vive et semble proportionnelle au degré de l'intoxication paludéenñe.
On admettra que c'est Ià un moyen de diagnostic dangereux et que nous possédons d’autres moyens qui n'of-
frent pas cet inconvénient.
La méthode des injections intra-veineuses plus encore que celle des injections intra-musculaires doit être considérée comme une méthode d'exception, réservée aux cas très graves. .
On est obligé d'injecter la quinine toujours très diluée et par conséquent on arrive à injecter des doses énormes de liquide dans la veine, puisque Carnot va jusqu'à o er. ho et o gr. 8o c. de quinine dans 5oo grammes de sérum ; et Barbary o gr. 50 de quinine dans 125 grammes de sérum physiologique. |
La quinine prise par cette voie ne paraît pas avoir une action très supérieure si elle agit plus vite, elle agit moins longtemps ; et étant donné l’évolution de l’hématozoaire, il y a avantage à réaliser une imprégnation quinique continue de l'organisme au lieu de chercher la saturatiôn maxima à un moment donné. Barbary fait l’injecition intra-veineuse au moment de l'accès or l'accès une fois déclanché on ne peut rien contre lui.
Enfin l'injection intra-veineuse provoque une angoisse fort pénible, elle s'accompagne toujours d’une élévation momentanée de la température et peut être la cause d’embolies mortelles et de phlébites toxiques.
Fourcade pour étudier les inconvénients de l'injection intra-veineuse a prélevé dans la veine d’un paludéen à la période non fébrile une certaine quantité de sang qu'il à citraté ; il a séparé les globules du sérum par centrifugation et a fait une émulsion au 1/10 de ces globules déplasmatisés dans l’eau physiologique.
Deux séries d'épreuves ont été entreprises.
Première série. — Dans un premier tube il a mis 6 gouttes de l'émulsion globulaire, et 2 gouttes d’une solution de (qui-
uine-antipyrine 0,50 de ‘chaque) dans 8 centimètres cubes d'eau physiologique. c
Dans un deuxième tube à essai, 6 gouttes de l'émulsion globulaire et 2 gouttes de la solution quinine uréthane.
Après une heure d'étuve, dans le premier tube, il y à hemolyse complète après la succession régulière des phénomènes qui y aboutissent, dans le deuxième tube, on voit un précipité briqueté, granuleux comme celui qu'on observe dans un séro-diagnostic très positif. Ce précipité s'est produit presque immédiatement, et n'a pas augmenté avec le temps.
Deuxième série. — Les deux tubes sont préparés de la même facon, mais, on ajoute à chacun deux gouttes du sérum du malade :
Dans le premier tube (quinine-antipyrine) il y a un précipité .briqueté semblable à celui décrit plus haut, et dans le tube à quinine uréthane un précipité extrêmement épais.
Un peu de chaque précipité a été prélevé et étendu sur des lames ; après avoir laissé sécher, fixé à l'alcool éther, et coloré à l'éosine à l'eau, Fourcade a pu voir que dans le tube à quinine-antipyrine, on distinguait encore le stroma globulaire légèrement teinté, et des quantités de fragments albuminoïdes provenant sans doute du morcellement des globules, et mesurant à peu près 1 à 2 4
Dans les autres tubes on ne voyait pour ainsi dire plus le stroma globulaire, mais toujours les fragments globulaires.
Fourcade a refait les mêmes recherches avec du sang pris chez un malade en accès palustre, une partie du sang a été défibrinée, l'autre partie citratée, les constatations ont été les mêmes que celles observées avec le sang prélevé en dehors de l'accès palustre.
Il résulte nettement de ces expériences, que le mélange quinine-uréthane provoque un morcellement glo-
bulaire sans hémolyse véritable. Tous les petits frag-
a ER
l'in; jection ‘intra
veineuse de quinine uré-